‹ Sources d'histoire parlementaire [microforme]Chapitre 2 sur 4 · TE] LA SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA · texte numérisé non relu

TE] LA SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA

Naturellemczt, le publie désirait vivement se tenir au courant de l'œuvre législative et d:: mouvement politique. Aussi, malgré !'interdiction, s'est-il trouvé, à toutes les époques, mais dans l’avant-dernier siècle surtout, des gens qui ont transerh, tant bien que mal, certains discours importants et qui se sont efforcés de fixer la physionomie de plusieurs séances ménorables, Dans ces comptes rendus, imprimés tels quels par Coblktt et ses collaborateurs, les lacunes sont innombrables, C'est ainsi, pour ne citer qu'un exemple en passant, que les gratis discours du premier Pitt (Lord Chatham) :'y figurent paset semblent perdus pour la postérité, la censure étant devenue très sévère à l'époque la plus brillante de sa carrière. D'autn Purt, les collaborateurs parlementaires du London Magazine et du Gentleman's Magazine, où sont surtout consignés ces articles, n’assistaient pas toujours aux séances à cause du huis-elos qui exeluait souvent le public, et aussi des huissiers qui connaissaient les nouvellistes et qui les faisaient sortir sous le moindre prétexte. Ceux-ci se renseignaient comme ils le pouvaient et faisaient souvent œuvre d'imagination. Ce jugement n'a du reste rien de désobligeant pour ces écrivains qui, entourés de difficultés presque insurmontables, ont cependant réussi À produire une œuvre historique précieuse en somme bien que très incomplète et souvent inexacte. Dans ces conditions, i! n'est pas surprenant que la plupart des discours qui nous sont ainsi parvenus paraissent terues; mais, d'autre part, ils s'élèvent parfois à une haute éloquence sous la plume d’un homme supérieur comine Samuel Johnson, sans être pour cela plus authentiques. C'est Johnson lui-même qui nous en avertit sous une forme assez plaisante dans ses Mémoires. (1) Il reste donc acquis que les sources connues jusqu’à présent des anciens débats du Parlement laissent beaucoup à désirer.

Regre*tables au point de vue général de l'histoire, ces lacunes sont vraiment déplorables en ce qui regarde les origines de la domination anglaise au Canada. On trouverait en effet dans l’histoire parlementaire complète du dix-huitième siècle la genèse de cette politique qui a préludé à la conquête, et nussi celle de toutes les anciennes luttes constitutionnelles dans notre pays. Même dans son état incomplet, nous pouvons y relever des faits importants, notamment cette loi si intéressante de l’année 1731 décrétant “ That all proceedings in Courts of Justice shall be in the English language.” Mesure capitale au point de vue de la langue dont on devra se servir dans la colonie qui sera conquise trente ans plus tard. Les adversaires du “bill,” dit

(1) Dans la préface des débr*s rapportés par Henry Cavendish, M.P. (1768-1771) reconstituant en partie “ The Unreported Parliar : 11,” il est dit: “ Au moins celui-ci étant député n'était pas exposé à étre mis à la porte au milieu d’un discours. ””

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l'histoire purlementaire, affirmaient qu'une telle loi ferait perdre la tradition légale tout en multipliant outre mesure le nombre des avocats On leur répondait que la tradition ne courait aucun danger et qu'on saurait bien limiter par d’autres mesures le nombre des hommes de loi, Et voilà tout. Ce sort, on le voit, des rénéralités qui n'éclairent que faiblement .

Pourtant, le seul fait qu'il Y eui opposition à l'usage exclusif de ln

kague du pays dans les plaidoiries, indique déjà quelle large place le français occupait encore à cette époque dans la vie publique en Angleterre. Les expressions et lex formules parlementaires, celles du Conseil privé, les vo: abulaires aristocratique, militaire, municipu et surtout judi re véniient de source française et la lingue elle-même subsistait jusqu'à un certain point. Avant 1731, disent Pollock & Muitland, dans leur histoire du droit anglais, on <e servait du latin et du français comme de l'anglais devant les cours de justice, Séance mémorable, certes, que celle où s'est accomplie cette espèce de prise de possession de la langue nationale. La date relativement récente de l'événement explique peut-être l'exelusivisme aboli du parler qu'on remarque dans certains mi'ieux anglo-saxons. On a dû pourtant, au cours du débat, faire observer que S'il était juste et avan tageux de s'en tenir à la langue nationale en Angleterre, il serait, par contre, malheureux d'oublier la française dont elle dérive en si grande partie. L'anglais classique, dit-on à Oxford, s'inspire du latin et du français comme du saxon. Ces sources diverses l'enrichissent et en font un instrument perfectionné pour la transmissio de ln pensée,

Qu'il eut été intéressant de connaître sur ce point l'avis de Walpole, de Pelham, de Wyndham, de Pulteney et surtout de Chathum, au moment où il se préparait à une lutte à mort contre la suprématie française, Chatham dont le geste dominera à jamuis la destinée du nouveau monde, changée par ses efforts.

Mais ce n'est là qu'un point de vue spécial. Nous plaçant sur un terrain plus élevé, n'est-il pas manifestement important de pouvoir suivre de très près le fonctionnement du parlementarisme dans une crise vitale comme celle provoquée par Chatham? Bien que gênée par l’ingérence d’un monarque capricieux, l'instituti m se révéla puissante en face du régime absolutiste français soumis à toutes les influences corruptrices et désorganisantes Nous savons cela d’une manière générale, mais les détails nous ‘ont défaut.

Afin & pouvoir juger ce la portée de i’œuvre accomplie plus tard par le groupe constitutionnei canadien, n'est-il pas essentiel de connaître le fond de la pensée de Ch:.tham et celle de son fils, plus grand encore ? Ils incarnent tous deux l'aspiration de ce peuple qui, suivant l’ambassadeur français Niverois, “se compare volontiers aux Romains, qui

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