‹ Sonnets capricieuxChapitre 170 sur 259 · LA BOUILLOIRE · texte numérisé non relu

LA BOUILLOIRE

Au fond de ma petite alcôve solitaire, Malade et languissant, j'écoute ta chanson, Babillarde au long col, qui ne sais pas te taire! En t'écoutant jaser, j'attends ma guérison.

Au dehors, c'est l'hiver qui sévit sur la terre. C'est la pluie et le vent, la neige et le frisson. Au dedans, c'est un feu qui luit avec mystère, Et me jette un reflet de son dernier tison.

Chante ! cette voix sourde imite à mon oreille Un bruit confus d'oiseaux que le malin réveille. Mon esprit se dérobe à la réalité :

Je suis libre, je vois le grand ciel diaphane, J'erre dans la campagne au soleil de l'été... Et tout cela pourtant n'est qu'un bruit de tisane!

VU

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