‹ Sources de la prédicationChapitre 12 sur 81 · NOUVELLES INVENTIONS ET INDUSTRIES · texte numérisé non relu

NOUVELLES INVENTIONS ET INDUSTRIES

Les chroniqueurs tli) moyen ?ge observent que dans ce temps lienreux l'élan des hommes s'était communiqué aux choses; ies chars se mouvaient d'eux- menies, et vous eussiez dii, selon la parole du prophète, qce j'espiii de vie élait dans les roues : Spt'ritus vikB erat in rôtis (1). Maintenant Tespriide l'homniea changé dedirec'tion; il s'est incliné vers le domaine de son habiîalion pressente pour remb<"IHr5 le pei-'^ciionner, le parcourir dans ious j<^s se us el s'y px'ociirer tous les avantages d'i^ie vie heureuse. I^oui' cda il a étendu et appuyé sur la terre ces lignes de fer qui glissent eî s'aliongeMî pour l'enlacer, et le triomphe incontestable, le iniracle de ceîie ardente passion des hommes pour ïa terre, c'est ce véhicule rapide en voie de Ter, qiii, sous la pression d'une vapeur courroucée, pari de l'Orieut et touche déjà à rOccident, pareille à Téclair qui brille en même temps atix deex extrémiiés de l'horizon : Sicat euim fulgar exil ah Orienie^ et paret usque în Occidentem ('i), dernier secret de la

(1) Ezechiel, i, 20. —(2) S. Matth., xxiv, 27.

science et de Fart appliqués à rindiislrie; révolution immense dans la vie et dans l'histoire des hommes : trait d'union entre tous les peuples; conqaê[e au delà de laquelle je ne sais s'il y en a. Proclamons-le; ce sera à toul jamais un beau titre de gloire pour l'esprit humain que ce succès oblenu par lui depuis qu'il s^est assujetti à l'étude des combinaisons de la matière au profit de cette vie morîelle.

Mais la matière peut-elle se perfectionner en se séparant de i'espril? Non, non, non. Car Tesprit restera toujours maître de la mati^^re ; mais l'esprit, dans sa condition divine, dans son adhésion à Dieu. Aussi la religion sait que le Dieu qu'elle annonce est le D'eo des sciences, et que c'est lui qui mspireelqui prépare les pensées et les découvertes deh hommes : Quia Deus scieniiarum Dominus est, et ipsi prœparantur cogitattones (I) , et la religion bénit toujours les conquêtes de l'humanité, qctUid celîe-ci ne veut point s'en servir contre Dieu. La société ac'uelle ne sait pas moins qu'elle ne peut se passer de Dieu ; c'est pourquoi elle veut s'appu^'er sur son bras, et c'est une disposition franclie Je sa part.

Considérons l'homme, le prince de la science, se jouant parmi les oiseaux du ciel : Qui in avi-

(i) ï Rois, 11, 3.

j.^ ^™1>REMIERE PARTIE

bus cœli ludunt (1), courant aussi \ite qu'ils volent, nous lui dirons ce que David disait à i)ieu : « Tu marches sur Jes ailes des venls, et lu as pris pour ininisirc le fei« : Qui anibulas super pennas ventorum... qui facis ntinislros luos ignem urentem (2). » Oui, riiooime altelant au char de sa fortune les éicmenis les pjus redoutables et les •plus impaiienls du joug et de la régie, les coi-n|)rimani et les dilatant à son 2t'é'^ l'honime, émule du Tont-Pnissanî, a fait les vents ses message is, et le feu dévorant son ministre : Ministros tuos ignem urentem.,, .*^ous les pas brûlants de ces nouveaux coursiers, les distances s'effacent etl'humanité thésaurise le teùips, écoutez Iv^Si je. prends mes ailes au lever de îtiurore, le soir j'arrive aux exlrémiiés du monde où la lumière s'éteint: Si sumpsero pennas meas diluculo et habitavero in extremis maris... tenehrm conculcabunt me (3). Ces roues véloces marchent comme l'impétuosité de la tempête : Et rotœ ejus quasi impetus tempestatîs (4) ; et la vue de la locomotive se précipitant avec ses roues ressemble, selon le langage d'Ezécbiel, â la vue de la pierre chrysolithe qui est une pierre précieuse et transparente, de couleur d'or mêlée de \ert avec un feu char-

(1) Barucb, m, 17. — (2) Ps, cm, 3, 4, — (3) Ps, cxxxviii, 0, 11. — (4)Isaïe, V, 28.

niant : Species aulem rolarum erat quasi Visio lapidis chrysoUthi (I). Sommes-nous arrivés aux temps prédits par Joël où l'esprit de Diei? inspirera l'esprii; el la clmir et où Ton verra des prodicres au ciel el sur îa lerre : Je san2*, le feu, la \cipeuv'! Et dobo prodigiain cœlo et in terra, sanguinem et itjnein et vaporem fumi P). Evidemment nos inventions sont lîlles d'un rayonne. i.ent divin.

