CHAPITRE III
Le royaume de Tendre. * Son goaTemement. -« Sa digni* lairot. -• Ordonnance de la reine» — Le grand décroteur» .— Slro|»hcs inédites. — L'ancienne ville* — RiTalité des anciens et des nouTcaux amis. — Révolution. — Sapho devenue reine constilotionnelle. — . Relation inéitite de cet événement par elle-même. — Son discours. — Croquis d*«n samedi. — Petit voyage à Tendre. — Vers d'Agélaste à Acante. — Claudine i Sapho. — Lettres de raimable Mérigène. ^ M. de Rainey* — Les ftiuveltes du bois de Garislatis»
La publicalion de la Journée des Bladrigaux . et de la Gazette de Tendre a été accueillie avec .faveur et elle a paru particulièrement intéressante pour la connaissance de la société française au zvn* siècle. Nous croyons compléter ce tableau en présentant aux lettrés deux pièces également curieuses et qui montreront combien était précaire la royauté de M"* de Scudéry, combien surtout elle était exposée à la jalousie, ou pour mieux dire à Tesprit révolutionnaire.
M"* de Scudéry, ou plutôt Sapho, avait fondé le royaume de Tendre dont elle avait été reconnue reine et souveraine absolue ; elle avait ses ministres, son chancelier qui était Pellisson, son secrétaire du commandement qui était Conrart, un Sénat, ses grands-officiers, sa
gazelle, sa carte, son règlement. Elle rendait ses ordonnances ei noos en a^nns relnni^é une qui doit troofer place ici ; elle est d'anlant plus inliiessante qu'elle concerne prédsément Isam, rcTèlu alors de la charge de Grand-Décroteur du Itoyanme. Ce document indique en outre quelques-uns des usages de ce pays fictif, notamment ToUigalion, pour les fonclionnaires de demander des congés, quand ils avaient à s*absenter, ce qui arrivait souvent à Isam. Knfin il donne la date exacte où iS^ de Scudéry fonda sa souveraineté, 1654, puisque celle ordonnance, datée du « mois des roses, . »
1656 ; est de la seconde année de son règne.
Sapho, reine de Tendre, princesse d'Estime, dame de Reeonnaissaiice, Inclination et Terres adjacentes, a toos présens et k venir, lalat. Nostre cher et bien aime Trasyle, noos a fait remonstrer qu'il poorroit astie mis an rang des plus illostres conquérants paci* fiqœs, s'il luy estoit permis de sortir do l'estendae de nosire empire, pour un an seulement. Co qu'il n'ose-roil entreprendre toutefois, sans en avoir obtenu nos lettres nécessaires, de peur d'encourir les peines portées par nos ordonnances, contre ceux qui s'écartent des limites de cet estât. A cause, après avoir mis la chose en délibération, et considéré' menrement toutes les conséquences qu'elle peut avoir, et la gloire qui en peut revenir k nostre couronne ; de l'avis de
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DMire conseil supmmo, du Mago ol de* principaux olliciers de Tendre at autnn graas i>eraonnages estant do présent auprès do tous, nous avens permis et pormetlens audit Trasïle, par ces prosemos signiiofl de notre main, d'armer h ses ddpous un brigantin d'amour k voiles et à ramos, mcsmo ilo faire construire, . si In nécessité le requiert, une galùro subtile pour éviter plus aisément les écueils de la mer Dangereuse. Enjoignons ii tous gouverneurs de places et magistrats de nos villes frontidrcs et maritimes, de lo laisser pas* ter saas nul empeschoment, et de lui donner oseerte jasr]u'aux dernières bornes de nostre Estai. Voulons aussi qui! puisse faire embarquer autant do munitions de guerro qu'il sera besoin ponr l'expédition sécréta qu'il entreprend, comme brûlots, grenades el autres Teux d'artifices, dont on se sert aax terres Inconnues, el qu'on appelle commuaémoni billets amooroux, vers de galanterie, madrigaux et impromptus, mesme qu'il puisse faire provision de stances, élégies, églognes et autres grosses pièces do batterie, pour s'eu servir seulement au cas où il seroit engagé au siège de quelque place împortaute. A condition toutefois que si nous avions besoin do luy pour lo bien do nostre scrvico, il quittera toutes choses et se rendra nuprès de nostre personne ù nostre premier mande mont, quand mesme il seroit prest do Iriomplier. Comme aussi quo toutes les enseignes qu'il gagnera en cotte guerre, nous seront par luy envoyées, pour esiro une marque étemelle de sa gloire et de son obéissance. A ces conditions, et non antramout, nous luy permet-
tons de s'embarquer on lai promettant par an pur elfect de notre royale Tendresse, de lui redonner k son retour le mesme rang qu'il tient aujourd'huy dans nosire empire et de le faire jouir durant son absence de tous les droits, privilèges, franchises et immunités .dontjouissent les habitants donostro bonne ville do Tendre, mosmo do gages et appointements attribués à sa charge de Grand-Décroteur de Tendre, comme s*il n*estoit point parti dos terres do nostre domination, nonobstant la rigueur de nos ordonnances, auxquelles nous avons dérogé pour ce regard seulement, et sans tirer à conséquences. Déclarons néanmoins que si de la pan dudit Trasile il y avait contravention aux choses que nous désirons de luy, où qu'il en fist qui fussent contraire aux lois fondamentales de cet Estât, il sera estimé décheu de tous privilèges et prérogatives, et sa charge de Grand-Décroteur réputée vacante, et donnée à un autre, ou exercée par commission» jus* qu'à ce quo par mille services, il y ayt appaisè nostre juste indignation.
