‹ Sopho, le mage de Sidon, Zénocrate: Étude sur la société précieuse d'aprèsChapitre 10 sur 12 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

BouU rimét. — VÀlmanaeh d Amour. — \a sakui de M"* do Seudéry. ^ Isarn et la pawiOB des medrinux. — Il maoqve de Munie. — Se reYanebe. — Froid tYoe H*** de Scid^. — Promenade trop aileoeiease. -» Lettre d'excuse. ^ Le lapin

E riant en vert. — Lettres tendres de Zénoerate à Sapho. *itaili sur Isam. — Le dîner de Charenton. — L'aTOcat du llu en meurt. ^ Rôle eonsidérable d*Isara dans le momie précieux. — Le UmU d'or. — AéTutation de l'opinion qui attribue cette pièce à Bonnecorso. — Deux Um» d'or. — Variante de l'édition originale.

Isarn semble avoir été un des beaux esprit les plus actifs et les plus ingénieux de la société précieuse ; il composa de nombeuses pièces de vers, et, comme nous Tavons dit, les manuscrits de Conrart en renferment évidemment une grande quantité, seulement aucune indication ne ^ent d'ordinaire permettre de constater sa paternité. Nous avons trouvé cependant deux sonnets en bouts rimes signés, et quoiqu'ils soient assez médiocres, nous les reproduisons à cause de leur originalité :

- iOO-

Bouts rimes sur de belles detits (1).

Vos deoU appaiseroîenl ramoureiue hourasqttê»

D'un amant vigoureux eomme un jeune taureau*

Laities-là le blondin et prenei le noireau.

Car ee poil en amour ne fit jamais de fratque.

Pour les aller baiser, je mareherai en barquf..

Eussent-elles mâché du laiton de poireau» ■ .

Vous me terries plus gai que n'est un tâutereau.

Elles plaisent aux gens de bonnet et de casque »

Elles tirent d*un cœnr toujours quelque (optn.

Et passent en blancheur, le plus blanc escarpin t

Elles savent dompter les mangeurs de charette.

. Pour elles, prépares la sole et le turbot :

Jamais pour les frotter, il ne faut de servietêê»

Mais elles ne sont pas pour des gens à sabot*

Le second est adressé à Conrart :

Sonnet sur des bouts rimes (2).

J*ay faict tout ee que j'ay pn pour me vaincre moi-mesme,

Conrart, je n'aime plus celte jeune beauté

Qa'oB n'accuse jamais de trop de sainteté

Et de qui la douceur rendoit mon mal extrême.

Maintenant mes amis sont les objets qoe J'aime, *

Contre l'amour aussi justement irrité, •

Après de longues nuits, je revis la clarté, .

le repnnds l'embonpoint et je nie sub plus blesme*

(OArsenal, B. !.. 151.

m B. L. 1&7, folio. 353. (Bibh de l'Arsonal).

IPI W lI g^ '»' "

■^ a'L. ^X^.^ ■! ' ^^.y i UI' .4lK^M'^-^ia3 P J I Mg^ >f W>

Si fioToquo à prétest !• tacovn dat nmif MMirt, L'Amour m bm fait pu implorer leurs douceun, G*ett pour veut foire iey de légitimes plaintes.

Oui, dans votre amitié, j'aperçois des glaçons,

Et Je dois en souffrir de mortelles atteintes.

Si tous ne m'aimei bien pour guérir mes soupçons,

Voici la lettre d*envoi :

€ Monsieur» M. de Pellisson m*i fait la réprimande aar lo peu de noin que je prenois i tous rendre met devoirs, et m*a fait appréhender justement que je perdois le peu d*estime que vous faisiez de moy. Cela m*a obligé i voas supplier de me consenrer rostre amitié. Je vous demande par ce sonet que je tous envoie, la continuation de l'honneur que tous m'avez faict jusques icy. Je vous supplie de croire qu'il n'y a rien au monde que je désire plus ardemment et que je suis, etc.

€ YsAiir.

c Paris, ce 43 d'aoust 4663.

c Je baise humblement les mains à M>i« Gonrart. a

Ce dernier ^'sonnet constate l'intimité qui existait entre Isam et Conrart, ce qui explique le soin pieux avec lequel ce dernier accueillait les moindres œuvres de Tami de Pellisson et de M"* de Scudôry.

