‹ Sonnets capricieuxChapitre 102 sur 259 · CELLE · texte numérisé non relu

CELLE

Au bord de la rivière où grandit le plaïaiie, Où le saule dans l'eau trempe ses voiles veris, Nous nous étions aimés soas les cieux grands ouverts, irous l'azur de juillet, riant et diaphane.

Blanche, à ses noirs cheveux tressant quelque liane, Qu'elle était belle à voir au fond des buissons verts! Était-ce une Clorinde, était-ce une Diane? N'importe, à ses genoux j'oubliais l'univers.

Lieux enchantés, gazons, ri\ière au bord sonore. J'ai voulu, ce malin, y reJescenire encore : L'hiver y sévissait dans loute sa rigueur.

11 avait tout saisi, l'herbe, le roseau, l'arbre; Et, voyant le ruisseau déjà dur comme marbre : « Fuyons vite, ai-je dit, cela gagne le cœur! »

SALOXS ET BOUDOIRS

A UN LYS PENClll':

De ce rêve du cœur méfiez-vous, madame! Ce n'est rien, dites-vous, rien qu'un frivole jeu. Les jours ont des ennuis pesants pour une femme, Et le mal n'est pas grand de les bercer un peu.

Sans nouer une chaîne et sans livrer son àine, •On peut tendre une main, murmurer un aveu. Amitié, voilà tout. Faui-il crier au feu Pour un de ces éclairs qui passeront sans llamme?

Et moi je vous dis : Non! veillez, c'est le moment. L'éclair n'est pas toujours ce feu cjui s'évapore; L'étincelle grandit et fait l'embrasement.

L'amour est bientôt là, qui semblait loin encore : m ce n'est déjà lui, c'est son pressentiment; Si ce n'est pas le jour, madauie, c'est l'aurore!

]MJ SONNinS CAPIUCIELX.

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