‹ Sonnets capricieuxChapitre 168 sur 259 · LE LIVRE D'HEURES · texte numérisé non relu

LE LIVRE D'HEURES

Tu sors, après vingt ans, de cette armoire obscure, 0 vieux livre sacré, vieux livre qu'autrefois La mère de mon père, humble et pâle figure, Prenait, en commençant par un signe de croix!

Confident de sa foi toujours naïve et pure,

Elle te relisait sans cesse à demi-voix,

Si bien que le velours de cette reliure

Garde encore aujourd'hui l'empreinte de ses doigts.

Ce fut dans tes feuillets qu'avec un bon sourire,

Aïeule patiente, elle m'apprit à lire;

Je répétais par cœur les mots cent fois relus.

J'ai, depuis lors, ouvert tous les livres des sages; Mais ces livres fameux, datés de tous les âges, Sur la vie et la mort ne m'ont rien dit de plus !

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