L’AIGUILLE
(Conte khassonké).
Un jeune homme allait toujours dans la brousse sans arme à la main et son père ne cessait de lui dire : il est imprudent de s’en aller ainsi la main vide, sans même une simple aiguille.
Mais le jeune homme ne tenait aucun compte de ces sages conseils.
Un jour, dans la brousse, le jeune homme fut pris par les brigands. Alors, il se souvint des paroles de son père et dit : « Si j’avais eu seulement une aiguille, vous ne m’auriez pas attrapé. »
— « Tu crois? » dit un brigand, que ce langage mit en belle humeur, « tiens, voilà une aiguille. »
Le jeune homme feignit de considérer attentivement la pointe de l’aiguille et dit : « Elle est émoussée. »
— « Point du tout », fit le brigand et il s’approcha pour voir.
Le jeune homme lui creva l’œil et le brigand se sauva en poussant des cris horribles et en
abandonnant son fusil. Le jeune homme saisit le fusil et tua un brigand, les autres se sauvèrent .
Quand il revint, il dit à son père : « Tes paroles « étaient vraies. Aujourd’hui, les brigands « m’ont attrapé et c’est grâce à une aiguille « que j’ai pu me sauver. »