A RENÉ
Où donc es-tu, René, larmoyant personnage, De mon triste printemps pâle contemporain? Toi qui, de notre siècle attristant le jeune âge, Consumas tous les cœurs de ton vague chagrin !
Tu passais, tu rêvais, solitaire et sauvage ; Tu blasphémais le jour quand il était serein, Et, des lacs et des mers fréquentant le rivage, A leur gémissement tu mêlais ton refrain.
Où donc es-tu, rêveur que j'ai vu disparaître? Tu serais bien changé, si tu pouvais renaître : D'autres soins désormais t'agiteraient le sang.
Dans ton vieil agenda, poétique jeune homme,
Pour inscrire aujourd'hui le cours du trois pour cent,
Sur un rêve effacé tu passerais la gomme!
CHOSES DU l'ASSK. l'27