Il ■■ ■ ■ M, »■>»■ i.ir
- SI -
reste ira comme il plaira h la Fortane. J'aarois bien encore qaeIqa*aatro chose à vous dire» mais il se semble que je ne dois pas esire infidèle k Don Luix, et que je ne dois vous parler que de luy. Il me semble mesme qu'en luy parlant, je parle k vous et que vous me devez savoir gré de tout ce que je dis à son avantage. C'est pourquoy je no vous dirai plus rien, si ce n'est que je suis au désespoir de m'ostre trom* pée, car on commençant ma lettre, je vous ay dit que je croiois que j'auray plus d'esprit qu'à l'ordinaire, et à la fin, je trouve que je n'ay que de la jalousie, et que le nom de may qui donne eiïectivement de la joye et de l'esprit, ne m'a donné que de la douleur et de ce qui suit ordinairement l'amour. Je dis ordinairement, parce que en ce moment la jalousie va toute seule dans mon cœur, et je ne say pas si elle sera suivie de quelqu'autre chose, mais présentement, je ne sens rien qu'elle, je vous en assure. C'est même une jalousie si modeste qu'on en fait tout ce qu'on veut, et qui no ressemble point du tout & celle qu'on repré* sente comme une furio. Je la portay il y a quelques jours au Louvre, o& je fus voir le ballet qu'elle me laissa regarder fort paisiblement. Je la menay aussi hier au cours, où elle me laissa en repos, et je m'en Vais la porter chez M"« Robineau, où je ne say comment elle me traitera. Mais encore une fois c'est une fort douce jalousie, et j'ai veu des gens à qui l'espérance donnait plus do peine qu'elle ne m'en donne, quoique l'espérance ait une fort bonne réputation, et que la jalousie Tayt fort mauvaise.
Auire répome à une UUre du Mage du
19 avril.
MeinM jour»
Comme j'allais fermer ma leUro, notre très-cher Théodamas m'a envoyé la meilleure description de vostre fontaine galante qae je suis persuadée qu'on ne peut lire, sans sentir du moins envie de pouvoir vous louer aussi galamment que vous louez les autres. Mais le mal est qu'il n'est pas aussy facile de le faire que de le souhaiter. Contentes-vous donc de ce que je puis et pour vous estre loué dignement, reprenez de moi toutes les louanges que vous m'avez données sous divers noms. Mais après les avoir reçues plus légitimement que moy, souffrez que je vous die que je voudrois bien vous avoir veu sautant, un cœur à la main. Je vous assure que je n'aurois pas troublé l'eau de la fontaine de peur d'effacer une si galante image, An reste je suis persuadée que si vous eussiez bien attentivement regardé le cœur que vous teniez à la main, vous eussiez connu que ce n'estoit pas le vostre,car je croy que vous ne savef pas trop bien où il est el que depuis le premier jour où vous le perdûtes, il n'est guerre retourné entre vos mains. Ainsi, je crois certainement que ce cœur que vous tenez, estoit quelque cœur dérobé, je ne say mesme si ce ne seroit point celui de scette prétendue Isabelle. Il est vray que
mÊÊÊÊÊÊÊÊmmiÊmÊmmm mu mmnt i ■ . i mn w gijf j « t : fj ' . ' . r. ' L j ? L ? i{
ce ii*08t point un cœnr aossy illustre pour on faire une si grande vanité» ot pour lo montrer arec tant de joyo. Quoiqu'il en soit, je vous dis encore une fois que co n'estait point lo yostre. Du moins say-je bien que je no le chereherois point chez vous, si j'en avois aiïairo» et je ne say mesme si je le chereherois parmyje ne say combien que j'en ay en un petit lieu de réserve, où je ne mets que les cœurs galants. Il est vray que le vostre a tellement la réputation d'estre un petit galant inquiet qui ne peut nulle part durer quo je ne say si je l'y trouverois, quoique je l'y ai vu autrefois, car ce petit nombre de cœurs galants que je mets i part et que JQ garde si soigneusement, sont certains cœurs tendres et paresseux qui ayment h ne point changer de mains. Mais pour en revenir à vostre admirable fontaine, je puis vous assurer que quand elle seroil au milieu de la place Royale, et que toute nostre cour iroit s'y regarder, l'image de nosire précieuse marquise s'y verroit presque toute seule et que nous n'y verrions pas un blondin, tant Ia..galanterie est rare. Ils ne la connoissent pas seulement en autruy« et si j 'avois à souhaiter une nouvelle fontaine, je voudrois qu'il y en eustune qui eust cette vertu de purger l'esprit de ceux qui en boiroient de tout ce qui s'oppose à l'air galant ; et si cela estoit, il faudroit que tous les médecins n'envoyassent plus leurs malades ni a Bourbon ni i Forges, afin qu'ils guérissent plutost les maux de Tesprit que les maux du corps, car en vérité il y a encore plus de gens grossiers, brutaux et stupides, qu'il n'y a de fébricitans, de pulmoniquest
- aide goattoux et de maladies au monde. Et en mon parculieri j'ordonnerois de ces eaux i bien des gens qui gastent la cour et k bien des belles qui déshonorent leur sexe et le mestier dont elles se meslent. Peutestre que si vous cherchez bien parmi tos montagnes de la haute Provence, vous trouvères quelque source qui aura cette vertu merveilleuse ; si cela est, faitesmoi la faveur de m'envoyer quelques bouteilles do cette eau, mais il ne les faut pas petites comme colles
où Ton met de Teau de fleurs d'oranger, car
Mais en attendant, faites-moi la grâce de croire que si vous pouviez voir mon cœur, tous vous y verriez encore mieux qu'à la fontaine galante : il a mesme cette qualité commune avec elle, que ceux qui n'on( rien galant, ne s'y voyent jamais, de quelque costé qu'ils le regardent.
Nous ne parlerons pas davantage des relations de M"* de Scudéry et de Godeau. Il parait même que Tintimitô se refroidit assez rapidement, sans que nous sachions les causes d'un changement sur lequel il n*y a pas de doutes à conserver t car le 27 septembre 1659, Y « Ermite mitrée » écrit à BP* de Rambouillet un passage peu bienveillant pour Tincomparable Sapho. <c Je regrette de voir la griffonneuse Sapho, possédée elle-même de cette humeur de dispute, rompre avec deux vieux amis les moins griffomiants que Ton connoisse. »