I. La contraction ne s'est faite qu'au XYII" siècle
Annis et legibus.
(Par les armes et les lois.) Un sceptre et une lance posés en sautoir
Les armes conjointes aux loix Causent tout le bonheur des Roys.
Non ce n'est pas assez que le prince soit fort. Que vaillant et hardy il combatte en la li», Qiie de ses ennemys l'audace il affaiblisse Et, sans frémir de peur, repousse leurs effort.
Encore outre cela faut-il qu'il soit accort,
Que, le sceptre en la main, ses sujets il régisse, C'est à dire par loix, par droicture et justice, Et discerne, prudent, le droict d'arec le tort.
La force sans justice en témérité passe, La justice sans force est de peu d'efficace. Demeurant ses arrests sans exécution.
Mais d'accoupler ensemble et le sceptre et la lance, Et joindre la justice avecque la vaillance, C'est bien le plus liault point de la perfection.
SONNETS FRANC-COMTOIS iSq
Ratio et experientia.
(La raison et l'expérience.) Deux jambes.
L'expérience et la raison Font toutes choses à saison.
Pour estre réputé entièrement parfait, Il ne faut pas avoir seulement la science, Ains ' encore au sçavoir joindre l'expérience. Autrement, l'un sans l\uitre est tousjours imparfait.
Le sçavoir et l'usage en l'ame ont mcsme ejfect
Que les jambes au corps : quand l'une est en souffrance, L'autre, en ayant perdu et l'ayde et l'assistance, Cloche et rend le corps mancque et le pas contrefait.
A tout événement mieux vaut à l'homme sage De mainte chose avoir sans science l'usage Que sans usage aucun mainte chose sçavoir.
Le sçavoir sans l'usage au soldat est semblable Qui fait du Rodomont, et, vaillant à la table. N'ose son ennemy sur le pré recevoir.