LES T0LEUB3 DE LIBERTÉS
Les uns possèdent de magnifiques cliâleaux, de ravissantes villas; d’autres de nombreux arpents de terre au soleil ; ceux-ci ont des dignités, des places, la croix d’honneur, des grades ; ceux-là ont de charmants esclaves, d’adorables fenunes. Moi, je n’ai en partage que ma liberté toute nue, sans un sou vaillant; je ne songe pas à me plaindre du maigre lopin qui m’est échu à ma naissance ; né misérable, je me suis habitué de bonne heure à l’étroit vêlement de la pauvreté. J’ai fui les richesses et les grandeurs avec l’âpreté que d’autres ont apportée dans la poursuite de ces biens terrestres. Je n’ai eu qu’un souci dans ma vie : c’est de garder intact l’héritage de mes ancêtres les Germains : la liberté. Mais que de tracas, que de difficultés pour conserver ce rayon divin, cette source de toute jouissance morale, celte chose sainte,
sans laquelle l’homme n’est qu’un histrion ou qu’un esclave.
Jeune et imberbe, à peine mon cerveau était-il éclairé par le rayon, qu’il m’a fallu repousser l’enseignement erroné auquel mes professeurs voulaient me condamner. Ainsi on m’avait complètement faussé l’iiistoire; on m’avait présenté Spartacus, les Gracques, Brutus, les réformateurs du moyen ûge et de la Renaissance, les fondateurs de la République française comme des forcenés de meurtres, de violences, de terreur, de révolutions, d’irréligion; et, en remontant aux sources, je me convainquis, au contraire, que tous ces hommes avaient été des héros d’abnégation et de dévouement; que ces martyrs de la foi au progrès s’étaient sacrifiés au rachat de la misère et de l’ignorance du peuple, que, loin d’aimer la violence, ils la répudiaient en principe, et ne l’avaient employée temporairement qu’au service du droit, contre des ennemis dressés à la calomnie, au meurtre, à l’appel de l’invasion étrangère, à toutes les armes offensives et défensives du despotisme.
Lorsque j’eus redressé mon éducation boiteuse, je me mis en devoir de soutenir un siège contre la bêtise de mes contemporains, de résister îi leurs préjugés, et de continuer à défendre ma liberté de croire, de penser et d’agir. Je me barricadai contre tous les voleurs de liberté.
Je dus d’abord ne pas céder à l’influence presque irrésistible et à l’adulation ordinaire des femmes. Reçu dans quelques salons, je fus simplement poli,
convenable, mais je ne voulus pas m’abaisser devant celte tyrannie de la mode, qui force un gentilhomme à adorer une créature faite d’imperfections, de ridicules et de petitesses, pourvu qu’elle porte une robe. Frédégonde portait une robe, sanglante il est vrai, et Marguerite de Bourgogne, et Catherine de Médicis , et la Voisin ! Faut - il se prosterner devant elles? Doit-on les adorer, parce qu’elles ont été femmes?
Malgré mon excessive réserve, une jeune Viennoise, fort espiègle dams son ingénuité tout allemande, parvint à la forcer par d’insidieuses questions enveloppées d’esprit et de grâce. Il fallut bien, puisque mes yeux m’avaient trahi, lui avouer que sa charmante personne m’avait cqptivé, que s’il n’y avait pas eu d’impossibilités, j’aurais rêvé de passer ma vie auprès d’elle. — Quelles impossibilités, monsieur? me répliqua-l-elle avec une moue charmante, rien n’est impossible h qui aime bien. — D’abord ma pauvreté, lui dis-je. — Bah ! n’est-ce que cela? J’ai trois cent mille francs de dot. Allons, déclarez-vous à mes parents, et tout s’arrangera en famille. — Mais il y a encore une autre impossibilité, mademoiselle. — Encore! Mais taisez-vous donc, bavard! En amour, le mot impossible ne doit pas exister. — Pardonnez-moi si j’insiste, mademoiselle, mais il ne me suffirait pas d’être avec ma femme en communauté d’existence et de lit, je voudrais, entre elle et moi, une communauté de pensée, de système, d’idées religieuses surtout. — Que me parlez-vous de systèmes? Je n’en connais qu’un dans le mariage.
