‹ Sonnets capricieuxChapitre 142 sur 259 · FLEURS AGRESTES · texte numérisé non relu

FLEURS AGRESTES

Comment te nommcs-tu, petite aigrette rose Qu'un vent de mai balance au bord de mon chemin ? Je voudrais te cueillir, et cependant je n'ose : Tu pâlirais trop vite, une fois dans ma main.

Et toi, quel est ton nom, jolie amphore close, Qui ne seras, je pense, ouverte que demain? Et toi, lance d'azur, au bout de qui se pose L'abeille 1 et toi, fillette aux lèvres de carmin !

Enfin, toi, dont l'odeur, quoique faible, m'enivre! Ah! je n'ai pas besoin de chercher en un livre Vos noms que la science a trop multipliés.

Pauvre ignorant, ma joie est encore assez douce

De vous voir fourmiller dans l'herbe et dans la mousse,

0 chefs-d'œuvre de Dieu que l'homme foule aux pieds!

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