Ecoutons raisonner un savant srcolosrue : «Parmi les nombreux agents physiques dont l'aclion paraît avoir le p'us puissamnieni influé à toutes les époques sur la coiuposilion el l'ai rangement des éléments du mond<i iuriterlel , la dynamique (scienci^ du raouveuienl) géo]o|^iquo place donc au premier rang deux pcincipes antagonistes, le feu et l'eau, in-^trumenis d'une énergie immense, qui Ofit déterminé vi^'ibleufeut, dans l'économie de notre giobe, à sa surface comme dans son intérieur, les plus étonnantes révolutions et les cbangemenls les j»[us féconds en résultats d'une haute importance. Tels sont les deux grands leviers à Taide desquels l'intelligence créatrice paraît avoir jjétri, façonné, disposé la matière inorganique de notre monde; et jusqu'au milieu de la turbulence el du désordre apparent de tant

(d) Ezechiel, x, 9.— (2) Joël, 11, 30.

d'éléments opposés, sa sagesse providenlielle et sa toute-puissance éclatent par runiformilé des lois qui oni réalé tous ces Aiouvenienis, dirigé toutes ces forces, présidé à l'accomplissement de tous ces étonnants phénomènes. »-

l,es enfants, dans la fournaise de Babylone, invitent l'eau et le feu à bénir le Seigneur (1) ; c'est l'eau et le feu qui produisent la vapeur, grande motrice de toutes nos ujécani(|ues (2). La vapeur, dit M. Webster, s'est emparée des fleuves, et le batelier peut se reposer sur ses rames ; elle est sur les routes élevées, et n<)us 1'^; voyons s'exercer au voiturage par ter'x^; elle est au fond des mines à 580 mèlres pltis bas (^i<e la surface de la terre. Nous la reirouvons égi^lemenl dans les moulins et dans les aieliçrs de l'industrie; elle rame, r-ompe, cbavrie, sol^Lvc, foi'^e, '«le, tisse, imprime, îave. Ici. j'ai deux mots ;• dire : l'un à Dieu, Tau ire à l'homine. ^ Dieu : Que a os œuvres sont magniiiques, Seigneui î Vous avez tout fait dans votre sagesse; -a iea-e ?si plei»)e de vos biens : Quàin macjnificalasun' opéra i/ia^ Domine ! omnia in sapientia fecisti : implela est terra posses^

{Vf Oanip.l, !ii, 60, 66. — (^î) ï/nclio^i da Ton réA^ùi l'oau en vapeur, et l'on sait nue licji u'nr.piochs do (-! force irrésistible de la vapeui" mise en expansion. (M. Le lilanc de Guillet, Irad Licteur de Lucrèce, tome II, page 409. Edil. de luxe, de 1788.)

sîone tuâ (1). Et en voyant en terre des dispositions si mei veilleusemeni en ^oppo-t avec les besoins de Tindiistrie hcmaine, qui i»ourraii nier qii'^l ne soiî entré un dessein providenîiel et tout bienveillant pour l'homnv' dans une ielle distribuîioti des inaiëriau^ de Tenvelopp^ ierreslre? Vous aimez les iiom^nes, u mon Dien, et vous leur donnez dans vuire ('(ttisï'vn tous les trésors de la ierre et dn ciel ! Esc ce (ju'jls ne vous aimeraieni'pas, les bommes, les dénies, les gr^mds inventeurs, les dieux de l'induslrie? Oui, ils vous aimeront, vous adorevonl, vous béniront, vous cbaoteront le Deo grattas,

E'i moi, je leur dis avec le plus sublime des prophètes ; Préparez la voix ôi^ Seigneur, dres-^ sezses chemins, aplanissez ses voies : Parate viam Domid'^reclas facile semUas D' i nosirL., asperain vins planas (2). C-'est enleiuîc au sens propre et litiéral, ]es chemms de Ter dresscni les voies et les veadi^nî pl;u)cs: juais, au sens «.M.i'al et spiriiueU les chemins de Ter prép;ireoi le^ voies aux grands dess^'ins du Seigneur :û h larcomplisseineni de ses plans tirés au ciel. Je suis heureux de ciier un maître qui va vous ies a|>pcendre, en nous rassurant sur l'avenir et nous ôtant toute crainte.

(i) Ps., cm. 2 '. — (2) îsaïe, lx, 3, 4.