c’est de bien aimer son mari, de l’entourer de soins, d’affection. — Cela ne suffit pas, mademoiselle; de même que la femme accepte le nom de son mari, elle doit accepter ses idées, ses manières de voir; ainsi, n’étant pas catholique, je n’admets pas que ma femme s’agenouille devant un prêtre, qu’elle lui révèle les secrets de l’alcôve et de l’intérieur. Le prêtre d’une femme mariée, c’est son époux. Il me serait donc impossible de me marier à l’église dont je n’accepte pas les dogmes. — Comment, vous êtes un impie, monsieur, un incroyant? Voilà donc les belles choses que l’université allemande vous a enseignées? Eh bien ! admirez la profondeur de mon attachement pour vous, qui ne brillez pas pourtant par la condescendance et l’amabilité : je passe sur votre scepticisme, je me charge de vous convertir. Vous irez à la messe, si bon vous semble, après notre union. Mais ce que j’exige, ce qu’à mon défaut mes parents exigeraient, c’est de nous marier à l’église. Ce n’est qu’une formalité, une cérémonie, vous le savez. Mais quelle joie de prendre Dieu à témoin de l’indissolubilité de son attachement et de son mariage. Parée, enviée de toutes les femmes qui la regardent, l’heureuse mariée éprouve, à ce moment, une de ces joies célestes dont toute sa vie elle se rappellera. Ce souvenir sanctifiera son union et l’arrêtera sur le bord de l’abîme, si jamais quelque Méphistophélèsou quelque don Juan voulait la perdre. Vous voyez donc bien, monsieur, que la messe du mariage est à la fois une chose sanctifiante et utile. Il serait ridicule de la repousser. — Eh bien ! mademoiselle, malgré
DI TEMPS PRÉSENT
mon amour pour vous, j’ai ce ridicule de repoueser une honte, un esclavage, une infamie qu’armée de votre ascendant sur moi, vous prétendez m’imposer. Quoi ! moi, philosophe, moi qui nie la révélation religieuse et ne crois qu’à la révélation de la conscience et de la raison, j’irais me confesser à un homme dont je ne reconnais pas' le divin caractère ! — Mais vous savez bien qu’il est avec l’église des accommodements faciles, et que les confesseurs adoucissent la pénitence aux fiancés, disciples de Kant et de Hegel. — Jésuitisme que cela! Vous ne réfléchissez donc pas, mademoiselle, qu’après m’étre joué de Dieu et de ma conscience, rien ne m’empêcherait de vous tromper, de trahir votre amour. Tenez, mademoiselle, vous me semblez horrible, laide à faire peur, à présent. Vous êtes l’éternelle tentatrice, l’éternelle Eve qui abuse de ses charmes pour séduire et tromper Adam, l’éternel imbécile. Vous me forcez maintenant à me confesser, à entendre la messe; plus tard il faudra baptiser nos enfants dans la religion catholique ou protestante qui ne sont pus les miennes; plus tard, il faudra accueillir votre curé, plus tard accepter une fonction, une croix; bref, moi qui suis un homme de liberté et de libre examen, je deviendrai un jésuite, un chambellan de quelque despote ; de lâcheté en lâcheté, de concession en concession vous m’aurez conduit, pour vous être agréable, à l’apostasie, à une vie d’hypocrisie et de mensonge. Non, cela ne sera pas. Arrière, séductrice, femme, vous êtes une corruptrice et une occasion d’infamie. Vous êtes une voleuse de liberté.
Je vous renie pour toujours. — Adieu, monsieur, vous êtes un Antéchrist, un révolutionnaire, un impie. Vous ne m’avez jamais aimée. Mon Dieu, que je suis malheureuse!...