Une des productions les plus « précieuses n d'Isam est son Almanach iamour, imprimé dans le Recueil de Sercy : nous disons i^on pa%

•^mii>mi^mmmmmmf^mm!mmfm>^mmr^mim^m''(n^

la meilleurei mais la plus bizarre assurément, telle qu*en pouvait seid imaginer un des conseillers intimes de la reine du Tendre. Nous nous bornerons à une rapide analyse de cette œuvre. Son titre exact est (1) « VAlmanach tfAmour pour l'année 1663, par le grand Ovide Cypriot, spéculateur des éphémérides des amoureuses, aux remarques duquel se verront choses merveilleuses qui arriveront cette année, dédié à Cupidon. » Il commence par ces lignes:

(1) La Reoieil Serey, proie, tome Vf, page 225, contient in itttre Aloaneeh d*Amottr qni est éTidemment TcDavre encore é'Iiarn. Celai-4a eit intitulé : Le Grand Àlmanaeh d'Amour, ïïftt ce commentaire : « Atcc un moyen trèa-néceattîre, pour icavoir en quel tempi et en quela lieux il fout semer et cultiver tonica lea choaea qui servent en Amitié et en Amenr, et dcplua ■ne Ikile méthode de guérir l'indifférence. » Voici en quoi conaisie cetie métiiode : c Si c'est une jeune personne, prenei lea 24 violona, bisques, dindes, poix, fèves nouvelles et des confllures en abondance. Ce petit médicament-là se doit donner par un beau jour agréable f t serein, en- un beau lieu et en bonne compagnie : vous verrai qu'il profitera à merveille, i N'omettons pu ff une autre petite recepte de moins «le frais surtout pour les geaa qui payent d'esprit et qui ne peuvent pas faire grande dépense: Prenei quelque stances passionnées, cinq à six petite madrigaux, autant de chanscns, le tout donné en une ou deux prises adoucira asseurément la daoDe ou demoiselle ; que ai ce temède ne sert de rien, servex-voua d'élégiea, de regrets amouvenx eu d'entrée drogues fortes qu'en ne mettra pourtant en ■sage qu'à l'extrémité, s

Le libraire termine par cetavia: c Lecteur, le libraire t'avertit qM e'esl le véritable Almanacb d'Amour, et que plusieura tepreialena en ent été lUlca qui aont pleinea do fautea ; ce que tu l e m a rq ^a i n a aisément ai t« lea eenfrentea ivee eelle^. ■

« Depuis la ndssance de Tamouri selon la >iaye supputation des anciens philotiographesi Ton compte cinq mille six cent soixante et trois

c L'on eroiroit m f«yanl l'AmMir pdal «n enfui, « Qnll est né depaii pea de la Fille de rOnde ; « Tenlefoto il eu trèt-eoniUnt • Qa'il est antti tieux q«e le monde. »

Isarn travestit ainsi les douze signes du Zodiaque : Surprise, Pâleur, Respect, Inégalité, Rêverie, Prodigalité, Langueur, Témérité, Solitude, Propreté, Inquiétude, Veilles.

Pour les mois il a inventé : Visite, Complaisance, Déclaration, Assiduité, Espérance, Tendresse, Possession, Attachement, Soupçon, Jalousie, Dépit, Indifférence. Son imagination lui a même permis de trouver un nom pour chaque jour : les quartiers de lune sont figurés par des cœurs. Suivent des prédictions « gêné- . raies » puis cette réflexion : -^

« Il n*y a point d'équinoxe en amour ; si Ton est content, les nuits sont plus courtes que les jours ; si Ton ne Test pas, elles sont plus longues. »

Nous citerons ce court chapitre : « S'ensuit le moyen très-nécessaire et très-utile pour cueillir d'Amour, n

• Vout qui supposant trop do peino I « A trouver Tboure du berger,

c Ne Toulei pes vous eagsger c Dessous la loi d*unc inhumaine, s Qui vocs Tasse après enraper; ff Si vous voules remlro sensible « Quelque sujet qui vous ait charmé, « Pourveu que dans le eœur il n'y ail rien d'imprimé ' t La réeeple en est infaillible :

