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CHAPITRE IV La Grève des électriciens

I. — Obscurité imprévue. — Ignorance de la police. — Les ouvriers électriciens pouvaient être remplacés. — Les usines n'étaient pas protégées. — Service public. — Causes de cette grève. — 800 électriciens contre le Conseil municipal de Paris. — Erreur d'interprétation dans le cahier des charges. — Légalité de la grève d'après M. Jaurès.

II. — Un tiers ne peut rompre le contrat conclu entre deux parties.

Le vendredi 8 mars, un peu après 5 heures du soir, on s'aperçut dans une partie de Paris que l'électricité manquait. Les ascenseurs étaient arrêtés brusquement. Les cafés, les restaurants, et une partie des grandes voies de Paris, sans compter les maisons particulières, étaient plongées dans l'obscurité.

Le président du Conseil, M. Clemenceau, a dit qu'il avait éprouvé la même surprise que celle du passant, et que la grève ne lui avait été révélée que par l'extinction des lumières dans son cabinet.

Comment ! nous avons une préfecture de police formidable. Elle est doublée du service de la sûreté, et malgré les millions que coûtent ces institutions, les nombreux agents qu'elles emploient, personne ne soupçonnait un acte qui avait été décidé dans une réunion

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lenuo la veille à la Bourse du Travail, qui avait fait l'objet d'une circulaire adressée le matin à plusieurs centaines d'hommes !

Y a-t-il incapacité ou complicité de la pari de la police? Tel est le premier problème qui se pose.

Paris resta le vendredi soir dans l'obscurité. Aucune mesure effective ne fut prise pour faire fonctionner les secteurs. M. Jaurès se plaignit des velléités de M. Clemenceau d'envoyer des soldats pour remplacer les électriciens défaillants. .Mais le fail n< s'était pas produit; pas un soldai n'avait été envoyé le vendredi soir : el c'est le vendredi soir qu'ils auraient dû être expédiés aux secteurs. A huit heures, ceux-ci auraient dû être en état de fonctionner.

La plupart des ouvriers des secteurs ne sont point des techniciens difficiles à remplacer; ce sont de simples chauffeurs, et alors on peut se demander pourquoi les directeurs des secteurs n'essayèrent pas de les remplacer.

La réponse est simple. Ils ont craint des agressions et ils n'auraient pas trouvé d'ouvriers, si ceux-ci ne s'étaient sentis protégés. Or les secteurs étaient-ils protégés? Des troupes les ont-elles occupés immédiatement? Cette nuit du vendredi au samedi reste pleine d'obscurité.

Dans la discussion qui a eu lieu le il mars entre M. .lames et M. Clemenceau, M. Jaurès a déclaré qu'il ne s'agissait pas d'un ser\ ice public.

Dans la grève des Tramways-Sud, cependant, les socialistes invoquaient le caractère de service public pour demander la déchéance de la Compagnie.

M. Jaurès semble croire qu'il n'y a de service public qu'à la condition que ce -"il l'État ou les municipalités qui exploitent directement.

il confond l'objet h le moyeu. .M. Jaurès, docteur el

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