Et après ce dialogue, pleurnichant comme une pensionnaire, ma belle Viennoise se retira. La désolation dura un mois. On proclama son mariage avec un prêtre protestant. Probablement elle s’était convertie, car elle était de famille catholique. Ainsi elle n’aurait pas entamé sa foi pour épouser un philosophe, mais pour s’unir à un prêtre, qui est plus que Dieu aux yeux d’une femme, que ne ferait-on pas!...
Détourné des femmes par cette aventure de ma première jeunesse, je me tournai vers les hommes. Mais je n’en eus pas plus de satisfaction. Je les trou vai presque tous livrés aux passions les plus tristes, à la vanité, à l’abaissement, à la corruption. Tous esclaves d’un vice ou d’une femme, d’une erreur ou d’un despote, oubliant dans une vie mesquine les nobles sentiments et tes grandes idées qui font le véritable homme. Je voulus réagir contre le système politique de mon pays, qui avait dégradé tous les caractères et abaissé toutes les âmes. Mais mes écrits ne trouvant pas grâce auprès du ministre de l’intérieur qui me vola ma liberté en m’exilant de l’empire d’Autriche, je quittai Vienne sans tristesse; — peut-on avoir quelque attachement pour une patrie dégénérée? — et j’allai à la recherche d’un autre foyer. Je me réfugiai en Angleterre, pays de la liberté politique et individuelle. En effet, elle existe com-
Dl! TEMPS PRÉSENT.
plétement, grâce à l’héroïsme de ses barons qui, au lieu de se prosterner humblement devant le pouvoir absolu comme la noblesse de France, d’Allemagne et de Russie, maintinrent, l’épée et la hache au poing, leurs droits, tes droits de tout citoyen à l’indépendance. Malheureusement, je ne tardai pas à me convaincre que la révolution anglaise faite par la noblesse et la religion réformée avait été insuffisante pour constituer une nation sur de véritables bases. L’éclat de la liberté politique pâlit devant la lèpre de la misère qui dévore les trois quarts de la nation anglaise. Une autre laideur me désenchanta encore de l’Angleterre : c’est son méthodisme, son préjugé religieux. Je faillis être tué par une populace fanatisée, parce que j’avais tenu ouvert un dimanche mon magasin de librairie. Froissé dans mes sentiments de liberté, je quittai la blanche Albion, et je me mis de nouveau en quête d’une patrie indépendante.
Ce fut sur la nation qui a enfanté la révolution française que je mis le cap. Je savais par cœur les moindres détails historiques de cette sublime Révolution, et je m’attendais à la voir affirmée et réalisée dans les mœurs, dans les faits et gestes de la France. Mais, quelle ne fut pas ma stupéfaction en l’entendant maudire dans tous les salons où je me rendis? Hommes, femmes, jusqu’aux enfants, c’était à qui jetterait l’insulte à la mère du monde moderne. Je ne pus contenir mon indignation, je l’avoue, je fis scandale en protestant, en ma qualité d’étranger, contre l’ingratitude d’enfants dénaturés; je cessai de voir ce qu’on appelle à Paris le monde. Des classes
oisives, je descendis aux classes inférieures. Moins de préjugés contre la Révolution, chez elles, mais une ignorance à peu près égale à celle de l’aristocratie. Le grand souffle de la Révolution n’a pas encore animé ces foules courbées par un dur labeur, abruties par la misère ou par l’égoïsme. Cependant une minorité intelligente parmi les travailleurs commence à faire son catéchisme des Révélations de la première révolution française : il y a espoir. Mais jusqu’à ce que cette éclosion des germes de la Révolution soit terminée, la nation française sera insupportable dans ses mœurs, dans ses idées, dans ses actions politiques. Tout y est d’une réaction folle, d’un despotisme absurde. Tout y est fonctionnarisé et contrôlé, jusqu’aux vêtements ; si vous n’y êtes à la mode, vous prêtez au ridicule. Si vous êtes libre penseur, ridicule; si votre femme vous trompe, ridicule; si vous avez un système philosophique ou social, ridicule; si vous n’êtes pas mouton de Panurge et si vous vous permettez d’avoir une théorie personnelle, ridicule, original, excentrique, fou. Enfin, les étrangers qui n’ont pas voyagé eu France ne sauraient se faire une idée de celte étrange nation qui, sortie d’une Révolution qui l’a remuée jusque dans ses fondements, a conservé les mœurs, les habitudes, les ridicules politiques, les préjugés de l’absolutisme. Quant à moi, je croyais rêver, je m’imaginais avoir été transporté, par un songe, en Russie ou en Chine.
