‹ Sonnets capricieuxChapitre 164 sur 259 · LE VOYAGE · texte numérisé non relu

LE VOYAGE

Je me sais ennuyé sur tous les grands chemins, Je me suis ennuyé dans toutes les auberges; J'ai dormi dans des lits où, sur les draps de serges. D'autres avaient laissé la marque de leurs mains.

J'ai vu des lacs, des ponts, des fleuves dont les berges Montraient d'anciens débris que l'on disait romains; J'ai vu mille tableaux de martyrs et de vierges, Et j'en ai rapporté des ennuis surhumains.

J'ai pratiqué, six mois, cette triste démence, D'aller, de mesurer chaque vieux piédestal, De me tordre le cou devant la voûte immense,

De courir au Palais, au Cirque, à l'Hôpital.

J'arrive, ce matin, à mon foyer natal.

J'y rentre à tout jamais, et le plaisir commence!

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