‹ Sonnets capricieuxChapitre 143 sur 259 · VACANCES · texte numérisé non relu

VACANCES

Jouissons du silence et de l'oubli des choses :

Le ciel est pur, l'air doux, les vents sont assoupis;

Et, derrière la plaine où flottent les épis,

La ville aux bruits confus cache ses toits moroses.

Au milieu du pré vert, plein de fleurettes roses, De grands bœufs indolents sommeillent accroupis; Ils dorment au soleil, dans de si belles poses Qu'on est tenté de croire à leur ancêtre Apis.

Personne, dans le champ, qui fauche ou qui laboure. Le travail et la peine ont cessé, tout est bien; J'admire la douceur du site qui m'entoure ;

J'abandonne au hasard mon rêve aérien,

Et, comme un ancien dieu, tranquille, je savoure

Cette félicité de ne penser à rien.

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