‹ Sonnets capricieuxChapitre 172 sur 259 · EN RECEVANT UN VOLUME DE PÉTRARQUE · texte numérisé non relu

EN RECEVANT UN VOLUME DE PÉTRARQUE

Je l'aimais, je l'aimais déjà, ce doux poëte, Dont tous les jeunes cœurs ont murmuré les vers; Cet amanl inspiré, dont la muse discrète, Croyant chanter tout bas, chantait pour l'univers!

Dès longtemps j'admirais, dans sa robe de fête, Ce pur triomphateur, sans tache et sans revers, Qui, du fond du passé, rayonne, et dont la tête Garde, après six cents ans, des lauriers encor verts;

Mais je l'aime aujourd'hui d'une amitié plus vive : Qu'il soit le bienvenu, ce maître qui m'arrive ; Qu'il soit le bienvenu, puisqu'il méfient de vous!

Lorsque j'en relirai désormais une page, Laure, m'apparaissant, aura votre visage, Et ce livre d'amour n'en sera que plus doux!

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