PIERHE DE RONSARD POUR HELENE DE SURGÉRES
Imprimd* pour U première fois, et sans distinction de Livre, en i6og
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MaiBtreiK, embrUM raoy, buse moy, serre tnoy, Haleine contre Imlelne, échauffe moy la vte, Mille et mille bùzerB donne moy je te prie, [loy. Amour veut tout sans nombre, amour n'a point de
Baize et rebaize moy ; belle bouche, p«urquoy Te gardes tu là bas, quand tu seras blesmie»
A baiser (de Pluton ou ta femme ou l'amie) N'ayant plus ny couleur, ny rien semblable à toy ?
En vivant presse moy de tes lèvres de rose» ; Bégaye, en me baisant, i lèvres demy<dosea Mille mots trançonnez, mourant entre mes bnù.
Je mourray dans les tiens, puis, toy rcsusdtéet Je retuBCiteray ; allons ainsi là bas, [nuitée. "Le Jour tant aoit-il court vaut mieux que la
HUIT SONNETS
La Mère des Amours j'honore dans les Cieux Four avoir trois beautcz, trois Grâces avec elle, Mais tu as une laide et sotte Damoyselle [mieux. Qui te fait deshonneur, le change vaudrait
Jamais le chef d'Ai^^, fenestré de cent yeux, Ne garda si soigneux l'Inachide pucelle.
Que sa rude paupière, à veiller étemelle.
Té regarde, t'espie et te suit en tous lieux.
Je ne suis pas un dieu pour me changer en pluye ; Dessoubs un cygne blanc mes flames je n'estuye, C'estoient de Jupiter les jeus malicieux.
Je prens de tes beaux yeux ma pasture et ma vie, Pourquoy de tes regards me portes tu envie ?
On voit sur les autels les images des Dieux.
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J'ay reçeu vos Cyprez et vos Orangers verds ; Le Cyprez est ma mort, l'Oranger signifie (Ou Phebus me déçoit) qu'après ma courte vie Une gentille -odeur sortira de mes vers.
Recevez ces pavots que le somme a couvers D'un oubly Stygien ; il est temps que j'oublie L'Amour qui sans profit depuis six ans me lie, Sans alenter la corde ou desclouer mes fers.
Pour plaisir, en passant, d'une lettre bien grosse Les quatre vers suyvans engrave sur ma fofse : Une EspagnoUe prist un Tudesquc en ses mains ;
Ainsi le sot Hercule estoit captif diole.
La finesse appartient à la race Espagnolle,
Et la simple Nature appartient aux Germùns.
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HUIT 60NNBT$
Mon page, Dieu te gani, quç frit nostn M«s- [ttç»s© î Tu m'^ipoftœ touajoun ou mon nul on mon iâtn : Quand je te voy jo tremlib, et je oe vm plus mieii, Tantost chaud d'un espoir, tantost froid de tns- [tesae.
ÇJi baille moy U lettre, et pourtant ne me laisse, Contemple bien mon front par qui tu pourras bioa Cognoistre en le fronçant ou défronçant, combien Ia lettre me ooatrate ou donne de détiesae.
Mon page, que ne suis->je «usai riche qu'un Roy, Je ferois de porphyre un beau temple pour toy, Tu serois. tout semblsUe à c« JHw de» voyages :
Je peindnû use table où r«a verrut pourtcaits Nos sermens, nos accords, nos guerres et nos paix, Nos lettres, nos devis, tes tours et tes messages.
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POUH HELENB
QuUMi au commencement j'adaùi^ayl ton mente.
Tu nvok à k Cour sans lottftDgc et aaoa bnih : Maintenxnt un icoom par la France te «oit, Egadbnt en grandoir la. Royalle Hippt^yte.
Libéral j'etuvoyay les Muses à ta sotte.
Je fia knn de ton chef esnnouir la Duit,
Je fis âamber ton nom comme un astre qui hnt,
J'ajr dons l'azur du Ciel ta louange déoîte.
Je n'en suis p«» narry, toutefoù je me (tevx Qoe tu ne m'aymes pas, qu'iz^rate ta ne veux Me peyer que de ris, de lettres et d'cetllades.
Mon labeur ne se paye en semblables façons, Les autres pour parade oftt dnq ou sa cfaao9c»is An front de qndque livre, et toy des Ilndea.
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HUIT SONNETS
L'enfant contre lequel ny targue ny salade Ne pouiToient résister, d'un trait pldn de rigueur M'avoit de telle sorte ulcéré tout le cœur Et brûlé tout le sang que j'en devins malade.
J'avoy dedans le lict un teint jaunement fade. Quand celle qui pouvoit me remettre en vigueur. Ayant quelque pitié de ma triste bngueur.
Me vint voir, guarissant mon mal de son œillade.
Encores aujourd'huy les miracles se font :
Les Sainctes et les Saincts les mesmes fonxs ont Qu'aux bons siècles passez, car si tost que ma [Sainte
Renversa la vertu de ses rayons luisans
Sur moy qui languissois, ma fièvre fut esteinte,
Un mortel médecin ne l'eust faict en dix ans.
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FOUR HBLENE
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Je n'ayme point les Juifs, ils ont mis en la crdx Ce Christ, ce Messiaa qui nos péchez efface, Des Prophètes occis ensanglanté la place, Mimnuré contre Dieu qui leur donna les loix.
Fils de Vespasiani grand Tite tu devois, Destruisant leur Cité, en destruire la race, [espace Sans leur donner ny temps, ny moment, ny De chercher autre part autres divers endroits.
Jamais Léon Hebrieu des Juifs n'eust prins nùs- [sance, Léon Hebrieu, qui donne aux Daines cognoissance D'un amour fabuleux, la mesme fiction :
Faux, trompeur, mensonger, plein de fraude et [d'astuce, Je cn^ qu'en luy coupant la peau de son prépuce On luy coupa le cœur et toute affection.
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Je trespassms d'amour assÎB auprès de tojr, Omdumt tous les nu^ens de voir ma Bame es- [teiirte; Accorde, ce dùoy-je, à la fin ma com^daînte.
Si tu as quelque soin de mon mal et de moy.
Ce n'est (ce me dîa-tu) le rémora de k fo; Qui me fait t'éconduire, ou la honte, ou la crainte, Ny la frayeur des Dieux, ou telle autre contrainte. C'est qu'en tes passetemps plaisir je ne reçoy.
D'une extrême froideur tout mon corps se com- Je n'i^rme pomt VeBB8,j*aWiorre teUecbose, [pose, Et les presens d'Amour me sont une pofaon :
Puis je ne le veita paa. O subtile- deâ^ôte ! Ainsi parlent les Roys, déliant la raison, « n me i^btst, je le veux, ma Tolonté soit fiûte.
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