I . Réminiscence de Ronsard
Tandis que votre aage tlcuronne En sa plus verte nouveauté.
( Ode à Cassandre. )
? . Tombe-i-elle.
Nutant quse fîrma videntur.
(Ce qui paraît fixe est mobile.) La terre suspendue dans l'espace.
Ce que tu pense estre bien ferme Arrive bien tost à son terme.
Garde, pauvre mondain, que ton bien tu ne fonde Sur ce monde branslant en instabilité.
Le monde est fait en rond, et la mobilité Ne se divise point de sa figure ronde.
Hausse plustost l'esprit sur la voûte profonde Du grand ciel soustenu de l'immortalité.
Là loge le vray bien, là rit rxternité
Qui, faconde en tout heur, en toute chose abonde.
Hors de là ce n'est rien de ce vague univers
En ses membres plus grands que le bransle divers D'un roseau que l'orage importune sans cesse.
Si tu ne le retiens il tombe terrassé,
Et, le serrant trop fort, le voilà fracassé.
Et voila quant et quant son esclat qui te blesse.
Parcere subjectis.
(Il faut épargner ceux qui se soumettent.)
Un chasseur et ses deux chiens à genoux devant un lion.
Pardonne à l'humble soucieux Et dompte les audacieux.
Le lyon magnanime, à l'object du veneur Qui devant luy se plie et d'une voix humaine Luy demande mercy, sa cholere refrène, Et de luy faire mal estime à deshonneur.
Le soldat courageux c\ui, brave entrepreneur, L'enncmy teste à teste ose attendre en la plaine. Tandis que la victoire erre comme incertaine. Il brandit son espée et s'acquiert de l'honneur.
Mais l'ennemy fuit-il, aux fuyards il pardonne. Voire si sa valeur un prisonnier luy donne, Il se montre envers luy courtoisement humain.
Les goujats ' sont cruels à ceux qui sont à terre. Mais le soldat habile au mestier de la guerre Dessus l'homme abbattu jamais ne met la main.