‹ Sonnets capricieuxChapitre 97 sur 259 · DE LA SYMPHONIE EN LA · texte numérisé non relu

DE LA SYMPHONIE EN LA

Au son d'une musique étrangement plaintive, Je les voyais flotter dans un vague lointain ; Je les voyais danser sur une sombre rive, Tous ces morts qu'emporta le souffle d'un matin :

Hégésippe Moreau, Musset, tendre et hautain, Malibran, que brûla son à me trop active, Et Gérard de Nerval , esprit de sensitive. Et tous ceux que moissonne un précoce destin.

Sous une lyre en pleurs qui marquait la cadence, ils formaient les anneaux d'une funèbre danse; Fantômes, ils passaient autour de leurs autels.

Et moi, sur le rivage, attardé dans la vie.

Je les suivais de l'œil et leur portais envie.

Car les plus jeunes moits sont les plus immortels!

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