« La question des chemins de fer, dit un prélat illustre, a été étudiée tour à tour sous toutes ses faces par les hommes pratiques, comme par les hommes de la science. La politique va vu un gage de plus de concorde et de paix entre les nations; le commerce, l'industrie, une voie plus sûre et plus prompte ouverte au transport des produits, à l'échange et à l'écoulement des marchandises; l'économie politique, un moyen de verser d une contrée à l'autre le trop plein de ses productions, et d'élever à un niveau commun le bien-ôire de tous les peuples; la philosophie, un véhicule puissant et rapide pour la diiïusion des lumières et la propagation des idées civilisatrices. La religi(jn a aussi son mot à dire sur cette grave question. Des hommes sincèrement dévoués à sa cause ont paru craindre pour elle cette impulsion nouvelle donnée à l'activité humaine, ce contact universel des esprits et des idées, comme devant amener l'inévitable résultat d'un affaiblissement sensible des croyances et des mœurs. Nous osons dire à cet égard toute notre pensée. Nous ne partageons point ces alarmes.

« S'il est en nous une conviction profonde, c'est que toutes les giandes découvertes, qui déplacent les bornes anciennes et changent les relations connues entre les hommes, ont pour cause pre-

miére l'aclion bienfaisante de la Providence, laquelle, à des époques marquées par sa sagesse, fait faire un j)as à l'humanité vers le terme que lui assignent ses desseins éternels. Aussi voyonsnous presque toujours leur origine se perdre comme dans nn nuage mystérieux; en sorte que, si l'on demande à l'histoire le nom du premier inventeur, l'histoire hésite ou se tait. C'est le secret de Dieu. Or la religion, fille du ciel, qu'at-elle à redouter des œuvres du ciel? Peut-elle admettre que son auteur se contredira lui-même, en l'exposant à des épreuves plus fortes que sa constitution divine ? Sans doute, l'action de la vapeur, appliquée à nos chars et à nos navires, transportera et plus \ite et plus loin le mal comme le bien, le mensonge comme la vérité. Sans doute, comme les découvertes de l'imprimerie et du nouveau monde, elle élargira le champ de bataille où luttent éternellement le ration lisme et la foi; mais la victoire n'est pas douteuse.; car Dieu même y a engagé sa parole, et la vérité de Dieu demeure à jamais. La lumière arrive à nos yeux par les mêmes milieux que traversent les tonnerres et les orages. En accélérant la marche de ce qu'on appelle les idées nouvelles, on prête des ailes à l'Evangile. La coursede l'Apôtre ne sera pas moins rapide que celle ^u libre penseur, et il se trouvera peut-être enfin que ces puissantes

machines où le payant ne\oyaii qu'une heureuse découverte un génie, i'oconomisie qu'une source nouvelle de jvrospérilés maiériellrs pouc la lorlune publique, et (e philosof.lie q«ii a ie malheur den'èire pas chréiieu, la perspccîive du triomphe prochain de la raison pure sur les ruines des vieilles croyances, auront été un instrument dans les mains de Dieu pour étendre le royaume de Jésus-Christ et unir tous les peuples dans une fraternité universelle, par la communion d'une même foi ei d'une môme charité.

« Est-ce que îa religion ne reste pas toujours le besoin des hommes et des nations?... Et, maintenant, parlez, >messagers agiles! Allez, sous la protection de Dieu, et sous l'csi) de sa providence, transporter aux quatre coins du ciel, les hommes, les marchandises, les idées. Faites refluer les trésors de la pensée et les richesses du sol, des provinces à la capitale et de la capitale* aux provinces, en glissant sur ces voies rapides, pareilles aux veines et aux artères qui font courir la vie des extrémités au cœur et du cœur aux dernières libres de l'organisme. Qu'aucun obstacle n'arrête votre eîsor, qu'aucun accident funeste n'attriste votre passage. N'empruntez à la foudre que recèlent les flancs de vos chaudières que Timpéluosilé de ses ailes de feu ; franchissez les montagnes, les vallées et les fleuves :

étendez tos rameaux de l'une à l'autre ruer; ne reciilez lU^-uje y»as devaui le 2Tr-nd abîme: en chiîOj^eauv vos .îpfiareils, onYtez-vous un chemin sur rOcéon {«our nnir les < ontinenls, poi<r rapprocher, iiai' les iaicreis, pae les hcsoins, par l'aniOi-T frniei'nei. (.-ai' ious les atiraiîs de la civilisation ciiréiienuo, îes ipemhres dispersés de la grande far'îiUe humauio, ei annoncer à tous la bonne ROuveUo qui uû enitradue, il y a dix -huit siéclev SiM le b. i'C<îar. d» Sauveur du monde : Gloire à J)i",^ au plus kant des cieux^ paix sur la terre et aux ho: mes bonne rolonié. »

Touie cciie doi irîtie est vraimeni biblique; telle esi i^ vich(-:-'c j'\r<uie.des nos livres saints. Lisons 'Joiic ia Bible enco*'e une fois, et nous y trouverons tout.

l'art de la. politique

La politique est ia première partie de la morale.

t.lle consiste en l'art de gouverner et de policer les étals, pour y entretenir la sûreté, l'ordre, la tranquillité et l'honnêteté des looeurs.