Si donnons en mandement & nos amés et féaux conseillers, les gens tenant nostre cour le samedy, qu'ils ayent à régistrer et vérifier ces présentes pour estre inviolablement observées suivant leur forme «t teneur : car tel est nostre plaisir, et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mestre nostre cachet de Tendresse k ces présentes, sauf an autre chose nostre droit et de l'autruy en toutes.
Donné k Tendre, au mois des roses, l'an de la fondation d*Amour, cinq mil six cent cinquante-^x et
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do notro règne le deuxième. — Sigoé Sapho. --» Sar le roply : Par Sa Majesté Tendre» Acaute, — Henninius. Y
Scellées en cire rouge de trois cachets en cœur sur lacs de soye feuille morte, et bleu mourant.
Lee strophes suivantes expliquent le singulier titre donné à Isarn. Nous sommes en plein royaume de Tendre, en pure préciosité et il nous semble voir Tincomparable Sapho, sur €on trône dans ce salon magnifique dont nous allons donner une sommaire description toutà-l'heure, entourée de ses grands officiers et délibérant avec eux sur les graves questions de la politique intérieure de son empire :
OttvraHuous les portes de Tendre Nous ferons Uni de roquantins Que TOUS en aures i revendre Tant que dureront les chemins. -^
«Apao.
SI j'ouxrols les portes de Tendre Tout le monde y toudroit entrer, Non, non, Je feroy mieux d'attendre ; Qu'on se contente d'espérer.
ACAKTK.
C'est donc à tous, M. Trasyle, A foire TOtre roquantin Ou bien on dira par la Tille Trasylo y perd son latin.
TKASTLB.
Si jamais les bourgcoi» de Temlrt Me donnent quelque logement, Acanle je veut fcroy pendre Condamné préTOntaleaient.
ACANTS.
Dans ee lieu remply de délicet Gomiamné préTOstalement Je me riroy de mon «upplice, rourvu que j'y soit eeulement.
TnAtTLI.
Vraiment toub nous la donnes bonne»
Voua perdrcs bien voiilre caquet, La plus hardy mesme s*estonne A la présence d'un gibet,
ACAJITE.
Si le gibet que l'on me donne Ëstolt tel que je le voodrois Si Ton m*oflVait une couronne.
Ma foy, je la relïiserois.
SArno.
Si TOUS Toyiei une couronne Noua changeriea de sentiment ; Je suis d'avis qu*on tous la donne Et puis l'on terra si je mens.
Quelle est la trou|ie qui s'aTance Pleine d*appas et de beautéii ; Elle roTient de Négligence, Leurs souliers en sont tout crottés.
Vous Toyei, belles exilées, A Tendre on s'attendrit pour tous, Vous en esties bien reculées, Rerenei-y doue à genoux»
JUwrgeoU, que |ienoniie ne sorte, Tout rhoancur qu'on leur fera, Ce«l qu'avant qu'on ouTre la porte»
Traiiyle les décrotera.
Traityle mm le faire attendre, Fera la eliarge aTec honneur, Et eomoM décroteur de Tendre Les déerotera de bon tenir.
Ifeidame* qui venez I Tendre, Trasyle tous doit déeroter ; Nais la iiaresse le va premire Vont ferei bien de vous hanter.
Ha 1 qu'il fait bon dans ces allées, Que l'on y trouve de doiieeur t Hun de vous, belles exilées.
Rien ne manque I nostre bonheur.
Ces aimables lieux vous attendent, Ils soupirent |)our vos appas, F.t sous ces arbres nous demandent Pourquoy n'en sont-elles pas?
Philoxène dans sa franchise Baise un absent avec douceur ; Mab la cruelle Doralise Ne baise point |)ar procureur. --
Qu'est-il besoin que Ton ré|)onde Pour de si eharmanles beautés, C'est bien aux poêles crottés A vouloir déeroter le monde.
