Y8AU1I
Toujours est-il que la brouille dura peu. La Gazette contient en effet, immédiatement après le titre Respect^ que nous avons cité, celui-d daté de Soumission :
« On assure icy que Tinconstant Trasile, qui s*estoit brouillé avec Sapho a fait sa paix avec elle en lui envoyant un lapin qui parle, non seulement mieux qu'un perroquet, mais qui parle comme un livre, 'et comme un agréable livre.
On a pourtant bien de la peine à croire ce prodige, car Trasile n'a pas la mine d*ùn magicien (1). »
Et Conrart ajoute en note :
M C'est que le lendemain de cette promenade mélancolique, il luy envoya un lapin privé qu'il
<i) « G*ett que Traaiie est très-bien tui et de bonac mine; « ce que ne sont paa ordinairement les magiciens, i (Note de Conrart),
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fégnit estre un autre lapin qui avait passé devant leur carrosse,, dans la. forest de Ovryi avec des vers fort jolis où il faisait parier le lapin. » Nous placerons ioy deux lettres d- Isam, dont Tune renferme l'expression de sentimenls très tendres pour M'^ de. Scudéry : l^, réponses y sont jointes dans lès papiers de Conrart. Toutes ces pièces sont copiées de sa main.
BiUèi de Zénœratei
Cl Jè^TOOs leavûielûs billaU de* ehansoiia^ qo/^TOOSi m*aves demandé et que vous trouvorosassarémenliori jolUi mais.qm vouaplairam encoredavanuge», quand vons^sances tonlJo-particoUer^de nostrQ petite société. Je ne vous diray rien de leur autenr, eomme j'ay la mesme. tendresse pourlûy que pour moy-mesme, j'affecteray la même modestie qu'il auroit ; s'il ' estoit obligé de parler de lay. Aussy bien le connaisses-vous déjl asses pour en faire un jngementavantageuret qui réponde i tout ce- que je vous* en ai dit' Mais i pro^ pos» puisque je suis si ponctuel, mon exemple devroit; TOUS engager i m'envoyer 1a bilieiiq^ voosf letanesi car usfn^om bien^ MadaaHH. que ;noMir avon?» une piaâle 'justice) pfimigrinaiifielnqne j0 tyoaspfavaj^eout* damner tout du long si vous n'y prenei garde.
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lit flftit ponir l'Mtrt Jo«r Draxgtrvôafqv'on trtan eMpdbliSy El pWTm mbénblat FéiÏmI ÊÊtkÊÈÊèà Dtr rAsMvr*
Pour les dîmes quand elles oai Uilly, on les tniia aossyd^uoe estrsnge bçoa et une jeune préddeote avee ses eonseîilers, dont le momdro i^ la bariie jusqu'à la ceintoro, iait régner la jnstiee Di^ sait eûuunent*
QsaDd nas daint par eapries Veut Dure usa horriUa ii^**^ Oa a*aflUga eraelitmaat.
Paar mater n rigoeor «alrèma, Ua da aous pirt impaaéBMBl Laj 4ir0 ûk foto: la vaas a^M, G'att alaal qua Taa la pvait :
Gardai biea la billat qaa voat m^avai aicril Et raa aoaa Iraitara da
Répanse.
La belle lettre de^ vostre amy et votr^ admirable billet me donnent un chagriç estrange et u^e passion que je n'avais pas' encore sentie et que vous anres peine à deriner. Vous eroyei sans doute, que o'est. la joye d'avoir lu tant de jolies eboses,. et les ^lans de nostre campagne feroient un jugement plus, criminel s'ils trouvoient ce billet. C'est pourquoy je me bite de TOUS dire que c'est l'Enyie. qui me crève les yeux^ eiquoyiqa'oaayt voulu assurée qu'ellonepsmt naistr^
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ontro dos personnes fort inégales, j'oxprime bien lo contrairo à mon grand regret.
Ouy, le dépit de vous Yoir ni polis Ne cmiM une douleur Amère, Dont le terrible earaelère A Mr mon front ioiprimé mille pli».
Vous croyez bien que cet accident n'est pas agréable
i une dame mais je sens qne je vous dirois cent
folies, à quoy mon humeur est très-disposée aujourd'huy, ctk vous donner ce billet que vous souhaitez plutAt que de me soumettre h la rigueur do la justice dont vous me menacez. Je me rendray dans une heureà un quart de lieue d'icy, dans lo dessein d'employer le reste do la journée h la promenade.