• Aimes et vous serea aimé »

Nous avons dit qu'Isarn témoigna toujours une grande admiration, une ardente amitié pour M"* de Scudéry. Il avait embrassé avec ardeur les us et coutumes du pays de Tendre, et ce que nous venons de citer prouve comme il excellait à en employer le langage ; il occupait une place considérable dans le salon des samedis, dont nous devons essayer de donner ici un croquis. Personne jusqu'à présent ne Ta mieux étudié que M. Marcou, dans Tintéressant et remarquable volume qu*il a consacré à Pellisson. Nous lui emprunterons donc cette page :

« On connaît par leurs noms et par leurs visages les hôtes rassemblés autour de la mattresse du logis et de ses amis ; et M''* de Sablé, qui quittait son salon du Marais, centre et modèle de la politesse : et H"* de Rohan-Montbazon, qui venait du Luxembourg, surtout pour goûter les agréments de la conversation de Pellisson ; et IP* de Sévigné, qui aimait beau-

v««i«l^iwnHMPn«nPi

coup tP* de Soudéry ; et ces jeunes filles qui aimaient Descartes et le chantaient ; et celles qui, par leur beauté, vengeaient le samedi des épigrammes de Furetère, et d'autres qui les justifiaient trop ; et la noblesse provinciale ou parisienne, d*épée ou de robe ; et les présidents, les avocats, les beaux esprits, les d}bés, même les évéques ; et tous ces contingents de la Normandie, de la Provence, du Languedoc, recrues que l'admiration et l'amitié avaient faites à M"* de Scudéry, quand elle habitait le n&vre et Marseille, à Pellisson, quand il était à Castres ou à Toulouse.

« Les précieux commencèrent par déposer leurs noms et leurs visages, fuir leur pays et •leur temps, mourir pour renaître sur les bords de l'Euphrate et du Tibre contemporain de Cyrus et de Romulus, Pellisson devenait Acanthe et Herminius. Ainsi régénéré, on ne vivait plus que pour la prose et la poésie galante* Pellisson, assez avare de ses vers pour le public, prodigua son esprit sous toutes les formes, aux recueils particuliers, aux bibliothèques manuscrites de ses amis. On faisait et sonnets, et madrigaux, et rondeaux ; il en fit. La science des devises avait ses théories et ses lois. L'allégorie devenait tout un empire fantastique. Pellisson en dessine la carte pourFouquet« On meta-

Mm"^ii^iVMv««H»«Hwi9VPnPi9litPViirF^*pPfPifP>«lppp^

morphosait en vers, et en prose, la nature entière. L*énigme se glissait partout. Tout jeu d'esprit, fut-il insipide, si Ton ne s'en était pas encore avisé, était bon. 11 n'était pas d'aventure que l'on dut se raconter. On ne pouvait faire un voyage, même une promenade au Raincy ou à la porte Bernard sans en écrire la relation. Ces tributs littéraires devenoient un des devoirs de la vie de la société. On ne se donnait pas une corbeille sans y cacher des vers, pas un oiseau sans lui faire dire des vers, et personne, pas même Pellisson, n'avait l'esprit de tourner ces importantes affaires comme M"* de Scudéry, qui, après tout, a dit Boileau, valait mieux que les autres. Elle reçut toute sa vie des cadeaux, et sa muse a consciencieusement versifié sa reconnaissance, dont Conrart fut l'archiviste et le cais* sier.