Sapho avait la prétention de sauvegarder étroitement les privilèges de V Ancienne-Ville dans laquelle ne devaient ôtre admises que les personnes qu'elle jugeait dignes de cet honneur, comme ayant satisfait aux exigences des
règlements de son royaume. Les amis de la reine se montraient excessivement jaloux des nouveaux venus, et nous voyons dans la Métiagerie des détails piquants à ce sujet. L'admission d*Acante (Pellisson) souleva une grande opposition parmi les habitants de VAncimne- Ville qui se réunirent chez Hégabase (Montausier) et formulèrent une protestation assez vive pour forcer Sapho à le mettre d*abord en quarantaine, parce qu'avant d'arriver à Nouvelle^ Amitiéj il avait passé dans un lieu où régnait une maladie contagieuse dont il avait failli mourir. Ce qui, conune le remarque M. Rathery, dépouillé de la forme allégorique, semble indiquer que les anciens habitués du samedi, & l'instigation du marquis de Montausier, voulurent forcer Pellisson & se contenter du titre d'ami au lieu du sentiment plus tendre et plus vif qu'il avait d'abord mis en avant (1). Conrart jalousait entre tous Pellisson, comme Ménage déclare le tenir de M"* de Scudéry elle-même. On comprend que toutes ces petites agitations amenaient de véritables mouvements dans ce royaume qui aurait paru devoir demeurer cons- .tamment cahne. W* de Scudéry désirait évi-
(t) Oa Mil qM Ton eroiait géoénlemeiil qu'il y anil «n Mtttagt de coMBitnca toira W^. de Scadéry et Pettinoa.
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demment élargir son cercle, tandis que ses vieux amis ne voyaient qu'avec regret apparaître de nouveaux visages, redoutant une concurrence dangereuse et tenant probablement aussi à leurs petites habitudes. C'est ce qui amena la révolution dont nous allons donner le récit d'après la relation autographe de Sapho.
Elle comprit le péril, et de bon gré transforma sa royauté absolue en royauté constitutionnelle. Ce document est des plus curieux.
Relation de ce qui s'est despuis peu passé à Tendre, avec le discours que fit la souveraine de ce lieu aux habitants de FAncienne^ Ville (t).
Après avoir appris l'arrivée de plusieurs illustres cstrangcrs en cette ville et le retour de quelques daines fort aimables qui en avoient exilées, j'ai cru cstre obligée de vous dire par quelle voye celle qni commande icy a apaisé tous les murmures des anciens habitants de Tendre qai vouloient s'opposer a la réception de ces nouveaux venus, car comme elle sçait bien que les cheutes des plus grands empires n'ont bien souvent esté causées que par de fort petites choses, et qu'il n'y auroit jamais de guerre civile s'il
(1) BibU de rAneiMl; Ree. B. L. 151, foi. L
ii*y avoit point de prétexte de la faire ; elle a voulu à bonne heure ester tous ceux qui en pourroit avoir à {'advenir de murmurer de sa conduite : Pour cest effcct après avoir connu que si elle agissoit d*aulliorité absolue, comme' elle pouvoit, elle augmenteroit le nombre des mécontents qui sont dans ses Estats, elle envoie commander aux principaux de rAncicnnc Ville de se rendre dans une magnifique salle où elle a aceoustumé de donner ses audiences publiques, où i*on voit admirablement représentée en bas-relief tous ceux que l'amitié a rendu célèbres dans l'antiquité, de sorte que tout le monde obéissant à l'heure mcsme a ce commandement, le mage do Tendre, le généreux Megabase, le sage Théodomas, l'illustre Arisiliée, l'agréable Amilcar et tous ceux qui ont charge dans ceste fameuse ville s'y trouvèrent des premiers. Mais aussi après que chascun eust pris sa place, noslrc souveraine qui estoit à ceste place qu'elle a accoutume occupé, prit la parole, et sans s'amuser k cherclior tous les ornements de ceux qui parlent en public, elle commença de parler en ces termes, sans aucune prémédiution:
c Je n'eusse jamais creu, mes tendres amis, me pouvoir trouver dans la nécessité de justifier ma con* duita auprès de vous, et j'avois toujours pensé au contraire que vous le justifieriez auprès de tous ceux qui la voudroient condamner. Cependant j'ai connu avec beaucoup de douleur qu'il pouvoit se trouver quelque sorte d'injustice parmi les plus grands liom* met du monde» puisque quelques-uns d'entre vous
