Les Trusts américains, broch. in
2. Voir la jurisprudence dans Trusts, Pools and Corporation*. édited bij William Ripley, 1906.
Devant Tlndustrial commission, M. James Lee, président de la Pure oil C°, avait donné du trust la définition suivante : « Un trust est une société ou une combinaison de sociétés ayant pour but de créer ou de conserver un monopole dans une industrie quelconque. » (T. XIII. p. 668. M. Archibald, vice-président de la Standard "il C°, répond : « D'après cette détinition, il n'y a pas de trust. »
L'établissement d'un trust se lait entre deux groupes : 1° un établissement promoteur plus ou moins suggéré : -2° un établissement financier qui fournitle prix d'achat de cet établissement et des autres, en échange des actions privilégiées [preferred sharcs) et (1rs actions ordinaires (common stock). Le bonus estau moins aux actions privilégiées. (T. XIII. p. s. Les porteurs du common stock n'ont aucun droit, et il» ne reçoivent d'intérêts que quand les porteurs des actions privilégiées y consentent.
Le common stock représente l'intangible asset, le fonds intangible, le goodii-itl, la capacité de gagner du trust. On ne dissimule nullement que c'est du watered capital, du capital dilué, du capital aquatique. Quoique, depuis quelques moi», il y ait eu une prospérité -an- précédent aux Etats-Unis, avec des prix élevés, presque toujours les actions ordinaires ont fourni plus de déceptions que de dividendes. Sur sept ou huit combinations, il y en aune qui donne de temps en tempsquelque chose an common stock pour en maintenir ou élever le cours '.
Tous les déposants, organisateurs <>r. administrateurs de trusts, considèrent que la majoration du capital n'intéresse pas l'actionnaire; ce qui lui importe, ce sontles revenus. Or, la majoration signifie une dimi-
i Société d'Economie politique, 5 novembre 1902, Communication de M. ^ \r- Guyot mit les '/'■ i Us, d'après l' Industriel l mission.
nution du revenu du capital ou une augmentation du débouché. M. l'lint déclare que les majorations ont donné de l'expérience au public et qu'elles ont empêché les banques qui en ont abusé, de continuer leurs opérations. [T. XIII, p. 92.)
Voilà l'intervention économique de la concurrence qui se produit. Le capitaliste établit une comparaison entre les divers placements qu'il peut faire, et il se décide pour celui qu'il considère comme le plus avantageux.
Toute la partie de la capitalisation des trusts, fondée sur l'espérance, n'a d'autre limite que la prudence des capitalistes. Par conséquent, quand on essaye de comparer la capitalisation des trusts à la richesse totale des États-Unis, on commet une erreur. Naturellement, M. Paul Lafargue n'y échappe pas.
Le Census a fait une évaluation des « trusts » qu'il appelle des « combinations » et dont il donne la définition suivante : « Elles représentent un certain nombre d'établissements qui, auparavant indépendants, se sont réunis, par un acte, en société. »
Au 30 juin 1900, il y avait 185 « combinations » dont
le capital autorisé se montait à $ 3.619.039.000, réparti
ainsi :
Obligations 210.127.000
Actions privilégiées 1.259.540.000
Stock ordinaire 2.089.371.000
Le total émis était de $ 2.876.683.000 :
Obligations . 21G.412.000
Actions privilégiées i . 066 . 525 . 000
Stock ordinaire 1.810.157.000
Dans les années suivantes, jusqu'en 1903, il y a eu un grand développement des trusts : la fondation de VUnited States Steel corporation, V International Mercantile Marine Cm npany, qui n'a pas réussi, etc.
M. Paul Lafargue a pris les chiffres de sa brochure dans une petite publication de M. Moody parue en 1903. .!<• prends Ips miens également dans un ouvrage p<>~térieur de M. Moody intitulé The truth «/mut the Trusts (La vérité sur les trusts). Il en est grand admirateur '.
Nombre de trusts industriels, 318 Nombre d'établissements, i>,300 Capital, 7.246.000 dollars.
Les trusts industriels qui avaient été formés avanl le 12 janvier 1898 représentaient un capital de ,s 1.196.000.000; ceux qui avaient été formés ensuite représentaient un capital de H 6.049.000.000.
Dix trusts industriels ont chacun un capital nominal de # 100.000.000 et plus. Les sept plus grands trusts ont un total de, S 2.662.000.000, dont VUnited States steel corporation représente H 1.370.000.000, soit lamoitié.
30 trusts ont un capital de. . . . $ 50.O0n.n00 129 trusts ont un capital de 10.000.
Mais les actions ordinaires représentaient. d'aprè> 1«' Census de 1900, 65 0/0. Leur proportion n'a certainement pas diminué. Il fautdonc retrancher jf| 1.700.000.000 de ce capital de s 7.246.000.000.
M. Moody ajoute :
Local, franchises, consolidations, gaz, tram
ways, eaux, au nombre de 103 . . . $ 3.103 ISS. 000 Cbeminsde fer comprenant 1 .040 compagnies
originales 9.391.363.000
Il arrive à cette conclusion :
Toutes ces « combinaisons représentent 8, 00* Compagnies originales et un capital de .... JO
soit 105.970 millions dr francs.
Mai- M. Moody écrit lui-même p. 185), au sujet de
i. l'n vol. grand in 8, de 5H pages New-York, '.
la capitalisation des sept plus grands trusts : Leur capitalisation est de $ ^.662.000.000 ; leur valeur sur le marché (1904) est de ,s 2. 278.000.000, soit une perte de 384 millions de dollars ou de 1.996 millions de francs.
Les combinaisons de Pierpont Morgan représentaient $ 1 .5 40.000.000 ou 60 0/0 sur le capital de# 2.662.000.000. Au cours du marché, elles ne valaient plus que 8 820.000.000, ou moins de 37 0/0 de $ 2.278.000.000, valeur du marché.
Le Shipbùitding avait ouvert avec un capital de S 3.278,000 ; quand il fut soumis à une révision, il fut réduit à $ 1.450.000, soit de 55 0/0.
Le Wall street journal du 23 octobre 1903 publiait une liste de cent trusts, dont la capitalisation était de S 3.693.000.000, qui auraient atteint, sur le marché, une valeur de § 490.000.000 et qui avaient été ramené à $ 2. 336. 000. 000, soit une perte de # 1.753.000.000 ou de 43.4 0/0 sur le prix du Boom l. Pour aucun des trusts énumérés, la dépréciation n'avait été moindre de un million de dollars.
La capitalisation de VUnited Slales steel corporation fut de S 1.370.000.000. M. Carnegie se fit payer, enobligations, ses établissements # 447.416.000, alors qu'ils avaient rapporté, en 1896, $ 6.000.000, en 1897, £ 7.000.000; en 1898, $ 11.500.000; en 1899, année exceptionnelle, S 21.000.000.
La Steel corporation émit S 1.297.000.000 actions et obligations, en échange des actions et obligations valant # 894.988.000, qu'elle achetait, soit une majoration de 45 p. 100. Les valeurs apparentes représentaient 25 ptOOJes valeurs mystérieuses, 75 p. 100. D'après le Census de 1890, $ 414.000.000 étaient engagés dans la sidérurgie. Le capital a pu augmenter régulièrement de