SCÈNE II
(Sophie chantonne en dressant le couvert, sur un ton de récitatif.)
Trop impitoyable destin !
Fortune à mes vœux infidèle !
Iphigénie, hélas ! princesse ce matin.
Ce soir, aux feux d'une chandelle.
Dispose en soupirant deux fourchettes d'étain !
Sa main blanche, ô dieux trop sévères, Essuie un bois grossier, deux écuelles, deux verres
Dont pas un n'est même en cristal
Et...
(Trois petits coups sont soudain frappés à la porte-fenêtre du jardin. Sophie s'arrête brusquement, prête l'oreille, s'imagine avoir rêvé...)
Peste du vent !
(Soupirant.)
Cher Dorval !
(Elle continue à dresser la table en fredonnant l'air du Devin du village : « C'est un enfant ! • Tandis qu'elle chante, le comte de Lauraguais (Dorval) ouvre doucement la porte, demeure sur le seuil, sourit, écoute et, à la fin du couple, achève le dernier vers. Sophie, saisie, se retourne brusquement, l'aperçoit, pousse un cri et, courant à lui, se jette dans ses bras.)