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ont esté capables de colle de murmurer contre moi. Mais pour vous témoigner (|ue je veux bien (|ue mes propres accusateurs soient mes juges, je veux vous vous exposer i vous mesmcs le dilTérent qui est entre nous afin que votre propre raison vous condamne, car je suis persuadée que vous ne vous estes dit que ce qui sert h soutenir vostro sentiment et que vous n'avez pas seulement pensé h ce qui me peut justifier. Hais pour faire ce que je dis, il faut reprendre les choses d'asses loin et vous faire souvenir que c'est moy qui ay basti la ville de Tendre et fondé cet empire ; que j'en ay fait les lois telles qu'il m'a semblé à propos et et que vous vous y estes assujettis volontairement. Il est vray que je ne vous ay reçus au rang de mes tendres amis, qu'après avoir connu que vous aviez mille qualités éclatantes dans l'esprit et mille vertus dans l'Ame, qu'après que vous m'avez rendu des services héroïques et qu'après que vous avez fait mille et mille choses obligeantes qui par leur multitude ont donné un nouveau prix & vostre mérite. Hais de grâce ^dites-moy si depuis que mon empire estestably, vous m'avez veu recevoir quelqu'un qui ne fut pas digne d'estre reçou 7 Véritablement si je faisois ce que j'ay ouy dire que fit celui qui fonda Uome, qui pour peu* pler sa ville plus promptement establit un asyle où tous les criminels estoient en seureté de quelques pals qu'ils fussent, vous auriez sujet de murmurer. Hais la chose n'est pas en ces termes, car au lieu d'assemblées de coupables fugitifs, je ne veux seulement que recevoir un petit nombre de gens d'une très^grando
Terta. Cependant voas vous eu plaigniez comme si je vous avois fait un outrage, et l'on diroil que l'on m*a veu recevoir des flottes d'cstrangers comme fit cette fameuse princesse qui bastit Carthago, quoique vous ne puissiez craindre le malheur de Didon pour Saplio« Mais de grâce n*apr6hendez pas mcsmo qu'elle laisse entrer une multitude de gens inconnus dans sa ville comme fit ceste belle et malheureuse reine, et soyez fortement persuadés que puisqu'elle vous a si bien su clioisiren vous choisissant, elle ne choisira pas mal a l'avenir non plus que par le passé. En oiïctt vos propres vertus lui ont appris a mieux connaître celles des autres et il lui eut esté plus aisé de se tromper lorsqu'elle vous choisit qu'il ne lui seroit présentement, car elle advoue sincèrement que vostre convei^ sation lui a éclairé l'esprit, et qu'elle vous doit une partie de la lumière qui lui sert à discerner pour estre d'une manière assez juste ceste grande diversité qu'il y a entre certaines qualités qui mettent de la dilTércnce au mérite, quoiqu'elles ne paroissent pas opposées. Et elle advoue enfin qu'elle vous considère avec des sentiments d'estime qu'elle ne peut presqu'avoir que pour vous. Mais pour donner un témoignage public de la distinction que je veux faire de vous a tous ceux que je recevray à ^l'advenir, je veux bien me démettre d'une partie de mon authorité et m'imposer moy-mesme une loy que j'observeray peut-estro plus exactement que quelques-uns d'entre vous n'ont i>bservé les miennes. Je desclare donc que comme à noa conseil suprôme» je vous laisse la connoissance
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abfiolao dos mérites de ceax qui se pnisentorout pour osiro recous dans la ville et qu'ainsi il n'entrera aucun eslranger à l'advenir qui n'ait cstù examiné par vouii
et qui n'ait obtenu vostro approbation, car j*ay une telle confiance en vostre probité, que je ne crains pas que vous déguisicx vos véritables sentiments, et quo vous refusiez des gens qui par leurs vertus mériteroiont d'estre receus, quand mesmo pour quelques raisons particulières vous no les aimiez pas. Car enfin vous jugez bien que je n'ay pas basti eoste ville magnifique pour en fain) un désert. Vous savez mieux quo moy quo les maisons desliabitées se minent plus que celles qui ne le sont pas, et qu'il y auroit folie i bastir dos palais pour dos hirondelles seulement; après cela je n'ay plus rien à vous dire, si ce n'es que je vous exhorte tous à conter la grande condition pour rien lorsque vous examinerez ceux qui se présenteront pour estre receus, car je vous desclaro que depuis que je gouverne mon Estât, je ne l'ay jamais conté pour quoique chose et que je n'ay considéré que le mérito seulement. »
Après que notre souveraine oust cessé de parler, tous ceux qui i'avoient escoutée louèrent sa modération ; ils firent mesme ce qu'ils purent pour no pas accepter l'authorité qu'elle leur donnoit, mais elle les y força, et devant que rassemblée se séparât, le conseil suprême (car c'est ainsi qu'on l'appelera k l'advenir) nommera des députés pour examiner ces illustres estrangers qui sont h nos faux bourgs afin de faire après leur rapport h la compagnie et ensuite à
Sapho qui m réserve toutefois le pouvoir de refuser ccuxquc le pouvoir suprême lui proposera» quoiqu'elle s'engageât h n'en recevoir |)oint qui no soient approu* vés par lui.
