ROBERT OWEN ET « NEW IIARMONY
morceau de bois à quatre faces chacune d'une couleur différente, noire, bleue, jaune et blanche. Quand la journée précédente l'ouvrier s'est mal conduit, la couleur de la face on vue est noire; s'il s'est très bien conduit, elle est blanche. Owen, parcourant les ateliers, connaît par un coup d'oeil sur «le télégraphe » la situation de chacun de ses ouvriers, auxquels il ne t'ait jamais d'observations.
Les mesures prises par Robert Owen, ses procédés commerciaux empreints d'une délicatesse qui inspirait d'autant plus de confiance qu'elle était plus surprenante, assurèrent le succès de ses entreprises. Mais Robert Owen ne voulait pas se contenter de faire de bonnes affaires. Il voulait transformer le monde.
En 1 800, on se servait beaucoup des enfants qui appartenaient à la paroisse en vertu de la loi des pauvres. Ils étaient surmenés. Owen prêchait d'exemple pour diminuer l'abus qui en était fait. Comme il n'était pas suivi par tous ses concurrents, il en appela à l'État. Il obtint Yact de 1802, qui était une annexe à la loi sur les pauvres. Il continua et il obtint Yact de 1817. Il voulut aussi, au moment de la crise qui suivit les guerres de l'Empire, trouver la solution de la question des ouvriers sans travail. Robert Owen n'était jamais embarrassé. Il considérait que la foule devait être conduite par des chefs. Il ne recherchait pas l'origine du droit de direction qu'il pouvait avoir. Il prenait les sans-travail et, selon son énergique et caractéristique expression, il les enfermait dans des nurseries ofmen, dans des infirmeries d'hommes. Il les groupait, au nombre de 1 200, dans un même casernement ; et il considérait que « cette armée civile serait le noyau de la nouvelle organisation qu'il rêvait ». Son plan ne fut pas exécuté.
Robert Owen est un des exemples qu'un grand in-
dustriel peul entendre fort bien la gestion de ses affaires et perdre pied quand il touche aux affaires publiques. Cet homme, qui appliquait chez lui le machinisme le plus perfectionné, considérait le machinisme comme la cause des souffrances des ouvriers; et pour leur donner de l'ouvrage, il proposait de substituer la bêche à la charrue. Cet industriel avait des rêves bucoliques. 11 considérait que l'agriculture était la source de toute richesse et de toute vertu: et il voulait faire organiser par l'État un communisme agraire, réparti en communes de 2.000 à 3.000 habitants dont chacune devrait se suffire à elle-même.
Robert Ovven était prêt à tenter des expériences. Il en fit une à Motherwel, en Ecosse, avec un capital de £ 50.000 (soit 1.250.000 francs).
Mais M. Edouard Dolléans s'attache à l'élude de la plus importante, sur laquelle on a les renseignements les plus complets, celle de New-Harmony, dans l'Indian;i, ;m\ États-Unis.
Il s'agissait de substituer à une organisation communiste déjà existante, les ftappistes, une nouvelle organisation. Les l ï;i j »| > i - 1 »■- avaient réussi; mais chacun d'eux voulail sa pari du capital social au lieu de le laisser dans l'indivision. Celle conclusion aurait pu éclairer Etoberl Owen sur les résultats ultimes t\<- sa tenta tive en admettanl que tout y lui pour le mieux. Il se rendit aux États-Unis en 1825. Il fit grand tapage autour de sa fondation. Il entraîna un riche géologue des États-Unis, Maclure, qui donna 150.000 dollars, un certain nombre de savants et huit cents illuminés, détraqués, rêveurs des deux sexes, qui croyaient