Voir The Tarif? and the trusts by Franklin Pierre
2. Pour les détails, Yves Guyot : l'United blutes Steel Corporation. Journal des Economistes, novembre 1902.
YVES GCTOT. 10
nO LA RÉPARTITION DES CAPITAUX.
sur les 9-2 grands trusts, 78 absorbenl 50 pour loo el plus de la production, 57, 60 p. 100 et plus, -26,80]». 100 el plus (n°487). La Standard oil elle-même ne contrôle que 84 0/0 de la consommation intérieure et 90 0 0 de l'exportation.
La United States Steel Corporation n'a pas supprimé les établissements sidérurgiques aux États-Unis : loin de là. Jamais ils se sont multipliés.
Des établissements, chargés du poids mort financier que traînent la plupart des trusts, peuvenl leur faire concurrence.
Au commencement de 1892, le trust du plomb possédait tous les établissements des États-Unis excepté deux. En 1894, les établissements indépendants produisaient autant de plomb quele trust et tlsavaienl $2 millions de capital tandis que le trust avail un capital de $ 30.000.000.
La concurrence est le frein des trusts. l"n banquier, M. Chapman, donnait cette règle de leur politique : •< Maintenir des prix qui ne provoquent pus la concurrence. » (T. XIII, p. 469 .
On répète volontiers : « Untrusl peut vendre à perte pour ruiner un concurrent. » Mais si son action esl étendue, peut-il vendit' à perte sur tous les marchés pour écraser partout un concurrent ? Ses pei tes seraient proportionnées au chiffre de ses affaires. Non seulement les trust-, ne suppriment \>.\< la concurrence sur le marché, mais ils eu tout la force motrice de lem org nisation intérieure. Quand M. Hadley dit qu'il y aurai! peu de différence entre la manière donl sonl administrés les trusts el les affaires publiques, il commet une erreur de l'ait. D'abord, dans le trust, il n'y a qu'une politique : augmenter les affaires pour augmenter le gain. Or, un gouvernement, une municipalité ont d'autres préoccupations: il y a dune intérêts politiques à salis-
faire dos électeurs influents, des compétitions départs,
dont il faut tenir compte el qui souvent obligent l'administration, si intelligente et bien intentionnée qu'elle soit, à faire exactement le contraire de ce qui sérail nécessaire pour le but à atteindre. Voilà une distinction fondamentale.
Mais aucun Etat n'est encore arrivé à instituer, dans ses services, un mode d'avancement qui assure la prééminence du plus capable et excite l'émulation de chacun. Au contraire, tous les trusts sont organisés sur le principe de la concurrence. Dans VUnited States steel corporation, chacun des établissements est autonome. Les directeurs sont souvent animés d'un esprit particulariste. C'est à qui fera les meilleures affaires. S'ils doivent céder certains produits de leur fabrication à un établissement du même trust, loin de lui en faire cadeau ils tiennent à le lui vendre le plus cber possible. Le trust actuel est une fédération de sociétés : son conseil d'administration est un clearing house d'informations.
Il n'y a nulle comparaison avec l'administration figée et centralisée qui existe dans un monopole d'État.
1° Le trust est une concentration artificielle, résultant de combinaisons financières, et rendue possible seulement, dans presque chaque cas, par le tarif des douanes.
2° Les maisons solides ne sont entrées dans les trusts que par l'offre de prix excessifs.
3° La capitalisation des trusts, en partie factice, est loin de représenter la part que M. Paul Lafargue lui attribue dans la richesse des Étals-Unis.
i° La majoration du capital des trusts est limitée par la concurrence du marché.
5° Le prix de leurs produits est limité par les prix des concurrents : car aucun trust n'a acquis un monopole complet.
6° L'organisation des trusts a pour principe la concurrence de leurs diverses organisations.
7° Pour ces motifs, il n'y a aucune similitude entre les trusts et les monopoles d'État ou des municipalités.
Je n'examine ici les trusts qu'au point de vue de la théorie de Karl Marx sur la concentration des capitaux. Ils ne la ratifient pas.
En admettant l'existence de tarifs privés, obtenus par la Standard "il des compagnies de chemins de Fer, cela prouve qu'elle a commis des actes qui peuvent tomber sous le coup d'une législation individualiste et non communiste.