Coinino los rli(>so.<( en ostoiont 1», il pensa arriver un nouveau lumulto, car il y avoit un homme qui dit tout bas il Almilcar qu'il venoit doclicz Doralise qui, ' sans se démentir de ce qu'elle avoit avancé il y avoit dcsjà quelques jours, lui avoit avancé que durant que Sapiio ne sembloit vouloir suivre que les conseils du sage Theodomas et ceux du sage Aristliée, et qu'elle témoignoit de mettre en doute la réception de tous ces illustres estrangers, il y en avoit quelques-uns d'entre eux qui regardoient ceste cérémonie dans une petite tribune vitrée qui donne du cabinet de Saplio dan's cette superbe salle. Mais comme Amilcar n'est pas difficile en ces sortes de choses, il se mit h rire et répondit i celuy qui lui parloit /|ue s'il disoit vray, il en ostoit bien aise, parce que si ces estrangers estoient déjà entrés, le conseil suprême n'auroit pas la peine de les faire entrer. Cependant comme cela ne put cstre dit sans estre entendu, la chose fit assez grand bruit, de sorte que Sapho l'ayant sceu, commanda hanliment qu'on allit dans la tribune |H>ur s'esclaircir de la vérité ; mais le respect qu'on eiU pour elle fut si grand que personne n'y voulut aller, ainsi on ne scait si la.ehose estoit vraie ou fausse. Quoiqu'il en soit, la paix est rastablie dans Tendre, et selon toutes les espérances, elle ne sera plus troublée i l'advenir. Gepen-' «bol une grande partie de ceux qui sont aux faux
bourgs so tiennent si assurés d'cstre reçeus» qu'on dit qu'il y en ft qui font déji faire des habillements magnifiques pour le jour do leur entrée dans la ville, et on soupçonne mesme le sage Tliéodamas, qui sait tout ce qui se passe à Tendre, d'avoir donné quelques avis secrets h deux de ses amis de ce qu'il a esté résolu à leur avantage par le Conseil suprême, mais on ne saura les noms que par le premier extraordinaire.
Nous ne prolongerons pas noire excursion dans le royaume de Tendre ; nous croyons cependant ne pas avoir absolument perdu notre temps en soulevant un peu plus largement le voile qui cache ce singulier coin de la société 'française au xvn* siècle, et nous termineroifs en empruntant à Pellisson ce dernier croquis qui complète le récit de la Journée dés Madri-> gaux :
« Les inspirations d'Apollon, vinrent : toute la troupe s'en ressentit, tout le palais en fut rempli; et s'il est vrai ce qu*on conte, la poésie, passant l'antichambre, les salles et les garde-robes mêmes, descendit jusques aux offices; un écuyer qui étoit bel esprit ou qui avoit volonté de l'être, et qui avoit pris la nouvelle maladie de la cour, acheva un sonnet de bouts rimes sans suer que médiocrement, et un grand laquais fit pour les maris six douzaines de vers^
burlesques. Jamais il n'en fut tant fait ni si promplemcnt. A peine celui-ci venoit-il â*en prononcer un, que celui-là en sentoit un autre qui lui fourmilloit dans la t6te. Ici on écrivoil quatre vers, là on en écrivoit douze. Tout s'y faisoit gaiement et sans grimaces. Personne n'en rongeoit ses ongles et n'en perdoit le rire et le parler. Ce n'étoit que défis, que réponses, que répliques, qu'attaques, que ripostQs. La plume passoit de maiil en main et la main ne pouvoit suffire & l'esprit. On fit des vers pour toutes les dames présentes. »
Les petits vers suivants sont le commentaire de la Gazette de Tendre. On sait que M"* de Scudéry avait elle-même écrit la géographie de ce pays : on arrivait à la capitale dite Nouvelle Amitié en prenant par l'une les trois villes de Tendresur^Inclination y Tendre-mr-Estinie ou Tendre^mr^Reconnaissance. Mais il y avait une foule d'autres localités oii l'on pouvait séjourner et parfois aussi s'égarer et même se perdre : Grand-Esprit, Sincérité, Pivbité, Générosité, Respect, Exactitude, Bonté, CompUtismice , Soumission, Petits-Soins, Assiduité, Empressement, Grands-Services, Sensibilité, Tetidresse, Obéissance, Constante- Amitié. Les lieux dangereux étaient: Négligence, /piégalité. Tiédeur, Légèreté, Oublg, Indiscrétion, Perfidie, Orgueil^
m^ ■ ■iii n I i f ii ^ mji i M.IH i Jia^ii. ' -'
Médisance, qui condmsaient au lao A^buUffé* refice, à la mer à'/nimiiié et à la mer Dange^ reuse.
La Recotumissance à ceux qui vofU à Tendre par /nciifuition ou par Estime (vers pour mettre sur des écrans) :
Amys, amyt, où courei-vous f Mon chemin n*a rien que d*agrèal>le, Si ee n'esl le plus eoort de tous, ' C'est du moins le plus agrésbie.