Elle comprend la diplomatie, qui est la science pratique des rapports mutuels, des intérêts res-

pectifs des Etats et des souverains entre eux. Les ministres et les ambassadeurs doiventjôtre grands diplomates.

Se tire d'elle aussi l'administration, qui est la conduite, la direction, le gouvernement des affaires publiques ou des affaires particulières.

« On voit dans TEcriture, dit Bossuet, le gouvernement d'un peuple dont Dieu même a été le législateur 5 les abus qu'il a réprimés et les lois qu'il a établies qui comprennent la plus belle et la plus juste politique qui fût jamais.

» Tout ce que Lacédémone, tout ce qu'Athènes, tout ce que Rome, pour remonter à la source, tout ce que l'Egypte et les Etats les mieux policés ont eu de plus sage, n'est rien en comparaison de la sagesse qui est renfermée dans la loi de Dieu, d'où les autres lois ont puisé ce qu'elles ont de meilleur. »

Moïse, Joseph, David, Salomon, Jésus-Christ, les apôtres. Dieu lui-même, dans la Bible, donnent de divines leçons sur la politique. La politique intéresse Dieu, les hommes ; elle intéresse la société, les souverains, les sujets. Si elle est bonne, douce, juste, équitable, adroite, elle rend tout le monde heureux. Elle comprend les devoirs des gouvernements et des gouvernés, donne les motifs les plus hauts do les remplir ; elle féconde les rapports et les droits des ci-^

toyens. Si elle est divine, elle ne veut pas que les hommes soient seulement citoyens de la terre, mais qu'ils deviennent citoyens du ciel. Elle leur en montre le chemin.

Le Deutéronome, les Proverbes, les apostoliques Epîtres aux Corinthiens et à Timothée : buvez à ces sources pures et fécondes, et vous réformerez en beaucoup de points votre politique et votre administration.

Deux astres qui ont brillé côte à côte dans le grand siècle et* qui en sont la plus célèbre illustration, ont composé chacun un traité de politique. Le premier, le sublime Bossuet, divise le sien en dix livres qui renferment trois cent cinquante propositions extraites de la Bible qu'il a entièrement parcourue pour les trouver, et ce rejaillissement de la sainte Ecriture, ce reflet de Dieu forme un chef-d'œuvre (au-dessus des chefsd'œuvre). Prenez, s'il vous plaît, et lisez.

L'autre, le suave Fénelon, sous la forme du poëme épique, éparpille dans l'histoire de son héros tous les principes sacrés et consacrés de la plus fine, de la plus délicate, de la plus libérale et de la plus harmonieuse politique. Lisez Télémaque.

Voilà des génies qui ont compris la politique et qui ont su la puiser à sa véritable source , dans les divines Ecritures. Lisez - les

62 PREMIÈRE PARTJE

tous les deux , parce qu'ils se tempèrent i'un, l'autre.

roiitique chrétienne^ diplomatie évangélique, admitiistraiion jush-, \oi(à les pivots sur lesquels roule la félicité puÎDlique.

l'art de la. mémoire

Voici un chapitre bien important que l'on peut même appeler fondar.îenîal ; caria mémoire .qui est une faculté intellectuelle, est un grand fondement et vn précieux inslrumont sans lequel l'esprit ne peut faire ses opérations.

Qu'est-ce que la mémoire et de combien de sortes ? Avantages de la mémoire. Faut-il cultiver la mémoire et même à tout âge ? La mémoire peut-elle devenir biblique ? Vive exhortation. ' ^

De la mémoire et de ses espèces, — C'est autre chose^ dit Bossuet, d'entendre la première fois une vérité, autre chose de la rappeler à notre esprit après l'avoir sue : la rappeler dans son esprit s'appelle se ressouvenir, et voilà la mé* moire.

La mémoire est donc une faculté par laquelle l'àme conserve le souvenir des choses qu'on a

vues OU entendues. Tous les objets extérieurs, auxquels on donne quelque attention, font sur l'àme une impression ieile ou telle. Quand cette impression < si forte, elle se g' ave (irofondément et se rend sensible en ioule occasion qui a quelque rapj)ort ù ces objets.

La mémoire (îépendant de l'organisation ^ on conçoit cornaient eVie est altérée par les maladies, par îa vieillesse et môme à ses approches, et qu'il est nécessaire qu'elle s'use avec le corps.

« La mémoire, dit saint Augustin (1), est une faculté de Fesprit qui n'en est point distinguée et qui est adii>irable. C'est quelque chose d'étonnant, ô mon Dieu, que la force de la mémoire ! On est épouvanté, quand on considère cette capacité sans bornes, et la multiplicité infinie des choses qu'elle contient. Or ma mémoire, c'est mon esprit, et mon esprit, c'est moimême. »

On distingue, dit encore Bossuet, la mémoire qui s'appelle Imaginative, où se tiennent les choses sensibles et les sensations, d'avec (a mémoire intellectuelle par laquelle se retiennent les vérités et les choses de raisonnement et d'intelligence.

