‹ Sonnets capricieuxChapitre 188 sur 259 · LE COMMENCEMENT ET LA- FIN · texte numérisé non relu

LE COMMENCEMENT ET LA- FIN

Lorsque j'étais heureux, lorsque j'avais vingt ans, Lorsque tout, ici-bas, fêtait ma bienvenue, Quand c'était le matin, quand c'était le printemps, J'avais le cœur grossi d'une angoisse inconnue.

Aux vœux de mes amis, à leurs appels constants, Je répondais souvent de façon saugrenue, Et, le front dans les mains, sur une pierre nue, J'allais m'asseoir tout seul et je pleurais longtemps.

Maintenant, je vieillis, je languis et me traîne, Mes yeux sont déjà clos à la clarté scruine. Et je ris d'autant plus que tout est plus obscur.

Pourquoi? Je n'en sais rien. C'est que je sens peut-être Que le moment approche et que le jour va naître, Et que je vais franchir les portes de l'azur!

^2iO SONNETS CAPRICIEUX.

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