« L'affectation n'était pas seulement dans la parole : l'aiguille des précieuses habillait l'antiquité Comme leur plume ; elles brodaient des allégories grecques et ajoutait des symboles galants et Pellisson racontait ses travaux. On faisait trophée de tout au samedi : les sentiments même les plus naturels prenaient une tournure d'enjouement et de bel air et se faisaient artificiels. Il fut de mode de faire peindre 868 amis. PelliaiBon était sans rival dans l'inven-

tion de mille surprises nouvellesi de « malices innocentes et ingénieuses pour se diTertir et divertir les aimables personnes avec q[ui il était d'ordinaire. »

La relation de la fameuse Journée des Madrigaux donne du reste une idée parfieitement exacte de ces divertissements, de ces habitudes qui ont attaché à la société précieuse un caractère tout particulier. Isarn en était sans contredit un des principaux ornements, assurément un des membres les plus actifs. Le récit de Conrart nous en fournit des preuves certaines. Le 20 décembre 1653, — un samedi, — il y avait chez Sapho: Conrart-Théodamas, H"* Aragonais-Philoxène, Pellisson-Àcante, Doneville- Méliante, M** d*Alègre-Télamire, Sarrazin-.

Polyandre, Isam-Trasyle « qui avoit oublié ses constantes amours et ses longs voyages, ce qui, lyoute Conrart, est dit par ironie, et à cause qu'on luy fait la guerre de son inconstance, et qu'on luy a fait rompre plusieurs fois le. dessein d'un voyage qu'il, vouloit faire en Angleterre. » Chacun fit des madrigaux et il parait même que l'influence s'en étendit si loin, que la plupart des valets en commirent ce jour-là. Isarn seul ne paraît pas avoir été inspiré,' car, il répondit, quand vint son tour « quoique pressé par les damés » : .

le peurrolt bieo faire miu peine Qttelqve fort netebaBl madrigalt Hait pour ne le point faire ma!.

Je Yeax un délay de quinaaine.

M Ea môme temps il protesta hautement qa*on ne le surprendroit plus et .qu*U ne luy airiTeroit plus de marcher sans des impromptus dans sa poche. » Hais il se réhabilita le samedi suivant : d'abord par ces stances à Sapho i ,

Sapho, Je eouffre vn grand martyre»

Je ne içay pourquoy Je loupire,

Peut-eitre que je luia jaloux.

Yee ttliiitrea amia ont foit naittre ma peine L'édat de leur Yorta net mon âme à la geene,

Et pourtant je Ici ayme loua,

Qmo la gloire aoll leur partage»

Que le peuple le plua lauTageb

Admire ce qu*ila ont eserit« Qn'«l bout de runitera leur aon le faue entendre. Maie qu'Ile panent ehemln lana s'arrealer A Tendra^

Car j'eBragereia de dépit.

Maie quoy, je aula bien téméraire»

Ile nvent le eecret de plaire»

lia pourroient me faire leçon.

On en voit peu comme eux dana le liècle où noua aommea, ym$ lea derea ayowr» ce aont loua de grande bommee»

Hei je ne ania qu'un bon gaicon*

Mteejuat&DO I leur mérite»

Ma pari doit eatre plue petite»

Kaia ee l'oet paa en amitié;

FtllM MNI Sipko, car vwt povvM tout ftlra,

YMilkat OM iMArir >tf pitié (1).

HélM I il mM rctpeet eneora

EUott iMifferl de Ciéodort (S),

Riea n'ogillcroit mmi bonbînir.

Dt UqIm lit tertusy e*til le pirfiiit modèle» Bt ifeaMiot, diu cet Tert, j'oee tous perler i*eUi ;

Je M ifey qoey trâuble mea ceBW*

Le redouiable Donlîse (3),

Encore qu'elle roe méprise

Soroil reyne si j*esleit roy.

8e fierté me revit et son cœar héroïque ; Meie plaise aux immortels que n sœur AngéliquOt

Soit plus charitable pour moy.

Enfla certaine ardeiy me presw

De pesser à Tendre et Tendresse»

Mais pettt*estre eumy que J*ai tort, Amys, la tanité aoos porte jusqu'aux nues Et souvent pour chercher des terrée inconnues

On n'arrive pu en port.

Cette fois Isam avait bien réellement rempli ses poches d'impromptus et il avait laborieusement employé sa quinzaine de manière à faire la paix avec les précieuses du samedi.

n dit à M** Aragonais : ~

Faire dee madrigaux jusqu'à vingt d'une haleine, Lee (hlre bien, sur le champ et sans peine,

Certes, je le dy tout de bon.

On ne le pont, divine Philoxène.

Sans avoir en poche un démon.

