‹ Sophismes socialistes et faits économiquesChapitre 137 sur 223 · LA NATION M SERVICE DES GRÉVISTES · texte numérisé non relu

LA NATION M SERVICE DES GRÉVISTES

en danger; et ils oui raison, grâce à la badauderie du publie, à l'ignorance et à la lâcheté de nombre de députés. Ils oublient qu'ils n'ont pas à servir les intérêts des grévistes, mais à assurer la sécurité des biens et des personnes.

Naturellement, les fonctionnaires, qui ne se sentent pas couverts par leur ministre, n'ont qu'une préoccupation : pas d'affaire! Si un gréviste était tué, le souspréfet pourrait en mourir administrativement. Il n'a qu'une préoccupation : s'arranger avec les grévistes et assurer à la place Bearuvau que tout est pour le mieux, « dans une grève modèle », comme disail M. E. Combes en parlant des grèves agraires du Midi.

A Paris, le 3 mai, M. Sarraut, sous-secrétaire d'Etal, disait « qu'il avait de bonnes nouvelles de Montluçon, que l'ordre n'était pas troublé... »

La grève s'est terminée le 21 mai. Quelle sanction a frappé les fonctionnaires qui envoyaient de pareils renseignements au ministère de l'Intérieur? Et enfin, les meneurs de la Bourse du Travail qui ont commis le délit de suspendre la circulation dans une ville, qui ont usurpé toutes les fonctions publiques, ont-ils été l'objet de poursuites?

Nous avons l'air, en France, de supposer que les tribunaux n'existent pas quand il s'agit de faits de grève, que les organisateurs et meneurs de grèves sont tabou ; et nous voyons apparaître un nouvel ordre de privilégiés, au dessus et en debors de la loi.

Les magistrats aussi ont leur part de responsabilité. Le Code pénal frappe plus sévèremenl les délits commis en bandes que commis par les individus isolés. Mais quand il s'agit de troupes de grévistes, cette circonstance aggravante devient une circonstance anémiante. Et les magistrats semblent trouver légitime que des groupes menacent, frappent, malmènent des hommes.

des femmes, des jeunes filles coupables de vouloir travailler.

Comment les magistrats se montreraient-ils énergiques, quand ils craignent la faiblesse du ministère de la place Vendôme?

Et pourquoi donc se montreraient-ils énergiques? Est-ce que leurs condamnations ne seraient pas annulées par une de ces amnisties qui se produisent arec une telle régularité qu'elles ne peuvent avoir d'autre résultat que d'annihiler la justice? Les faits de crève et les faits connexes aux grèves y sont toujours compris. Vraiment, les meneurs dégrèves auraient bien tort de se eêner.

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