‹ Sonnets capricieuxChapitre 86 sur 259 · COLONEL EN RETRAITE · texte numérisé non relu

COLONEL EN RETRAITE

Qu'on ne lui parle plus de course à la fronlière! Cuirassé de flanelle et coiffé de coton, 11 passe désormais la matinée entière A prévoir le dîner que fera Jeanneton.

Goutteux, cassé, fourbu, tombé sur laliiière, Il accuse le train des choses : où va-t-on? Les enfants de sa sœur, sa future héritière, Sont tous des jeunes gens, dit-il, de mauvais ton.

Et, cependant, ce fut un cœur vaillant et tendre. Jadis, pour une fleur, pour cjuelques blonds cheveux, Amadis de ruelle, on l'aurait vu se fendre.

Maintenant, il veut vivre, il n'a plus d'autres vœux, Et, si la mort approche, il songe à ses neveux Qu'elle ferait bien mieux de prendre!

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