(4) Conf., liv. X, ch. xvii.

64 PREiMIERE PARTIE

La mémoire dépend beaucoup de l'art du travail, dit Cicéron ; c'est pourquoi il distingue la mémoire naturelle et la mémoire artiiîcielle. Il y a une mémoire locale. Ainsi, en débitant votre sermon, vous suivez la page ; ainsi encore en voyant un objet, vous vous rappelez une pensée. Il y a la mémoire des mots et la mémoire des choses. La seconde espèce vaut beaucoup mieux que la première 5 mais, pour naître et pour se perfectionner, souvent elle a eu besoin de la mémoire des mots ; car les mots l'ont meublée et enrichie de pensées.

La mémoire, dit Sénéque (1), est la puissance de l'âme la plus délicate et la plus fragile, comme la plus variée.

Avantages de la mémoire. — La mémoire, dit Cicéron, est le fondement de l'orateur : Memoria oratons fundamenlum. Et saint Augustin vient dire avec lui que c'est le trésor des pensées, des découvertes, des inventions, de toutes choses : Memoria omnium rerum thésaurus. La mémoire, dit encore Cicéron, contient non-seulement la philosophie, mais encore l'usage de la vie et tous les arts, et voilà son excellence : in heneficium, Boéce, Isidore d'Espagne et Hugues de Saint-Victor, appellent la mémoire, la coo-

(1) Livr. l des Contr,, au commencement.

pératrice de la raison : Cooperatrix rationis. On le conçoit, car la raison, sans la mémoire 5 ne peut procéder aux vérités inconnues, ni retenir les vérités connues.

La mémoire, continue Cicéron, est la mesure de nos connaissances et la limite de notre science : Tantiim suniiis quantum memorià tenemus. La mémoire, dit Plutarque, est la mère des Muses : Mater Musarum Memoria est. Et Aristote l'appelle un scribe intérieur qui écrit, dans notre âme, qui trace les linéaments de nos idée» et la structure de nos pensées.

Saint Grégoire de Nazianze, dans un de ses poèmes, chante en peu de mots, mais vraiment poétiques, « l'excellence de la mémoire pour le chrétien comme un de ses instruments de salut. Se rappelant les exemples des martyrs et des saints, les voies du ciel, les exercices de vertu, la force de la luUe, les communications divines, elle s'élance appuyée sur la volonté, elle s'élance à la patrie où elle sera heureuse à jamais avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit : Sic est animus., . mta cœlestis est... in paradiso.. . cum Pâtre ^ Filio et Spirilu sancto. a

En chaire, pour se rappeler les pensées du discours, les citations, les traits, les histoires. — En conversation, pour citer des dates, préciser des époques, citer quelques analectes; égayer un

auditoireparune anecdote récitée à propos. — Dans la vie humaine et dans la vie domesiiqne pour se rappeler toute chose et dans les affaires et le commerce pour ne rien oublier d'essentiel et de fort grave, ce qm serait de nalute à occasionner des perles peut-être irréparables. -r- Dans la vie civile pour la cultiver et ia reii»plir avec ses minutieuses exigences. — Dans la vis clirétienne pour se rappeler tous ses devoirs. — Eidans la vie sacerdotale pour ne pas omeîîve un iota de ses divins et nécessaires déiails. voyez l'importance de la mémoire, et appréciez ses biens et ses avani«nges.

Culture de la mémoire. — Deux bouches s'ouvrent pour tirer une conséquence qui est !a culture de la mémoire : le vieux Caion et le vieux J\ollin : a Ta mémoire s'en va., si tu ne fexerces, dit Caion : « Mcmoria ininuitur, msi exerceas eam. « Il est Irès-imporiaiil. dit MJlin, dans son Traité des Etudes, de s'appliquer de bonne heure à cultiver la mémoire. » ï^oVh)^ recleur au collège royal à Paris en 169-^: 5 introduisit fuspge, toujours observé depuis, de faire apprendre par cœur une partie de l'Ecriture saiuie aux écoliers (1). Piollin mérite les bénédictions de la France pour cet usage.

(1) Dans sa biographie.

Tous les insliiiUeurs, tous les maîtres, tons les professeurs, ont cultivé la mémoire delà jeunesse en exigeant d'elle qu'elle apprît par cœur.

Jean Pic delà Mirandole, né en IGAS, d'une famille illustre, fut dés sa plus tendre jeunesse un prodige par sa mémoire éicmnante. A peine avait-il entendu trois fois la lecture d'un livre, qu'il répétait les mots de deux pages entières, ou dans leur ordre naturel, ou dans leur ordre rétrograde. On dit qu'à làge de dix-huit ans, il savait vingt-deux lc)ngues.