Dans tous les pays que je visitai, le même obstacle se présenta devant moi : « la servitude. » Ici, il fallait adorer les czars, là, glorifier les plus absurdes pré-
jugés; dans ce pays, vous étiez traqué comme une bête fauve, pour peu que vous aimassiez platoniquement la liberté; dans cet autre, si vous aviez fait montre de philosophie, l’opinion publique vous aurait empalé tout vif; au Nord régnaient la servitude, l’erreur, la bassesse, la décrépitude; au Midi, le crime et l’infamie. De telle sorte que j’eus beau parcourir la planète, je ne trouvai ma place nulle part. — Impossible, mon cher, vous êtes inappréciablement impossible, me dit un sceptique d’esprit. — Et pourquoi, s’il vous plaît? — Parce qu’il faut prendre le costume, les manières, les habitudes, l’âme des personnes avec lesquelles on est condamné à vivre. Pourquoi se singulariser, s’originaliser, attacher une casserole h la queue de son chien? La vie ne vaut ni tant d’efforts ni tant d’indignation. Par exemple, supposez que vous ayez assoupli votre conscience au point de la rendre indifférente au bien et au mal, au despotisme, à l’abaissement, h la nuit et au jour ; eh bien ! au lieu d’avoir été mal accueilli, rebuté, dédaigné, repoussé dans les pays que vous avez visités, au lieu d’avoir joué le rôle du maudit, de l’exilé, de l’excommunié, du cheval indompté qu’on frappe, du révolutionnaire, du misérable et du paria, vous auriez été reçu avec des baisers, des sourires et des poignées de mains, vous auriez rempli le rôle de triomphateur, du grand homme de carton, du défenseur patenté des turpitudes sociales, de l’avocat du fait accompli. Que vous ayez accepté les infamies, les esclavages des divers pays de l’Europe, et à cette heure, mon cher ami, au lieu d’être
un penseur sans feu ni lieu, un malheureux libéral dont la redingote râpée, la mine amaigrie attestent la misère, une victime désignée d’avance par le doigt de la persécution, un solitaire et un misanthrope, vous seriez le mari d’une jolie femme dont les grands yeux, les douces lèvres et les belles mains vous emparadiseraient ; vous auriez un magnifique château, une longue suite de domestiques qui vous appelleraient : « Maître » ; vous représenteriez l’imbécillité et le prudhomisme de vos concitoyens dans quelque haute fonction ; les femmes rechercheraient vos galanteries, s’en enorgueilliraient et s’en vanteraient; les hommes vous flatteraient et crieraient bravo à votre plus insignifiante parole, à votre action la plus honteuse, et par-dessus le marché, les prêtres vous enverraient tout droit en paradis après votre mort. Eh bien! cher utopiste, voilà ce que vous avez perdu à rêver d’indépendance et de chimère humanitaire. Arrière le mauvais convive qui vient troubler le banquet du repos! Arrière l’homme de désordre qui ne s’aligne pas convenablement dans les rangs ! Au diable le non-conformiste ! Le blâme des honnêtes gens, l’exil, la prison, la misère, la malédiction des puissants, l’inimitié des femmes, voilà ton lot, homme qui veux défendre la liberté au dix-neuvième siècle ! La liberté, tu ne la trouveras qu’au fond d’un cachot ou d’un tombeau. Suicide-toi donc, si tu en as le courage. La société te l’ordonne en te repoussant.
