‹ Sonnets capricieuxChapitre 190 sur 259 · LE CYGNE · texte numérisé non relu

LE CYGNE

Au bord du grand bassin où le jet d'eau ruisselle, Où le cygne en nageant trace un sillon léger, Elle émiettait son pain, et donnait à manger Au grand oiseau royal qui frémissait de l'aile.

Trouvant l'occasion bonne à se rengorger, Il venait, s'éloignait et revenait fidèle. Vers elle, à tout moment, je le voyais nager; Je l'estimais heureux, tant je la trouvais belle!

L'œil noir, les cheveux blonds, le sourire hautain, C'était une Léda sous l'ombrelle de soie, Qui riait à l'oiseau de son rire argentin.

Mais, quand elle eut fini de lui jeter sa proie, L'oiseau, ne bougeant plus, resta dans le lointain, Et je dis à Léda : « Ce cygne n'est qu'une oie! »

241 SONNETS CAPRICIKUX.

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