(1) Evidemment H-* Aragonoie et sa fille M"* d'Alègre.

(2) U^ Legendre.

(3) W^ Robineen.

- iiu -

Cet geat 1001 dangereux, ebastei-let, je TOtti prie. Et D'eniemiei point raillerie ; Car enfln Traysemblablement

Ht icavent que ramour eit ebarme in6vilable ; Se leroient-ils donnés au diable Peur faire dea vert aeniementT

A Ur d'Aldgre :

Ces grands esprits que Ton admire Faisâent des madrigaux sans fin.

Moy, Je regardoia Télamire :

Qui do noua estait le plus fin T

VP* de Scudéry prit, séance tenante, la plume et elle répondit prestement aux stances que nous Tenons de transcrire :

Si TOUS parlex sérieusement,

Il (but publier bautement

Qu'on mesdit au tems où noua aommea

D'une fort terrible façon.

Car enfin un de ces grands bommes.

Dont vous toulea prendre leçon

Vient de dire sans raillerie

Qu'en matière de Tora et de galanterie

Yeos êtea na maunia Gaseon.

Ces vers feraient croire qu*à ce moment il s'était formé un lïuage entre H*^* de Scudéry et Isam. D'après la Gazette de Tendre^ l'aventure du bain de Vincennes avait passablement indisposé Sapho. Au chapitre de la ville de Respect^ nous lisons :

« Il a passé ces jours passés un aymable estranger appelé Trasyle qui avoit fait une belle diligence depuis qu'il estait party d'Oubit, et il avoit esté un jour que s*estant trouvé un peu las, il a voullu aller prendre la rivière ; mais il ne 8*est point trouvé de bateaux; on assure qu'après s'être reposé deux ou trois heuresi il a entrepris d'aller à la nage jusques à Teticb^e. Diverses personnes l'ont voulu dissuader de ce dessein ; mais il a répondu qu'il est accoustumé d'avoir des aventures galantes dans les rivières, et qu'il en a eu une si favorable dans la Seine, qu'elle luy fait espérer que son dessein réussira. Mais quelques bergers qui gardoient leurs troupeaux, le long du fleuve, disent que Trasile, en nageant, a rencontré des dames qui se baignoient, avec qui il s'est arresté, de sorte qu'on ne sçait pas encore bien s'il poursuivra son dessein et si la beauté de quelqu'une de ces dames ne mettra point dans son cœur de quoy l'empescher d'estre reçu à Tendre. » —

Conrart ajoute en note, au sujet du séjour fait à Oubli: « C'est qu'en une promenade qu'il fit à Raincy, avec M"* de Scudéry, il fut languissant et lîiélancolique, de sorte qu'ils ne se parlèrent point. "*» Est-ce à ce propos qu'Isam écrivit cette lettre, que nous hésitons cependant à donner, précisément à l'occasion de cette petite

broulllOi parce que le nom de Sapho devrait ètrç employé, à la place de celui de Sylviç :

Mai>bhoisbllb(4).

J*ay appris avec un déplaisir oxtrôme lo mépris que TOUS témoignei do mes senrices, et je présumais asses de votre esprit et de la bonté de votre naturel, pour n*apprehender pas ce que je craignois de plus.' En eiïet« que pourrois-jei craindre apr6s Taccueil favo^ablei de ip.a personne et do mes leUros ? Vous n'estes pas de celles qui se laissent esbipuir aux premières clartés et qui ne se désabusent point qu'avec le temps ? Vous connaissez en un moment toutes choses et dii premier coup d'œil vous ayez leu et pénétré dans mon cœur ; et je sçay trop bien que vous n'avez pas oublié ce que vous y avez veu, et toutes mes actions n'ont fait que vous confirmer dans la môme pensée. Serezvons donc assez injurieuse à vous-mesme pour trahir ou désavouer vos premiers sentiments ?ou serez-vous asses injuste en mon endroit pour adjouter plus de fey i quelque rayon/i malicieux qu'i la sincérité de mes actions 7. Non, sans doute, les mesmes lumières qui ont déco^yert Iç, seijret de mon âme, dissiperont les omjl^rages dont on a voulu m'enveloppor auprès de veus, et vous serez i la fin persuadée que comme vous ^tes la pliu adorable, je suis aussi le plu^. pasr

(1) JliblitllièqM SaùiMkiitvièvs, B. L. T, UMU, a.

m^Fmmmmmimi^mmmimmmfmmitmmmmmfmmpmm

tioniié pour tous et le moins digne de votre haine et de Tos mépris.