Robert de NobilibuSj qui fui fait cardinal à douze ans et qui mourut à dix-sept, en 1559, ne passait r.ucuo j«»ui' sans éludier l-eaucoup et sans apprendre pi)r co3iu^ le prophète Jsaïe. II le savait et se l'était intimé 5 il l'appelait son grand maître et à chaque moment il en récitait un chapitre. Paul IV, a<lmirant cette mémoire et celte science si étendue comme si précoce, le déclara bibliothécaire iie la sainte Eglise.

Le pape Clément V avait une mémoire si prodigieuse, qu'il n'oublia jar^^ais rien de ce qu'il avait lu ou entendu. Il aimait surtout ie prophète Ezéchiel et le savait comme son Pater. Chaque jour, dans sa jeunesse surtout, il avait appris quelques pièces de mémoire.

Sénèquediî de lui-même que, par un effet de mémoire extraordinaire, merveilleux, il répétait

deux mille mots détachés dans le même ordre qu'on les avait prononcés. Quel exercice il lui avait fallu pour amener sa mémoire à ce point !

Saint Augustin (1) raconte d'un nommé Simplicien, son ami d'adolescence, qu'il avait une mémoire adtnirable. Il récitait Virgile par cœur, en le prenant par le commencement on par la fin. Il récitait aussi les discours de Cicéron. C'est par de grands efforts et d'iniinies tentatives qu'il en était venu là.

Oui, la mémoire doit être cultivée et même à tout âge, pour se conserver, pour nous servir dans les circonstances de la vie et pour nous faire honneur.

Un vieux curé le disait et le faisait. Toutes les nuits, à deux heures du matin, il lisait la Bible et l'apprenait de mémoire ; il en était si rempli, que, dans une conversation, il appuyait toute proposition quelconque par un texte sacré. On dit la même ciiose de monseigneur de Quélen, archevêque de Paris, (l'est ce qui nous fait établir la proposition suivante:

, La mémoire devient biblique. — Toutes les facultés de l'âme deviennent bibliques. Le génie devient biblique comme celui de saint Augustin et de Bossuet. L'imagination devient biblique

(1) De Anima et ejus Origine, tome X, col. 391, ad fînem.

comme celle de saint Chrysostome et de Tertullien. L'esprit devient biblique comme celui de saint Cyprien, de saint Grégoire de Nazianze. Le cœur aussi comme celui de saint Grégoire le , Grand et de sainl Bernard. Et la mémoire ne deviendrait pas biblique ? Appelez saint Jérôme et saint Ambroise; ces deux illustres docteurs Yous répondront. Toute Tàme devient biblique, s'identine avec le langage, les pensées, les conceplionSj le style de la Bible, c'est-à-dire que toute Fàme se déifie et prend les allures de Dieu, en méditant la Bible, en suant sur la Bible et en apprenant la Bible:

L'abbé Gilbert (I) a dit un mot très-profond et trés-philosophique qui mérite d'être mérité. La mémoire, dit-il, se répare par FEcriture sacrée, parce que celle-ci lui représente le Verbe sacré : Scriptura sacra memoriœ reparatrix est, quia Verbi reprœsentatrix est. La Bible apprise est donc la grande réparatrice de la mémoire parce qu'elle est la représentatrice du Verbe et de la parole sainte. Toute mémoire tombée, délabrée, ne gardant plus de vestiges sur les esprits vitaux, se remonte et même à tout âge, en apprenant la Bible. J'en donne deux sortes de raisons ; des raisons

(<) L'abbé Gilbert, sermon xlvii, n° 2, dans le second volume de saint Bernard sur le Cantique des cantiques.

toutes naturelles et des raisons spirituelles.

La Bible- humainement parlant, a un beau langage : un langag.' piquant, imagé, saisissant. ^ Elle est comme cadencée eî harmonieuse ; elle est musicale; elle était chantée chez le peuple hébreu. Ses sentences sont frappantes comme dans les Proverbes, FEcclésiaste, saiat Paul. Ses monosvllabes et ses cour (es phrases sont faciles à retenir; par exemple : Non est pax impiis.,. Negotiamini dùm venio.., Sahamim.,. Crucior,., Mihi vivere Christus est. Ses pensées sont les plus riches possibles et les plus enrichissantes ; apprendre la Cible, par conséquent, c'est seremplir de toute vérité et parfaitement réparer et remonter sa mémoire : Memoriœ reparatrix.