Il est vray qu'il n*a point d'altinits Pour un coeur bu et mercenaire, Qui .Yeut par de lâches souhaits Itecevoir du bien sans en faire.
Mais un cœur nolile et génércun Y trouve une doureur eitrénie, N*e»t-on pas déjà trop heureux Quand on peut Yoir ce que Ton ayme f
VlncUtialion à ceux qui vont à Tendre par Reconnaissance ou par Estime:
Vous qui sans l'inclination, Prétendes arriver à Tendre ; Quelle erreur, quelle passion Vous fait ainsi roesprendre 7
Vostre Estime me fait pitié, Rt si vous me voules croiroi Pensant aller à TAmitié, Vous n*irei qu'à la Gloire*
Je Yeux qiie lelon ym louhaiu Pir UeconMiiiNinfe on nous ayme, On n'aimera que vos bienAiili Sans TOUS avoier tous mesmo.
UEtUfne à ceux qui vont à Tendre par Hecon^ tmissance ou par Inclhmiion.
Vous qui sans trouble et sans désir Suivea un fleuYe qui vous mène, Ignorea-voiis que le plaisir N*est aymable qu'après la |ieine 7
RI Yons lie qui Tanibition Est d'aller par Reconnaissance, Amys, la seule occasion On Yoos reculCi ou yous avance.
Mais un r^vur noble et généreux, Qui fait qn'en l'estiniant on Payme, Se trouve doublement heureux Ue ne rien devoir qu'à luy-mesnie.
Li pièce suivante est de M"*" de Scudéry, comme Tindique Tannotation de Conrart « par Saplio ». On sait que Carisatis était la campagne de Conrart & Athis-Mons où la souveraine de Tcntlre passait son été. Ce lieu fut assez souvent célébré par ses amis, et décrit soigneusement dans ^'yrtr5.
Agélnste à Acante, ai lui envoyant une demoiselle de pain dépice tenant un luttin, ' et qui avoit upi gros visage rond, un nez plat et écarlate et un colet monté, comme on les portoit il y a cent ans :
Le |»eintr« de Gari^U»
Efttanl monté comme un SninUGcorge»,
Ne rencontra dann les f»fX\%
Voi»ini de la riTîère d'Orge ;
Me voyant le lut k la main,
11 mit pied à terre et soudain
Il At sortir de sa |iochette,
Toile, couleurs, pinceau, palette.
Sa houssine fut sa baguette.
Il me |ieignit comme il voulut,
(Test-i-dire avec mon lut.
Itecevei dans cette peinture,
Qui n*est pas trop selon nature,
Par le net, ny par le collet,
Ni |»ar la forme du visage ;
Ce travail n*est pourtant pas laid
Pour un Raphaël de vilfage*
Le sot Acante à P ingénieuse Agélnste :
I*our vostre galant pain d*épice Je vous devrois un sacriAre, Agélaste, je le say bien ; Kxruseï si je n'en fays rien, C'e«t ipie je suis devenu rmc he :
J*ai le fo« long comme une autruclie,
J'iiy l'esprit et le sent perclun,
En un mol je ne lauroii plut
ftien lirer de ron pauTre teftle,
(Umme si j'entoi* une bette.
Vustre portrait ressemble un peu moins mal
A son aymable original
Que Je ne ressemble à moy-mesme ;
Rt ee mal tient de ce que je yoiis ayme
Et qu*on ne peut en yous aymani,
Ni rimer aisément
M parler galamment,
Dans «n si long éloignement.
Nous reproduirons ensuite celle leltre de M.
de Haincy à M"' de Scudôry, qui y répondit, d^AUiis, le surlendemain (1). M. de Raincy était le fiis du trésorier Bordicr, qui donna le nom de son splendide chAleau à son fils cadet. Celuici vivait dans la société la plus élégante et la plus lettrée ; particulièrement apprécié de M"" deSévigné, de la Fayette, Scarron et Scudéry. 11 rimait facilement et il est surtout connu par un madrigal dont Ménage feignit d'avoir trouvé l'original dans le Tasse.
(1) Celle réponse est publiée, page 26S| dans le volume de Mil. Balhery et Botttroa.
mmmmm^ viii l uuu i ij i v \yy i. ^ i i ,^, .i ^ i ^,,m|y , ,o.
Af. de Raincy à 3/"* de Scudéry.
