De bonne heure
SONNETS FRANC-COMTOIS ro5
Hanc spero.
(Celle-là j'espère.)
Une jeune femme de la maison de Pontailler ', en liche costume de l'époque, tient dans sa main droite une couronne.
Tout esbat est illégitime.
Si le chaste h^rnen ne l'anime.
Véritable rapport des beautés de Cythere^, Autant belle en dedans que naifve en dehors. Théâtre où les vertus estaient leurs îhresorts Et rendent à l'honneur le vice tributaire,
Si du myrthe nopcier votre jeunesse espère Les plaisirs attachés es mutuels accords Qu'hymen semé is esprits et fait germer es corps De deux chastes amants que mesme flame altère,
Puissiés-vous rencontrer un brave cavalier
Qui, repeuplant en vous l'estoc 3 de Pontaillier, Vous rende de beaux filz merc heureuse et féconde,
Et fasse autant d' estât de vos perfections Que vostre bel esprit oblige tout le monde A vous faire présent de ses affections 4.
1 . La maison de PontaiUer, dont les armes étaient : de gueules au lion d'or, couronné de même, armé et lampassé d'azur, s'est éteinte, comme celle de Vergy, au XVIlc siècle, en Claude- François de PontaiUer, qui n'eut qu'une fille, mariée à Jean- Baptiste de Cléron.
Anne, l'une des sœurs de Clériadus de Vergy, mariée, en 1589, à Jean-Louis de PontaiUer, eut deux filles : i° Claude- Renée, épouse de Clériadus de Marmier, seigneur de Gâtey, baron de Talmay ; 2° Diane, mariée à Louis de Clermont-d'Amboise, marquis de Reynel. Cette estampe et ce sonnet se rapportent probablement à l'une de ces deux nièces de Clériadus de Vergy. Laquelle? Je l'ignore. Petit problème historique, insoluble sans doute.
2. Ile de la mer de Crète, consacrée à Vénus. Cette déesse y avait un temple magnifique, et en tirait son surnom de Cythérée. C'est aujourd'hui Cérigo.
Tout homme qui vieillit est ce roc solitaire Et triste, Cérigo, qui fut jadis Cytlière.
(Victor Hugo. I^s Conlemplalions .)