‹ Sophismes socialistes et faits économiquesChapitre 139 sur 223 · LA GRÈVE DES ÉLECTRICIENS · texte numérisé non relu

LA GRÈVE DES ÉLECTRICIENS

philosophie, connaît tontes les subtilités de la scolastique utiles pour taire dévier les questions.

Mais à propos de quoi a eu lieu cette grève? Les grévistes ont voulu peser sur l'administration et le Conseil municipal pour obtenir des concessionnaires des conditions de salaires et de retraites plus avantageuses. Par conséquent, le motif même de leur grève implique la reconnaissance par eux-mêmes du caractère du service auquel ils collaborent.

Mais, en même temps, cette grève montre l'erreur que commet l'administration en s'occupant de ces questions.

Si une administration veut déterminer les salaires, les conditions de travail des employés d'une société concessionnaire, pourquoi ne s'occuperait-elle pas aussi du prix auquel cette société devrait payer sa houille, ses machines, ses matières premières et ses outils? Ce serait d'autant plus justifiable qu'en l'obligeant à les payer très cher, elle donnerait un motif aux mineurs, aux mécaniciens et autres ouvriers des fournisseurs d'obtenir une amélioration de leurs salaires.

Toutes ces clauses ne peuvent avoir qu'un résultat : faire payer plus cher par les contribuables un service public; et si le but est atteint, ce résultat implique une contribution prélevée sur tout le monde au profit d'un petit groupe de salariés qui deviennent des privilégiés.

C'est l'organisation de privilèges au profit de quelques-uns et au détriment de tous, alors que la démocratie doit représenter l'égalité et est le gouvernement de tous.

On y introduit ainsi une forme d'oligarchie; et ce seul fait prouve la contradiction flagrante qu'il y a entre le socialisme et la démocratie.

Dans une démocratie, comme l'administration et le gouvernement représentent l'intérêt commun, ils n'ont

pas à s'inquiéter des rapports entre les concessionnaireet leurs salariés; ils ne doivent avoir qu'une seule préoccupation : assurer au plus bas prix la fourni ture <le l'électricité à la municipalité et aux consommateurs.

La municipalité avait seulement le droit d'intervenir pour la lixation de ce prix en échange de la faculté de passage qu'elle donne sur la voie publique.

Dans son interpellation du 11 mars, M. Jaui répété à plusieurs reprises que la grève était légale; que les organisateurs de la grève avaient respecté la légalité.

Vraiment ? Est-ce qu'ils n'ont pas déclaré la instantanément? Est-ce qu'ils n'ont pas fait la grève par surprise?

Cependant, dans l'industrie électrique comme dans les autres, il y a un délai-congé obligatoire. Ils n'en ont pas tenu compte; et, par conséquent, ils n'ont point eu ce respect de la légalité que leur a prêté M. Jaurès.

On connaît les organisateurs de la grève. MM. Griffuelhes, Yvetot, Passerieu et quelques autres en réclamaient hautement l'honneur. Ils auraient dû aussi en avoir la responsabilité.

Les concessionnaires des secteurs auraient dû les poursuivre et leur réclamer des dommages-intérêts. Ils ne l'ont pas t'ait: et, par cela même, ils ont donné une nouvelle force aux organisateurs de l'action directe puisque ceux-ci ont acquis une nouvelle preuve qu'ils peuvent impunément continuer des pratiques qui, loin de leur être préjudiciables, augmentent leui notoriété el leur Importance.

Mais des industriels, des commerçants, parmi ceux qui ont subi des dommages, auraient dû poursuh re les concessionnaires; ceux-ci se seraient réfugiés derrière le cas de force majeure; mais ils auraient été mis en demeure d'intenter des poursuites aux organisateurs de

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