Mon expérience était complète. Inutile de poursuivre plus longtemps le rêve d’un pays libre. La
liberté est un mirage du désert qui fuit le voyageur. Au lieu de s’égarer à sa recherche, qu’il se replie sur lui-même, qu’il regarde dans sa conscience : là est l’image de la liberté ; là se trouve l’indépendance qui défie tout despote. Quant aux sociétés européennes , elle ne représentent qu’une admirable trame d’esclavage, qu’un contrat d’oppression, qu’un échange mutuel de conventions gênantes et d’abaissements. Les magistrats de ces sociétés ont stipulé des lois contre toute fraude matérielle. Malheur à qui touche au mur mitoyen, peine de mort ou bagne ; malheur à qui vole une montre, un pain ; malheur à qui ne paye pas son loyer; malheur à celui qui n’a pas d’argent ou d’abri; la prison châtie sa misère, son imprévoyance.
Après avoir si bien châtié les voleurs de biens matériels, le code pénal a-t-il songé aux voleurs de libertés?
A-t-il stipulé contre le tyran qui vole les libertés d’un peuple?
Contre un privilégié qui soumet à une contrainte morale un pauvre ou un subordonné?
Contre le calomniateur et l’espion?
Contre un fonctionnaire qui prévarique, qui corrompt, qui opprime?
Contre les religieux qui violent la liberté d’une âme, la fanatisent, l’entraînent à prononcer des vœux ou des serments insensés?
Contre l’oppression du maître sur l’inférieur?
Contre tous les corrupteurs et toutes les corruptrices?
Contre les oppresseurs de haute volée et les tyranneaux de bas étage?
Nullement; le code pénal, sévère pour l’homme qui vole un pain , laisse parfaitement en repos les voleurs de libertés de tous genres.
Et cependant, que sont des capitaux, des biens, des terres, en face de la liberté? Qui ne préférerait perdre sa fortune plutôt que sa liberté?
Comment les hommes ont-ils donc tant songé à sauvegarder celle-là et si peu celle-ci? Ne serait-ce pas que, bornés et corrompus, ils ont préféré la matière à l’esprit, la pièce de cent sous à la liberté de conscience, la propriété à la liberté de croire, de parler et d’écrire, le corps à l’àme? Le pourceau songe à son auge, jamais à son indépendance. Aussi, pendant que les corrections et les peines tombaient dru sur les voleurs de biens, les voleurs de libertés curent-ils beau jeu et purent-ils tondre à satiété le troupeau humain. A peine si quelques bêlements d’animaux plus sensibles témoignent de la vie dans ce troupeau d’esclaves, qui s’échelonne de siècle en siècle. On leur impose une politique; on leur impose une religion; on leur impose des erreurs, des préjugés, des taxes, des conquêtes, des batailles, des impôts, des royautés, des tyrans, des modes, des contributions, des ridicules, des infamies ; ils acceptent tout; ils se plient à tout, ils se « conforment ». Quand vous verrez inscrit un châtiment exemplaire dans le code pénal contre les « voleurs de libertés », soyez sûr que la révolution sera sérieusement réalisée dans les mœurs, dans les idées, dans les faits.
Jusque-là, beaucoup d’esprits originaux m’imiteront. Fuyant l’esclavage systématique de leurs contemporains, ils s’enterreront dans quelque Thébaïde, et vivront seuls ou avec quelques amis de choix, loin des voleurs de libertés, qui pullulent dans les villes et dans les campagnes, au palais et au hameau. Hommes ou femmes, c’est à qui cherchera à vous imposer la moitié de son esclavage, de son infamie, de son erreur, de ses préjugés, de ses ridicules; c’est à qui essayera de vous ravir le signe de l’homme : la liberté ! Fuyons, amis, tous les despotes en culottes ou en robes, et jurons de vivre libres, fût-ce en prison, fût-ce au désert!