‹ Sources de la prédicationChapitre 13 sur 81 · BOILEAU · texte numérisé non relu

BOILEAU

La Bible est l'œuvre d'un seul et même esprit^ employant successivement quarante secrétaires, et dictant à chacun ce qu'il lui plaît.

.Lisez et apprenez la Bible dans un seul et môme 'esprit, qui est l'esprit de Dieu, l'esprit de la science vraie, l'esprit du bien.

Et voilà votre richesse.

C'est votre richesse, ô évêques, grands recteurs de l'Eglise de Dieu (2,000) .

C'est votre richesse, ô prêtres de Jésus-Christ (1,800,000), porteurs de la parole catholique.

C'est votre richesse, ô fidèles de tout l'univers (250,000,000).' ^

Tous unis sous Tautoriîé du vicaire de Jésus- Christ [Sic^ sic. Amen) .

La Bible est votre trésor; la Bible est votre nchesse,

Scriptura divina, domesticam individuamque cum sociali, gratiam habet (Doctor ore aureo) .

Scriptura doctrinœ et vitœ regulam prœscribit (Doctor Hipponensis) .

Verba sacrœ scripturœ deliciosa^ solida atque efficacia sunt (Doctor mellifluens in medio aetatum).

J'ouvre celte partie par un beau passage de saint Chrysostome. La beauté, dit-il^ est du ciel ; elle se promène sur la terre mais en la frisant seulement et comme en l'oubliant ; car la terre n'est pas son pays. Dieu l'aime, c'est sa fille; méditons-la, et, pour la posséder, chassons de nous avec soin, par la lecture des lettres sacrées, toute tache qui lui serait obstacle. C'est par sa propre purification qu'il faut commencer^ autrement l'on n'aurait pas l'intelligence des Ecritures : Hanc pulchritudinem quotidiè meditemur: litterarumque sacrarum sedulâ lectione omnem maculam eluamus atque abstergamus (1 ) .

(1) Tome V, p. 707, Homélie sm- le Paralytique, à la fin.

Etant purifiés, prosternons-nous devant Dieu, de qui émane toute beauté comme de sa source, adorons! Puis relevons-nous et voyons la beauté de Dieu, dit saint Chrysostome (1). Heureuse et incomparable nature, étrangère à la mort, infinie, transcendante de la raison et de la pensée humaine ! Quand, ô bien-aimé, quand vous entendrez parler de la beauté de Dieu, ne vous figurez pas du corporel, mais une gloire spirituelle et une ineffable magnificence. Le prophète sublime dit que les séraphins, frappés de stupeur et d'admiration devant cette beauté, cette magnificence et cette gloire, restent immobiles, se voilant le visage de leurs ailes et chantant : Saint, saint, saint î Pulchritudo illius heatœ, et ah interitu alien naturœ^ res est quœdam infinita^ etnullâ ratione superabilis^quœ omnem excedit rationem, et omnem effugit cogitatîonem. Quando autem pulchritiidinem audiveris, nihil corporeum suspiceris^ 6 dilecte! Sed gloriam quamdam incorpoream , et magnificentiam ineffabilem, Hanc itaque declarans propheta dicebat (2) : EtSeraphim stabant in circnitu ejus, et duabus pennis vultum tegebant et clamabant: Sanctus, sanctus^ sanctus^ ex stupore, ex admiratione^ ex illo décore^ ex magnificentiâ^ ex gloriâ,

(i) Tome I", sur le psaume xli, p. 343. Cette homélie est admirable; il faut la lire en son entier. — (2) Isaïe, vi, 2, 3.

Les œuvres de Dieu sont belles, surtout son verbe, sa parole : l'on peut et l'on doit dire que son verbe est beau comme lui, puisque c'est la môme nature, infini, étranger à la mort, transcendental, digne du chant sublime des séraphins : Saint, saint, saint. Le beau, dit Platon, c'est la splendeur du vrai ; il est vrai, donc il est beau. Le beau, dit saint Augustin, en est la forme : Omnis pulchritudinis forma unitas est (1). Et ail- " leurs il dit : Le beau vient de l'unité des parties : Pulchritudo ex quâdam partium uni'tate venit. La Bible va à l'unité, et l'unité en est la forme; donc c'est un beau livre et c'est le plus beau des livres, puisqu'il est le verbe de Dieu. Le beau, c'est l'épanouissement de l'ordre; l'ordre épanoui et florissant, voilà le beau, dit Origéne (2), et voilà les lettres divines : Ordose diffundens et florem^ pulchrum générât sicut et fructum; en, en litterœ sacrœ cum ineffahilihus decorihus.

Trois choses forment le beau, dit saint Thomas (3) : la perfection, la proportion et la lumière de l'éclat. I/Ecriture sainte est parfaite; l'Ecriture sainte est proportionnée et entre les parties et aux facultés et aux besoins des hom-

(1) Lettre i à Célestin, tome II, colonne 23, n» 2. Édit. dite Bénédict. ~ (2) Adamanie, in Periarchon, liv. Il des Principes, — (3) F« Quest., 39, art. 8, conclusion.

mes, et TEcriture resplendit de la lumière de Dieu. Donc et mille fois donc la Bible est le plus beau des livres. Elle a toutes les beautés de l'harmonie^ toutes les beautés du genre et toutes les beautés de détail. Ce qui nous entraîne à ouvrir trois chapitres pour prouver notre thèse.

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