Biilei de Zénocraie.
Enfin après avoir bien consulté mes sentiments depuis avant hier au soir, me voilà déterminé, et je m'en vais avoir désormais pour vous lo plus grand empressement, la plus ardente aiïection et la plus parfaite amitié dont on ait jamais ouy parler.
Tout de bon ce commencement, Madame, ne vous a-t-ii pas fait quelque peine ? Cette consultation de sentiments, cet empressement, cette ardente aiïection qui remplissent les premières lignes de ce billet ; tout eela, dis-je, ne semblail-il pas mener la période à quelque fin bien tragique» et n'avez-vous pas craint que co gros mot d'amour y trouverait enfin sa place ?
i^s^aar^ iw g wj ' WiwnT * m m " mmt** v ^» m i i i v mj rrr^aKafBm si^i-iaMmu pfn
En vérité je norois bion aiso do vous avoir fait peur pour vous dira à eotto houro bion doucement et bien paisiblement que l'amitié que j'ai pour vous ne finira jamais ; qu'elle sera toujours grande, respectueuse et sincàro, mais do grâce n'aHei pas m'engagor à aymer tout seul et à porter toute ceuogrando cliarge. Puisque cette sorte de fardeau est agréable, portez-en du moins un petit coin pour no pas rebuter entiùromont. Ce n'est pas que je n'aye le cœur assez grand pour l'entreprendre sans vostro ayde, et puisque j'aurois bien eu l'Ame assez forte et assez liardie pour aymcr d'une autre manière, sans oser espérer vostre secours, ni vostre pitié, je pourrois bien m'engager maintenant sans vous demander vostre assistance. Cependant comme l'amitié no se ^aye que par elle-mcsme et qu'on n'en sauroit goûter toute la douceur qu'elle no soit réciproque, je pense qu'il faudra résoudre à en avoir un peu pour moi. Je m'imagine mesmo qu'il seroit h propos que vous prissiez la peine d'en avoir autant que j'en auray, et que ce seroit une chose agréable que nous fissions h qui en aura davantage. Si vous trouvez bon do traiter do cette sorte, nous contesterions d'une assez plaisante manière,, et pour eu donner un essay et vous montrer par avance le chemin, je m'en vais vous faire à l'instant mesme un doffy d'amitié qui me parait une chose assez nouvelle.
Çk, je nîs donc vout kjmtr,
Je sens déjà pour ^ous une amitié sincère ;
Les tendres sentiments d'un frère
Par mille doux transports TienaoBt de m'eafiaouMr.
^^mr^^^mw^^rmmtfirmm^mmr'mm^fmmw^mm^
Moa imitié croutra de jour.
Si J*«a croif metme mon eoongé
Comte Je lo eonaàT Mi ngo
lo powny le condoiro k dou doigU do l'âiiioiir.
Baflii, Madame, je crains bien que je Yonsvaincray tonjonn et qoe lorsque je penseray à la grandenr de Tostre esprit» sans compter jii réclat» ni la grandenr qoi Yoos environnent» qui sont des choses qui éblonissent» et qne l'on ne met pas en ligne de compte en maâère d'amitié» j'anray tonjoors mille fois plus de tendresse pour tous que tous ne deves en avoir pour moy. Cependant je vous en demande un peu» et je^ vous proteste que j*en auray une si grande et si véritable que rien ne Tégalera.
ApoêêUU. — Si vous trouves que le mot A'enflam' mer qui iait la rime du quatrième vers soit trop fort, vous pourres y mettre celuy d'ontmer. Voilà un vrai sempnle d'amitié. Voyei un peu si je suis exact et régulier, puisque cela me chargeait la cons-
Répanse.
Vous voules sans doute surprendre les gens. Vous esta demeuré 40 heures à vous déterminer» et vous Toulei que je vous die tout à l'heure si je puis aller aussi loin que vous dans la belle route que vous vous ptopooeaT GooMma la paya voua esi déjà cobéu, la
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paitia M inuirittMM 4grfe, oe me «lemble. Je oroy oéuuMioi me dégager hononMemeai de nestre iniié, ei j'enmpiens de voiu «tutra-qnoique d'an peu loiii« 41 qnojque je m'enesie & quelques etadeede la firoBiièiii dont tous eioyei yoos rapprocher si fon. Ce sera de ce r^osoir qoe jeconsidkteray les sentiments de la personne de qui nous parlâmes hier an soir, afin de rdgler les miens sur on si illustre exemple. Adieu.
