Soulagement, consolation
î. Ce qu'il se rapporte à levant.
4. Chassignet avait déjà traité ce sujet dans le Mespris de la vie et Consolation contre la mort, sonnet CXXXII, p. 119:
Le cerf abandonne à la troupe aboyante Des chasseurs et des chiens, qui, de cris et Je vois, Le poursuit par les chams, le presse par les bois, Et, de prés et de loing, l'estonne et l'espouvante ;
Mordu des chaus limiers, quand la fuitte mouvante Ne luy sert plus de rien, hallenant ' et panthois. De dépit il larmoyé et ne rend les abois Qu'il ne tourne au Levant la teste languissante.
Chrestiens mal-advisez, courus de toutes pars Du monde et de la chair, en éternels hasars De souffrir de la mort les aiguillons funèbres,
Au lieu de contempler ce bel astre riant Qui, pour votre salut, s'csdate d'Orient, Vous vous esjouissez seulement aux tcncbres.
Ces deux beaux sonnets me remettent en mémoiie le récit ' Haletant.
suivant, extrait du Voyage à l'Ile de France, de Bernardin de Saint-Pierre .
« Entre les deux embouchures de la Rivière-Noire, un cerf, poursuivi par des chiens et des chasseurs, vint droit à moi. Il pleurait et bramait; ne pouvant pas le sauver, et ne voulant pas le tuer, je tirai un de mes coups en l'air. Il fut se jeter à l'eau, où les chiens en vinrent à bout. Pline observe que cet animal, pressé par une meute, vient se jeter à la merci de l'homme. »
11 m'a paru intéressant de reproduire aussi la fable de La rontaine :
LE CE Kl- HT LA VIGNE
Un cerf, à la faveur d'une vigne fort haute,
Et telle qu'on en voit en de certains climats,
S'étant mis à couvert et sauvé du trépas,
Les veneurs, pour ce coup, croyoient leurs chiens en faute ;
Ils les rappellent donc. Le cert, hors de danger.
Broute sa bienfaitrice : ingratitude extrême !
On l'entend, on retourne, on le fait déloger :
Il vient mourir ec ce lieu même.
'i J'ai mérité, dit-il, ce juste châtiment ; Profitez-en, ingrats. » Il tombe en ce moment, La meute en fait curée ; il lui fut inutile De pleurer aux veneurs i sa mort arrivés.
Vraie image de ceux qui profanent l'asile Qui les a conservés.
Cantat maie gnara fiituri.
Elle chante, sans souci de l'avenir. ) Une cigale.
Travaille avant que la vieillesse Sans pain et sans force te laisse.
Durant la rouge ardeur de l'esté bluetant, La cigale à chanter incessamment s'addonnc; Mais sent-elle venir le premier froid d'automne, A faute de rosée elle meurt à Finstant.
De mesme le jeusne homme en ses faits inconstant, Tandis que le printemps de son aage fleuronne ' , Saulte, gambade et rit, et rarement s'adonne A ce cfui le peut rendre en viellesse content.
La farine à la fin sur ses temples chet-clle^ : Voilà nostre cigale en misère nouvelle, Le jeune homme sans bien, sans sçavoir, sans maison.
// vaut mieux en esté faire avec peu de penne, Ainsi que la fourmi, provision de graine. Afin de s'en nourrir en l' arrière-saison.