‹ Sonnets pour Hélène;Chapitre 13 sur 15 · PIERRE DE RONSARD POUR HELENE DE SURGÈBE · texte numérisé non relu

PIERRE DE RONSARD POUR HELENE DE SURGÈBE

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n ne &ut s'estonner si l'amour Pharienne, [main : Sçavante en l'art d'aimer, sceut gaigner un Ro- L'Europe n'est pas fine, et n'amorce point d'hain. Et les Philtres produit la terre égyptienne.

Si une belle et jeune accorte Iberienne, Qui loge la finesse et l'art dedans son sein, M'a pris, qui suis grossier, de nation Germain, Je n'en suis à blasmer, c'est la loy Cyprienne,

Laquelle joint la tourtre avec les papegauz,

Et lie à mesme joug les esprits inégaux,

Sans respect ny de mœurs, d'^ ny de patrie.

Amour a Ciel et Terre en partie oMnmun, n est Père, il est Prince, il maïstrise un chacun. En Espagne aussi bien qu'il fait en Germanie.

TROIB SONNETS

Si tu m'aymoû de bouche autant comme d'esciit, Je serois bien-heureux : ta lettre est amoureuse, Ta parole au contraire est dure et rigoureuse, Qui k douceur d'Amour de son iiel en-aigrit.

Bien-heureux l'Escrivain qui les lettres t'apprit, Et ta nourrice soit maudite et raalheureute.

Qui t'apprit à parier d'une voix si douteuse, Voix qui trouble me* sens, et me tourne l'écrit,

Mùstreue, s'il te plaist que mon cceur se console, Hay-moy par escriture, et m'aymes de parole, Sans trmnper ton escrit, de l'esprit serviteur.

SU te plaist, ne promets espoir de recompoiM, Parie d'autre façon, ton esprit est menteur, Qui fait parler la bouche autrement qu'il ne pense*

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FOUR HELENE

Qna&d je te promettnns, je ne le deodroîs pas, J'ajrmerois mieux mourir, j'ay trop de conscience : Helàne, tes propos sont pleins de défiance, Je ne me prens crédule à si commim apas.

Le Piedmont et la Cour où d'en&nce tu as Demeuré si long temps, m'en donnent asseuiance. Autrement dit ta langue, autrement ton cœur [pense, « Le plaisir amoureux vaut mieux que le trespas.

Plus d'un m^nard refus, plus d'une &ce lente Tu me dis que nenny, plus je suis resjouy :

C'est lai^ge de Cour que ta voiz inconstante.

Où nenny sert d'ouy : j'ay nenny trop ouy, I^ quelquefois oiqr : je seroîs sana attente, Si en lieu de nenny tu me disoîs ouy.

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SIX PIÈCES RETRANCHÉES

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SIS PIÈCES RETRANCHÉES 229

En choîfflssant l'caprit vous «stes mal-apprise. Qui refusez le corps, à mon gr6 le meilleur : De Tun en l'esprouvant on cognoist la valeur, [tise. L'autre n'est rien que vent, que songe et que fein-

V0U8 aimez l'infect, et moins je vous en prise : Vous volez, comme Icare, en l'air d'un beau [malheur:

Vous aimez les tableaux qui n'ont point de cou- Aîmer l'esprit. Madame, est aimer la sottise, [leur.

Entre les courtisans, afin de les braver,

Il faut en disputant Trimegiste approuver.

Et de ce grand Platon a'estre point ignorante.

Mais moy qui suis bercé de telle vanité,

Un discours fantastiq' ma raison ne contante :

Je n'aime point le faux, j'aime la vérité.

[Pièce retranchée en 1584]

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Hélène fut occasion que Troye Se vist brusler d'un feu victorieux :

Vous me bnislez du foudre de vos yeux, Et aux Amours vous me donnez en proye.

En vous servant vous me monstrez la voye Par vos vertus de m'en-aller aux deux, Ravy du nom qu'Amour malicieux Me tire au cœur, quelque part que je soye.

Nom tant de fois par Homère chanté, Seul tout le sang vous m'avez enchanté.

O beau visage engendré d'un beau Cygne,

De mes pensers la fin et le milieu I Pour vous aimer mortel je ne suis digne : A la Déesse il ^partient un Dieu.

[Pièce retranchce en 1587;

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SIX PIÈCES RETRANCHéES 231

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