CHAPITRE PREMIER
La théorie marxiste de la concentration des industries
Karl Marx el Engels, dans le Manifeste communiste de 1847 que les socialistes donnent comme une ère nouvelle, disaient :
« De plus en plus, la société tout entière se partage en deux camps ennemis, eu deux grandes classes directement opposées : la bourgeoisie et le prolétariat.
« § 18. Les classes moyennes d'autrefois, les petits industriels, les commerçants etles rentiers, les artisans et paysans, tous tombent dans le prolétariat. Leur petit capital succombe dans le commerce avec les grands capitalistes.
« § 23. Le progrès de l'industrie jette dans le prolétariat des fractions considérables de la classe dominante ou du moins les menace dans leur existence.
« § 31. L'ouvrier moderne, au lieu de s'élever par le progrès de l'industrie, descend de plus en plus au-dessous de la condition de sa propre classe. »
Hi LA RÉPARTITION DES INDUSTRIES.
lui un mot, les industries et le capital se concentrent de plus en plus en quelques mains taudis que le nombre des prolétaires ne cesse d'augmenter, les salaires de diminuer et le nombre des heures de s'accroître.
Cette dernière assertion a déjà été réfutée; j'examine maintenant si, aux États-Unis, en France et en Belgique se produit le phénomène de la concentration des industries et des capitaux, annoncé par le Manifeste communiste de 18-47. J'ai cité les chiffres que Bernstein donne pour l'Allemagne d'après le recensement industriel de 1896.
Si trois établissements, occupant chacun cent ouvriers, ne forment plus qu'un établissement au bout de ilix ans, il y a concentration; mais si chacun d'eux continue d'exister en occupant un quart ou un tiers en plus d'ouvriers, en taisant le double d'affaires, il n'y a pas concentration, il y a développement et expansion de l'industrie.