Noue regrettons de ne trouver dans iee mé* moires du temps que quelques détails bien rares sur la yie d'Isam. Nous savons cependant qu*il était mal avec Poliandre-Sarrazin, car en 1656, celui-ci ayant composé une espèce de Mazarinade sous le titre de la « Deffaite des bouts rimes, » il voulut la tenir cachée, mais Pellisson et Isam 8*en procurèrent une copie et la firent imprimer à Tinsu de Tauteur et eurent le soin malin d'aposter des gens pour le crier devant sa porte. ^
Une lettre de Scarron, adressée le 20 août 4660 au maréchal d'Albret, raconte une plai* santé aventure à laquelle Isam est mêlé; le morceau est joli et asses peu connu pour trouver place ici :
« Vous SQaurez qu'à Charenton, le lendenudn de» dimandies et dee festes, on ne trouve rien
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à manger, et moins de pain frais que de toute autre chose. Ce fut un lundy que Fimpôtueux Rincy, le fôcond Pellisson, la sans pareille Scudéry et la discrète Bocquel, à dix heures et demie du malin, envoyèrent dire au beau Izar, qui depuis huit jours prenoit Fair frais & Charenton, qu'ils alloient disner avec luy et qu'il ne se mit en peine que d'un bon potage du dessert, parce qu'ils porteroient les viandes du rôtisseur. Izar et un avocat du conseil, nommô du Mas, qui lui tenoit compagnie à la campagne, se mettent en devoir de bien recevoir une si grosse troupe d'illustres, car on n'en voit pas tous les jours quatre ensemble. On rehausse le potage de trois poulets et do quantité do pois verds, et pendant qu'un honune de cheval va quérir des fraises à Bagnolet, on fait travailler en tartes et en g&teaux les plus renommés p&tissiers de Charenton. On met le couvert dans le jardin et on couvre de fleurs nouvelles la nappe et les serviettes qui sentoient fort la lavande. La fine crème des beaux esprits arrive. Rincy descend de caresse. Dans la cuisine, n'est pas * content du potage ni des diligences qu'Izar et du Mas avoient faites, et en parle avec tant de colère et d'autorité, que dès 1& du Mas commença de le respecter et de le craindre. Qui vouloit laver ses mains les lava et on se mit à
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table. Rincy^ méprisant la soupe du village, entame un pain, le trouve dur et trop rassis, en fronde un abricotier voisin et le rend inhabile'à porter firuit, lui brisant ses plus grosses branches. Il entame un second pain qu'il trouve aussi peu frais que le premier, et de la mesme vigueur et promptitude il en fronde un autro arbre. Enfin do six ou sept pains qu*il trouva durs, il estropia autant d*arbres fruitiers, au grand déplaisir do Thôtesse qui accourut à la désolation de son jardin et fit de grandes clameurs. Rincy ne s*en émut pas. Il protesta que personne ne mangeroit qu*il n*ait de pain tendre. On courut partout où Ton cuisoit et Ton trouva des pains sortant du four que Ton servit à Rincy, et qui se trouva si chaud et si fumant, qu*il alla ramasser entre les branches brisées le pain qu'il avoit rebuté et qui étoit encore plus mangeable que du pain qui brûloit les lèvres. Les brusques manières d'agir et de parler du brave Rincy surprirent fort l'avocat du ^as, et son air impérieux ne Teffraya pas moins. Depuis ce temps-là il a toujours eu le Rincy dans son imagination. Il n'a point dormi sans des songes turbulens et ses songes n'ont point été sans le Rincy. Enfin la peur que lui fit le Rincy lui donna la fièvre. La fièvre l'a emporté en moins de quinze jours ; il est mort furieux, parlant
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incessamment de Rincy (1). Izar heureusement prit la chose avec plus de calme et ne parolt même pas avoir été indiposé à la suite de cet orageux dtner. »
Cette lettre constate l'importance de la situation dlsarn dans la société précieuse. Les auteurs contemporains s'accordent du reste assex unanimement à le reconnaître. Ménage, dans son Dictionnaire des Eiymoiogies (1694), dit: ic II y a à Castres une famille du nom d'Isam, qui se prononce Izar, dont était M. Isam, auteur de Louis (For et de plusieurs compositions ingénieuses. » Dans les Pompes
funèbres de M. Scarron (1660), nous trouvons : « Issam, autheur de la Pisioie dor entre l'habile Cassagne et l'ingénieux Perrault, m dans le cortége des auteurs démasqués. Il devait cette faveur à l'amitié de M*** de Scudéry, qui faisait réellement alors les réputations littéraires.
