‹ Sonnets capricieuxChapitre 87 sur 259 · LE PAYS DU TENDRE · texte numérisé non relu

LE PAYS DU TENDRE

J'ai voulu te revoir, terre aux douces chimères, Où tant de belles nuits suivaient de si beaux jours, Où nos aïeux, jadis, courtisant nos grand'mères, Frôlaient de leurs jabots les paniers de velours.

J'ai voulu te revoir, fleuve aux eaux éphémères, Dont tant de pleurs charmants avaient grossi le cours. Toi qui, sous un ciel bleu, mirais dans tes eaux claires Mille bourgs enchantés nommés par les amours.

La désolation a passé sur tes rives :

Petits soins, Doux aveux. Tendresses attentives.

Ne sont plus désormais que des toits démolis.

Les saules de tes bords pleurent tous ces ravages, Et tu ne roules plus, le long de tes rivages. Que de méchants billets de banque tout salis!

114 so^N^:TS capricieux.

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