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LA COMMISSION DU LUXEMBOURG

Dans l'assemblée plénière du 3 avril, il abandonna l'égalité des salaires qui avait ('-lé vivemenl critiquée par les ouvriers eux-mêmes.

Le plan, rédigé ensuite par Vidal et Pecqueur, comportait des phalanstères agricoles el remplaçait le commerce par des entrepôts. Cependant les auteurs « voulaient bien ne pas demander de monopole au profit de l'Étal ». Mais comme l'entrepôt ne prendrait (pu; cinq pour cent, il ne tarderait pas à ruiner le commerce privé.

Quant au capital initial, l'État n'en fournissait point, mais il se chargeait de tous les escomptes et émettait un papier-monnaie à cours forcé pour le payement des impôts et des salaires dans ces établissements. L'État serait l'assureur universel et le banquier du peuple.

Louis Blanc, invoquant les souvenirs de la Chambre des Pairs, opposait le Luxembourg à l'Assemblée nationale future. « Le peuple y est, il faut qu'il y reste. Je serai bien fort quand je pourrai dire : Traitez avec lui, et maintenant repoussez-le si vous l'osez. » La commission du Luxembourg prenait part aux manifestations révolutionnaires du 16 mars et du 17 avril. Elle dressa une liste électorale en opposition au Gouvernement provisoire. Aux élections, tandis que Lamartine était élu avec 259. S00 voix, Louis Blanc n'arrivait qu'avec 121.000 voix, et un seul ouvrier de la liste du Luxembourg était élu. Louis Blanc, furieux, répétait le 27 avril contre « l'ordre social » le serment d'Annibal. Ce fut la dernière réunion solennelle. L'Assemblée nationale écarta de la Commission executive Louis Blanc et Albert. La commission du Luxembourg se réunit encore le 13 mai, et l'insurrection du 15 mai se fit aux cris de : « Vive Louis Blanc! le ministère du travail ! »

Los programmés du Luxembourg n'atténuaienl pas la crise industrielle, financière et commerciale. < >n limilail 1rs heures de travail, mais il fallait du travail. Le décret du2i février avait promis l'organisation d'ateliers nationaux. On ouvrit quelques chantiers, H on donnait 1 l'r. ôO à ceux qui venaient réclamer du travail ou du pain. M. Emile Thomas, ancien élève de l'École centrale, proposa d'organiser, avec ses camarades, les ateliers nationaux. Du 9 au 1-2 mars, il embrigadait 9.1X10 hommes, le 31, il m comptait 30.000, le 30 avril 100.000.

Le 16 juin le comité du travail reçut un recensement de 103.000 enrôlés; on en portait le chiffre à 119.000. On accusait les chefs d'exagérer les effectifs pour bénéficier de la différence.

Onze hommes composaient une escouade; cinq escouades, une brigade; quatre brigades, une lieutenance ; ipiatir lieutenances, une compagnie; chaque chef de service commandait trois compagnies el obéissait lui-même à un des quatorze chefs d'arrondissement. On organisait ainsi une armée qui était non seulement impropre au travail, mais à laquelle on ne pouvail pas en donner. Les ouvriers de métier étaient mauvais terrassiers, mais de plus il n'y avait pas de chantiers préparés. Les enrôlés étaient tantôt en activité et tantôt en disponibilité. Dans le premier ras. il- touchaient 2 francs par joui'; dans I»' second cas, 1 fr. 50. Le personnel était grossi constamment par un afflux venu des départements.

Les ouvriers qui auraient pu avoirdu travail chez des particuliers montraient des exigences impossibles. Les ateliers nationaux et a uni des instruments de grève. < »u

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