Nous n'avons pas encore parlé do l'œuvre capitale d'Isam, de la seule même qui le puisse recommander sérieusement au point de vue littéraire, de son Louis dor. C'est une pièce en vers et en prose qui depuis a souvent étéimitée : o^est l'histoire d'une pièce d'or qui raconte ses aventures depuis le jour où on la tira de la mine.
(1) tknfièns mwm éê 8€»fn, 1730, toiM 1, p. 73*
Elle avait vu beaucoup de choses dans ses nom* breuses métamorphoses et chacune d'elles lui inspire un récit asses galamment tourné :
« Je fus« ditrolle, tantôt bague, tantôt montre, tantôt chaîne, mais sur toutes choses je devins un des plus jolis cachets du monde (1) je portois la flgure d*un petit Amour qui au lieu d'avoir son bandeau sur les yeux, Tavait sur la bouche, et qui, marchant comme à la dérobée et fort doucement, tenoit une de ses mains devant son flambeau pour en cacher la clarté. Ces cinq paroles étpient écrites au tour ; Ni le bruit ni F éclat. » Cette agréable fantaisie est dédiée à M"* de Scudéry; elle parut pour la première fois en 1660, diez l'éditeur de Sercy, sous le titre de « £a Pistole parlante ou la métamorphose du louis d'or. » Elle fut réimprimée dès 1661 dans le Recueil de la Monneraye, et le titre du Louis dor adepuis prévalu (2) . On en a contesté la paternité à Isarn, et dans son excellente édition de Taillemant des Réaux, M. Paulin Paris dit : « On lui attribue le Louis (For dédié à M*^* de Scudéry, mais à moins
(1) AUusioo au cachet de cristal monté en or que Conrart donna è une des damei da lamedi et inr leqael oa fit bien daa vera.
(2) Le Louis d^or aYce la lettre de M^ de Scndéry adreaiée à l'auteur pour le remercier, a été aaiei touveat réîmpriflié ; ea denier lieu, erejOM-noui, dana le RscusU tfe JT^ tfe to 8uu*
qa^il n*Y ait deux pièces du môme nom, c'est à Bonnecorse auquel il faut le rendre, comme le prouve une lettre du marquis de Termes à Bussy-Rabutin, du 7 février 1686 : « Bonnecorse qui a fait autre fois Louis dor que vous avez trouvé joly, fasché de s'estre trouvé dans les satyres de Boileau, en a composé une contre luy qu'il intitula le Lutrùigot. » Mais précisément il existe deux ouvrages portant le même titre : Tun est le Louis (For d'Isarn, plus exactement la .P^i/o/tf/yar/an^tf; l'autre évidemment de Bonnecorse (1) est le Louis (For politique et
L'édîliMi originale coDtient deux nriantei que noui noterone à liCie de cvrioiilé, A propos det anourellea niit codcImIoiii la pièee AbII par cet ven :
Ce n'est qu'un pitoyable jeu
Et tout se passe en bagatelle.
Dana le texte de 1660 : ,
On pourrait se taoler que ce jen
No scauroU valoir la cbandelle
El tout se passe en bagatelle.
naaa la réponse de M*** de Scndéry, on lit en pins «es Irera à InSn:
Mais pour ee Louis d*or que j*aural de vous»
U trouve que son sort est agréable et doux De n*eatre ploa sujet de l'agréable fortune : Par une grftee peu commune, U ne endnt plus le temps, la rigueur, ni TeUbrl Car puisque nostre esprit rend sa gloire immortelle
n se moeque du sort, Et n'apprébende plus la toucbe et la conpèle.
(1) Ballbasar de Bonnecorse, marseillala, consul au Caire, ■oii en 1706. U a eempoeé la MwnXn d'or, publiée par M*** de Scndèry en 1666; une suite de asadrigaux sous les Uties de la Mto H k JfîMr (1671) ; le lulr^i^ (1666).
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gatant, publié en deux lettres à Colognet chèi Uarteau, en 1695, mais dont il existait probablement une édition antérieure ou au mbina des copies manuscritesi suivant Tusage du temps.
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