Si nous creusons maintenani dans i'ordre spiri- ,tuel, nous y trouverons qtfe le Verbe divin ou la parole sacrée porte avec <?\\^ un don. une grâce, une ierveur, une lumière, qui est de naîure à combler les vides et à réparer les lacunes d'une mémoire en ruines. C'est le Verbe qui a tout créé; c'est le Verbe qui réforme îoiu, qui répare tout, qui ordonne iouj, qui relève tout, qui vivifie tout : Instaurare omnia in Chrisio Jesu. Sa grâce s'infiltrera dans cette inieiiiiivince, l'excitera à former de nouveaux vestiges dans le sang le plus délié et réparera ainsi une mémoire qui se remplira de ses bienfaits, lui rendra gloire ici-bas et

saura chanier ses miséricordes et ses louanges, dans les siècles infinis. C'est ainsi que le Verbe, divin qui est le jDére de toutes les idées, la mémoire humaine s'en remplira, sera restaurée noblement et gloridée : Scriptura sacra Verhi reprœsentairix est.

Un fondateur d'ordre me disait : « Tous les jours j'apprends de mémoire quatre versets de l'Ëvangile et je lis la Somme de saint Thomas; voilà loales mes études présentes, que je regarde comme les plus précieuses possibles. Je saurai bientôt l'Evangile, qui est facile à apprendre : le lendemain je répète les versets de la veille et je fais la répétition de toute la semaine. Je re^ mercieDieude ^n'avoir donné ce goût; rien au monde n'étend el ne fortifie la mémoire comme ces sentences divines bien apprises. »

Le R. P. Frère He Paris, donnant en 1836 une retraite ecclési-istique au diocèse d'Agen, parla mille ibis dd îa Bihle et de la nécessité de l'étudier, de la meunier, de la digérer et de se l'incO'porer. et il ajouta : « Voulez-vous garnir j orner vos méintvi.es des perles du ciel ? Voulezvous les répaio- , si elies sont en ruines, apprenez les Er.îtres ue saint Paul; je ne vous donne pas d'autres conseils. »

En 1837, en avril, un phénomène s'est passé dans un diocèse de France. Un évêque étranger

y était appelé pour y donner une retraite pastorale et il s'y rendit : c'était un vieillard. 11 savait toute la Bible et la comprenait. Que dis-je? la comprenait! oui; la comprenait autant qu'un grand génie et un grand saint peut la comprendre. Sa doctrine, tout exprimée par des textes de la Bible, était si hauLe, que l'auditoire était transporté au ciel et y planait avec lui ; elle était si onctueuse, qu'à chaque sermon les larmes coulaient et que quelquefois cet auditoire de prêtres fondait en larmes et poussait des cris; elle était si nerveuse, que toutes ces volontés étaient changées et que l'orateur entrait pleinement dans les puissances du Seigneur et les remuait; ses auditeurs faisaient tout ce qu'il voulait. Voilà la Bible avec sa force et son empire, et voilà la nécessité de l'apprendre. Aussi assiire-t-on que tous les prêtres qui fréquentaient cette retraite à jamais incomparable, sont devenus de grands admirateurs de la Bible. Que le célèbre instrument d'un si grand bien vive à jamais ! Vivat in œternum cum Deo î

Monsieur le juge de paix de Condom disait à un ecclésiastique : « Je sais par cœur le livre de la Sagesse, et ce n'est pas moi qui juge, c'est le livre de la Sagesse. » Il avait dit à Dieu : Sapientiâtuàconstituisti hominem^ ut disponat in œquilate etjustitiâ, et in directione cordis judicium judicet ;

dd mthi sedium tuarum assistrtcem sapienttam (1). 0 mémoire heureuse qui possède la doctrine de la sagesse de Dieu ! C'est d'autant plus magnifique, que cVst un laïque qui s'est fait une mémoire biblique.

Un négociant, dans une ville, récitait chaque jour son bréviaire et l'office de la sainte Vierge; il en a^ait appris de mémoire toutes les principales prières et s'était formé une mémoire biblique; il est mort comme il avait vécu, en récitant des sentences des livres saints et s'appuyant sur ces oracles; il a rendu le dernier soupir plein d'espérance et de consolation.

H serait trop long de citer mille autres traits.

Aussi ne puis-je me lasser de le répéter : chaque jour, apprenez par cœur un verset de la Bib4e; dans un an vous saurez plus d'un livre peutêtre; vous aurez restauré votre mémoire et vous regorgerez des divines sentences. Commencez, si vous voulez, par les proverbes de Salomon : Audiens sapiens^ sapientior erit; et intelligens, gubernaculapossidebit (2).

Timor Domini principium sapientiœ (3).

Fili miy si te lactaverint peccalores, ne acquiesças eis (4) .

{{) Sagesse, ix, 2, 3, 4. — (2) Ch. i, 5. -> (3) Jhid,, 7 — (4) Ihid., 10.

Ce livre a trente et un chapitrés; mettons qu'il faille un an et demi pour l'apprendre, ah ! la légère peine que le prêtre se sera donnée sera bien compensée par les richesses immenses qu'il y puisera et les avantages infinis qu'il y trouvera pour lui d'abord et pour sa propre vie, pour instruire le fidèles en chaire, les diriger au tribunal de la pénitence et les édifier.

