‹ Soudan français. Contes soudanaisChapitre 52 sur 64 · X.oog\c · texte numérisé non relu

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Il lui prit les mains, lui tint des propos galants et s'excita si fort i ces lutineries que, tout à coup, dans le transport de la passion, il la renversa sur la couche royale, au bord de laquelle ils s'étaient assis.

Elle se pâmait délicieusement dans ses bras, quand, soudain, elle l'étreignit vigoureusement et se mit à crier comme pour appeler au secours.

Aussitôt, l'on entendit les pas précipités des gens qui accouraient.

Prestement elle se dégagea, renversa le jeune homme sur la couche et, profilant de son ahurissement, lui mit, dans la bouche, une poignée de couscous, puis alla s'asseoir tranquillement dans un coin. Le roi entra et demanda : a Que se passe-t-il donc? u

— • Oh 1 dit la femme, c'est votre ami qui, très « affamé sans doute, a gloutonnement avalé le « couscous que vous aviez laissé, si bien qu'il n s'étouffe etce sont ses cris dedouleur que vous n avez entendus; j'ai essayé, mais en vain, de le u soulager, en le frappant au bas de la nuque. »

Le roi s'approcha du lit et, voyant son ami tout congestionné, les habits en désordre et du couscous encore aux lèvres, il ne douta point du récit de sa femme et se contenta de hausser

dédaigneusement les épaules, pour marquer tout le mépris que lui inspirait cet homme, qui prétendait avoir acquis tant de sagesse et se conduisait avec si peu de raison. Puis il sortit. Alors la femme s'approchant du jeune homme lui dit : a Voilà bien une histoire que vous « pourrez apprendre à votre marabout, qui « vous en a conté tant d'autres, » Et elle rit.

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