Ue V%m, |0 26 M|ilemlire tOS7«
Pour vous cmpôclior do perdre le souvenir des malheureux que vous avez laissés i Paris, et vous obliger à nous informer quelquefois de vos nouvelles et des aventures du lieu où vous estes, je veux bien vous apprendre en deux mots une partie de celles qui nous y sont arrivées. Ne croyez point d'abord que je prétende vous rien particulariser do la réception qu'on nous y a faite : il me suffit de vous dire sur ce sujet qu'il n'y en eust jamais une pareille et que notre voyage estoit tout à fait heureux sans le pavé du long boyau, qui entre nous. Mademoiselle, est un fort impertinent pavé, et qui, nous réduisant, en dépit de toute notre impatience, à une allure prompte et commode, telle que pourroit estre celle d'un coclie, nous fit de temps en temps interrompre notre discours panégyrique par des cris et des petits jurements fort doux et fort agréables. Cependant,
mpmmmw'fmmmmimmH^mmmÊ^^^ÊmmmmmmÊmtm
inulgré rincommodité du chemin, nous ne parlasmcs d*attcunc autre chose cl nous conclusmes tous enfin, d'un commun consentement, (juo jamais partie n'a voit esté plus divertissante que celle do Carisatis ; autant par la bonne chère qui ne pouvoit estre ni plus propre, ni meilleure, que par la belle et agréable humeur du sage Théodamas. Jamais il ne m'avoit paru toi que je le vis ce jour-là ; sa joye qui brilloit dans SCS yeux et dans sa conversation augmenta la nostro qui étoit déjà très-grande, et je pense qu'il n'entra personne chez luy dans tout co temps, a qui nous no l'eussions pareillement inspirée. J'en jngo ainsy par celle que je pus avoir dans toute la compagnie qui arriva aussitôt après le disné ; j'y considéray Yostre amyo entre les autres, et comme il me souvient de l'avoir autrefois regardée sens cette indiffércnce qui m'est assez ordinaire, je m'attachay encore plus particulièrement à la vouloir considérer. J'advoue que je ne tronvay rien dans son esprit et dans toute sa personne qui ne me plust infiniment ; je descouvris beaucoup de choses qui m'estoient inconnues et j Vstois sur le point de me i;cndrc et de capituler, quand je fus heureusement secouru par son enjouement. C'est, mademoiselle, k C4)tte gaieti^ seule que je suis redevable de mou salut; sans clic je n'estois plus libre, et si, avec ces charmes de camiiagne» la belle eut joint son mélancolique sérieux de Paris, j'ostois absolument vaincu. Ne i)ensez point, je vous prie, traiter cette alTairo comme une raillerie d'an indifférent ; je ne parlay jamais, plus sérieu-
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iieiiieiit de ma vio. 8i vou8 n'oii croycti |itt8 la proso, croyei-Gu au moius le madrigal :
Mon Rngc brun m'eul ii|»|iiirii.
Mon Cttur i «on abord fniblc c( mal «ecouru,
SenlU de nouvelles alanneu ;
Tout eoMiiira |ioiir mon lourmenl.
Et ma raimm forcée alloll rendre les armes
Sana ton bienheureux enjouemenL Luy seul, noble Saplio, dans ma peine cruelle llonlre tous ses ap|ias soutint ma liberté Kt me flt rencontrer dans Tliumeur de bi belle
Ce que ses yeux m'avoient esté.
Jugez |iar-lu des chagrins d*uii bizarre mdlanco* liqtio qui 80 rebute d'une chose qui attire tous les autres ; ce mélancolique |)ourtant a voit, autrefois quciqtie piTi't dans votre estime ; vous pensiez qu'il n'avoit pas le goût tout-&-fait mauvais, et vous serez encore Je m'asseuro, de son sentiment, quand il soutiendra que la mélancolie est nécessaire pour toucher une âme sensible et qu'il faut qu'une belle
Pour contraindre un amant i recevoir sa loy
Dans ses yènx, dans son air montre un je ne sais quoy ,.
De triste» de rêveur, de languissant, d*aimable,
Do tendre, d'amoureux, de doux, d*lnexprinMble '
Qui par Teffct caché d*un subtil mouvement
Pénètre au fond du cœur, charme insensiblement.
Attire, engage, esmeuve et porte dans une âme ' ^
Les trans|iorta imprévus d'une secrette flame.
Avouez maintenant que je ne me suis point trompé dans mes conjectures, ny dans l'opinion que vous seriez de mon avis ; et puisqu'il ne me reste non k
mtmmmfmmmmmmÊm^immmifm^mmmmimmm^
tous dire davauUge« souiïrei quo je finisse par )cs orolestalioiis ordinaires* mais Irès-sincères et Iris- TérilableH d'estro élemellement yosire lri9-*lianible,
Je TOUS conjure par le secret qui est estably entre BOUS, de cacher ma lettre à tout témoin. J'en excepte le grand Tliéodamas que je vous prie d'assurer de mes très-humbles services.