Youlez-vous que je vous excite vivement à J cette étude par l'avis d'un grand docteur? 5(B/)è ' divino sacrœ scripturœ eloquio incumbe sive legendo^ sive memoriter discendo (1). Et saint Augustin dit : La moindre connaissance de l'Ecriture est préférable à toute la sagesse humaine : Scripturœ exigua cognitio totœ humanœ philosophiœ prœferenda (2) . Ce que dit l'Ecriture, Dieu le dit, et ce qu'apprend l'Ecriture Dieu l'apprend^ dit-il encore. Apprenons l'Ecriture et nous apprendrons Dieu ; ah ! qu'il fait bon savoir Dieu ! connaître Dieu ! entrer en société intime avec Dieu ! C'est ce que vous ferez si vous enrichissez votre mémoire des oracles divins et que vous les fassiez sucer à votre cœur comme un miel délicieux : que vous serez savant ! que vous serez grand et précieux ! Vous serez tout spiritualisé

(1) Ad quîâ venisti? 2* vol de saint Bernard. — (J) Llv. II, àe Gm, ad litU

dans les doctrines bibliques. Ne vous couchez donc pas, ne vous endormez pas sans avoir appris voire verset ; les ténèbres seraient votre partage, tandis que, &i vous l'avez appris, votre nuit sera illuminée et dans votre sommeil sacré vous monterez au ciel. Quittez tout le reste, abandonnez des occupations qui vous paraissent importantes pour donner la préférence à votre verset divin 5 vous en prendrez la sainte habitude ; Dieu vous ouvrira l'esprit et la mémoire ; il vous instruira lui-même en maître divin et il vous bénira.

Si vous êtes arrivé à un âge avancé, soixante ans, soixante-dix ans, quatre-vingts ans, n'en soyez que plus zélé pour apprendre votre verset ; il sera la couronne de vos vieux ans, la gloire de votre vie, votre immortel laurier. Monseigneur Cheverus, archevêque de Bordeaux, a toujours appris ses versets, même les jours qui ont précédé sa mort. Vous lui ressemblerez ainsi qu'à saint Augustin et à saint Jérôme, et vous vieillirez en sublime doctrine et en docte et en sainte compagnie. Lisez, méditez, ruminez, repassez la Bible; mais apprenez-la de mémoire et vous apprendrez Dieu et vous apprendrez le ciel.

COURTE NOMENCLATURE DE QUELQUES RICHESSES MATÉRIELLES DE LA lilBLE

Ancien Testament, 45 livres; Nouveau Testament, 27 livres;

Total, 72 livres pour former toute la Bible.

Ces 72 livres ont environ 40 auteurs.

Dans l'Ancien Testament, il ya 1,090 chapitres.

Dans le Nouveau Testament, 260.

Totale 1 ,350 chapitres pour toute la Bible.

La Bible contient 31 ,173 versets, dont 7,600 du Nouveau Testament.

Elle contient 773,692 mots.

— 3,566,480 lettres.

Le nom de Jéhovah s'y trouve 6,855 fois.

Celui de Jésus 226 fois dans les Epîtres de saint Paul.

La particule A 45,227 fois.

Le chapitre qui forme le milieu de la Bible est le 117° psaume.

Les traductions et les commentaires des psaumes s'élèvent à 60;000.

Les Epîtres de saint Paul sont commentées par 400,000 auteurs, dans toutes les langues.

On ne peut savoir le nombre des commentaires

et des explications de l'Evangile, mais Ton en présume 2,0005000.

Le Pentateuque a été expliqué 6,000 fois.

Un des plus longs commentaires est celui de Camille de la Pierre : il est fort savant^ érudit et moraliste.

Celui de dom Calmet a l'avantage, si c'en est un, d'être écrit en français ; il est savant, mais languissant et quelque peu insipide.

Un commentaire du Pentateuque bien savant, est celui qui accompagne la Bible- de Vatable : l'auteur sait toutes les langues, il cherche le» racines des mots et ne se trompe pas en donnant les différents sens.

Duguet a commenté le Pentateuque en six volumes in-12: le premier, qui explique l'œuvre des six jours , est un petit chef-d'œuvre.

Mais le meilleur commentaire de tous, pour un jeune prêtre comme pour un prêtre studieux qui n'a pas beaucoup de temps à donner à l'étude à cause de ses occupations pastorales multiples, est celui de Ménochius, savant jésuite, qui est court, clair, d'un latin très-facile et qui commente tous les livres de la Bible. Avec ce commentaire, l'on se passe de tous les autres . Les éditions in-folio et in-4° sont les meilleures; les nouvelles ne valent pas.

Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible, Va.marquer les écueils de cette mer terrible; Perce la sainte horreur de ce livre divin.

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