‹ Sonnets capricieuxChapitre 163 sur 259 · A MADAME DELPHINE DE GIRÂRDIN · texte numérisé non relu

A MADAME DELPHINE DE GIRÂRDIN

Promené tout un mois sur ma galère agile, Je viens de visiter un golfe radieux, Je viens de voir ces bords que célébra Virgile, Humble enfant de berger qui fut l'égal des dieux.

Un soir que je rêvais sur la tombe d'argile Où sont écrits les vers qu'il chanta pour adieux, Je pris entre mes doigts une feuille fragile Du laurier qui lui verse un ombrage pieux.

Cette immortelle feuille, — hélas! déjà flétrie! — Je vous l'adresse, à vous que Virgile eût chérie Comme une blonde Muse au sourire charmant.

Blonde Muse ! acceptez le peu que je vous donne. De l'arbuste sacré ce n'est rien qu'un fragment, Mais, en intention, c'est toute une couronne !

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