Vous Toyei que je vous eseris asseï en désordfe» et que le trouble de mon esprit passe jasquos dans mes oarrages. Mais qnepouTei attendre» belle Sylrie» d'one personne qui seroit asses malhenrense pour esire dans votre disgrâce T

Ma rniÊU ttt ett déioirdie, elle ne icait que dira»

Mon eœur qui writ et jeor leupire, Ifs peat plue rMtter I leii eniel tearaeai ;

Hait almperte» belle SyWi*»

n a'eit que trop beuraux piaiiqa'il ne peid Is fie.

Que pour tout seulement

Redoubles dane TOUra bahie»

Augmeniei nuit et Jour ma peina ;

Enfla malgré TOttra eourrani

Je languit et je meure pour tous».

Lei derniers soupirs de ma tis

Seront poor la belle Sylvie ;

Non, TOUS ne Tempeseberei pas.

Dans ma vie et dans mon trépu

Vous saves qu'un exeès de flûno

Consomme nuit et jour mon àme ;

Vous eonnaitrei que ma longueur

Sera plus grande que tee rigueurs

Rt que mon feu ne doit pas eraindra

Que vos glaces puissent rételadn.

€ Mais après tons les emportements qn» la poésie ou ma disgrâce me peuvent inspirait, . je puis vous assurer que la pereonne du monde la plus insensible

murmurerait de cette injuste procédé. Je vous parie sincèrement et vous prie d'estre persuadée que je n'ay jamais esté indigne* dé vostre amitié; je n'ay jamais mérité de la perdfè, et que votre' conscience vous

reprocher» ce mauvais traitement. J'espère pour lors me rétablir plus que jamais dans tos bonnes gricos.

El comme Ton voit qu'un orag« Couvre tout d*un funeste ombrage»

Que le soleil dedans iea ctcux Dérobe ses Teux à nos yeux Que les Dieux avec leur tonnerre Répandent Teffroy sur la lerre El que Ton ne voit icy bas Que des images de trépas. •

liais aussi eel orage |)asse

On voit enfin la bonare, '

Lo soleil reprfml se» clan»*a.

Le mondo reprend tes heaulés,

On voit que le ciel se désarme,

On volt qu'il rit el qn*il nous diarme

Et que ses reganU amoureux ,

Ne promctlrnl qu*on sort heureux*

La nature libre de crainte

Ne pousM plus aucune plainte

Et ne veut produire A ion tour

Que jeux, que plaisir et qu*Amottr.

Ainsy, trop ai;i<at)le Sylvie, L'excès de votre tyrannlo A troublé la sérénité Et le calme tant souhaité.

Dans lequel je voyois mon Ame :

Malgré les ariieurs do ma flamme Je aentoii que mes passions Causoient mille agitations.

Mille soucis et mille craintes, Me feaoient pousser mille plaintes ; Accablé d'un cruel tourmt:iit Je descendois un monument, Lorsqu'Amour, ce Dieu dé mon àmoi Ce Dieu des langueurs et des flauuMs Ne voulant plus est m inhuoiain Mo tendit A la Un la main.

,^„ L ^ ^ *-y- «" •' f*r- : ! ' ".'*<-^ ' t '* , ?pw|gw ' ' iiJM i kS t . t tsmmmmftmimt

Il nt prototia qiM SjMê Auroit plot de Min de ou Tie»

Qu'aprà une eitréne rigueur Bile adeMirtit na laaguevr.

Nais ae pe«l-41 que la eruelle VfviUa qae je rixû peur elle T Quoiqu'il eu sait de Titre et de mourir, Je veux vivre et OMurir eu aderant tes ehanuei. liait flMurront, car a*eftt trop louffrir Que vivre parmi cet allannea t

Page 1