‹ Sonnets capricieuxChapitre 88 sur 259 · SUR LES TOITS · texte numérisé non relu

SUR LES TOITS

Chaque jour, sur les toits, dès l'aurore riante, Je ne sais quel artiste au loin sonne du cor. 11 jette aux alentours un air sans variante, Et, dès qu'il l'a fini, le recommence encor.

Je l'aime, cependant, cet instrument discord, Jouant ce vieux refrain, que je crois d'Euryantc; A son premier soupir, ma pensée ondoyante Se réveille et compose un fantasque décor :

Je vois dans une plaine, à travers la bruyère, Courir des cavaliers en toque de velours; Ils poursuivent le cerf qui passe la rivière.

Hommes et femmes vont, ils galopent toujours,

Et, retournant la tête, ils raillent les amours

D'un couple au front penché qui demeure en arrière.

CHOSES DU PASSÉ. us

JEANNE D'AHG

Non, rien n'obscurcira ta pure renommée. En vain le temps chez nous atteint toute grandeur; Il respecte la tienne, et ta figure aimée Jusqu'aux derniers soleils gardera sa splendeur.

Soldat par le courage, enfant par la candeur, Tu restes parmi nous l'idole de l'armée, Et, l'autre jour encore, au retour de Crimée, Nos soldats en passant te saluaient en chœur.

Au milieu d'Orléans fidèle à ton image,

Leurs drapeaux devant toi s'inclinaient en hommage;

Les trompettes fêtaient l'emblème souverain.

Ah! dans un tel moment, il me semble, ô guerrière! Que l'on aurait dû voir s'agiter ta paupière Et rouler sur ta joue une larme d'airain!

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