Nous lemiinerous enfin par les lettres des « Fauvettes du bois de Carisatis à leur reyne la fauvette du bois de Sapho. » Le recueil de M*'* de la Suze contient de nombreux vers de la Fauvette, mais celle-ci n*y figure pas. M. Cousin avait distingué cette pièce en en donnant seulement un court extrait. Nous la reproduirons d'autant plus volontiers que nous la croyons dlsam. M"* de Scudôry, en effet, en le remerciant de renvoi de son Louis^Or^ commence sa lettre par ces mots : « Vous savez bien, Monsieur, que je suis accoutumée d'entendre parler des lapins, des fauvettes et des abricots... » Nous sommes absolument certain que Isam adressa à son amie un sonnet au nom d'un lapiii ; il y a donc tout lieu de penser qu'elle fait uniquement allusion ici & des vers de lui :
1 JJttlU.
Les fauvettes du bois de Carisaiis d leur reyne la fauvette du bois de Sapho (1).
Cependant cerUini courlitani
Subtils mail un |iett médisant
Ayant pris au pied de b lettre
Un mot que la reyne a fait mettre ^
Et qui Yous raille adroitement,
Mali toutefois innocemment,
Vouii accusent d'estre coquette.
La glose est pourtant peu discretio
Encore qu'elle, ayt pour auteurs
Deux agréables imposteurs
Qui font quitter en mille choses
Le texte pour suivre leurs gloses.
Et ce drôle de Roytelet
Qui Yeut faire le bon vaHet
Bien que comme un coquet \ gages
Il coquelte i tous les boccages ; •
Ose-t-il dire sans respect .^
Qu*on YOUS a prise par le bee.
11 pourroit chanter cette note
A quelque teste de linotte,
Dont Tesprit faible et prévenu
Ecoute le premier venu ;
Mais ces oiseaux de race obscure,
Impudens, de mauvais augure
Roytelets, ehouetles ou hiboux
Viendront becqueter à tous coupa
L'honneur d'une reyne si prude 7
Gela serait un peu trop rude.
Et nous ne le souffrirons pas ; I
Nous poursuivrons jusqu'au Irépu
(1) /• dmroftt in-foi. tome XIIL
Ge beau roytelet sans domaine Qui prétemi dans ion humeur vaine Faire l'amour à nostre reyne.
Ce méditant, ce faux Rouuean, Ettians mentir un bel oyaeau I A la An ce petit espiègle S'imaginera d*estre nn aygle, Ou pour le moins un rossignol t Il est fier eomme un Rs|mgnol ; Vraymente'eslun grand personnage Pour Yous chanter un tel ramage.
Certes. c*est bien injustement Qu'il vous reproche insolemment Que YOUS estes une coquette, Yous qui vives dans la retraite D*ttn temple i Thonneur consacré Comme en un asile assuré ; Un temple où le règne de Tendre Par tous ses sujets vous fait rendre Tout ce qu'on rend aux immortels, Où l'on voMS dresse des autels, Où des héUcombes de rymes Comme d'immortelles victimes, Yous sont oiïertes chaque jour ; Où cette reyne avec sa cour A rendu la Galanterie Plus prude que la pruderie.
Ce temple est sur un haut rocher Dont l'amour peut approcher Parce, qu'il n'a qu'une avenue Qui toujours luy fut inconnue ; Et si ce fâcheux petit Dieu S'estoit introduit en ce lieu.
Il violerait vostre asile Et mettroit en guerre civile Par ses malicieux projets Les sigettea et les aojeto.
Or notre aymable et belle reyRO* Poisqu'avecque la louveraine Qui fonda cet esUt nouveau.
Si grand, aï ftunon et ai beau,
Ut lois «Tune étroite tllUiAee Et lo nttvd de la bienv^lUnce/ Vous unitseat ti fortement Pourrlei-voiubieii vivre «a momeiii Elle uns vous et vous sans elleT Non» non, toute absence est mortelle»
Et mesme est pire que It mort Pour deux cœurs qui s'aymeatai fort* Si vous tenes celle maxime En amitié si légilimoi Cartsatis i toules deux Vous olIVira beintôt ses vœux.
Nous avons en ce voisinage Un délicieux hermitage Qui seul possède l'avantage Qu'il n'y vient en pèlerinage Que gens d'honneur et gens de bien, Galans et de bon entretien.
Quand on y volt des demoiselles Ce sont des plus spirituelles.
Des mieux faites et des plus belletp Qui mènent toujours avec elles, Lorsqu'elles sortent de Paris, Les amours, les grâces et les ris ; Et les vertus leurs bien«aymées, Non crasseuses, non enfumées, ^ Non tottsseuses, non enrhumées, Mais jeunes, propres, parfumées, A l'œil vif, au teint blanc et frais Et toutes brillantes d'attraits.
De cet hermitage, l'hermile Sayt attirer par son mérite Dames, docteurs et courtisans ; La reyne Sapho tous les ans Durant les beaux jours de l'automne.
Sans train, sans sceptre, sans couronne El sans nul embarras de cour Vient habiter ce beau séjour.
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