‹ Sources de la prédicationChapitre 16 sur 81 · PEINTURE, DESCRIPTION · texte numérisé non relu

PEINTURE, DESCRIPTION

Qu'elle est riante, qu'elle est belle, qu'elle est naturelle et sublime la peinture que nous trouvons dans le chapitre xi d'Isaïe.

« Il sortira un rejeton du tronc coupé de Jessé, et une fleur naîtra de sa racine. L'esprit du Seigneur se reposera sur lui, l'esprit de sagesse et d'intelligence, l'esprit de conseil et de force, l'esprit de science et de piété. Il sera rempli de l'esprit de la crainte du Seigneur, et il l'inspirera aux hommes. Il ne jugera point sur ce qui paraît aux yeux, et il ne condamnera point sur un ouï-dire. Mais il jugera la cause des pauvres dans la justice, et il se déclarera le juste vengeur des humbles qu'on opprime sur la terre ; il frappera la terre par la verge de sa bouche et il tuera l'impie du souffle de ses lèvres. La justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité, le baudrier dont il sera toujours ceint. Le loup habitera avec l'agneau ; le léopard se couchera auprès du chevreau ; le veau, le lion et la brebis demeureront ensemble, et un petit enfant les conduira tous. Le veau et Tours iront dansles mêmes pâturages; leurs petits se reposeront les uns avec les autres, et le lion mangera de la paille comme le bœuf.

L'enfant qui sera encore à la mamelle se jouera sur le tronc de l'aspic, et celui qui viendra d'être sevré portera sa main dans la caverne du basilic. Ils ne nuiront point et ils ne tueront point sur toute ma montagne sainte ; parce que la terre est remplie de la connaissance du Seigneur, comme le fond de la mer est couvert de ses eaux, i) Prenez la Bible et continuez la lecture.

La science du Seigneur, sa connaissance et son amour, c'est la paix, le repos, l'attraction des natures diverses et contraires, le bonheur. Qui peut les décrire comme le prophète ? Relisez de nouveau... le dernier chapitre d'Isaïe.

Jonas dans le ventre de la baleine, se décrivant lui-même dans sa prière au Seigneur {]), Et projecistt me in profundum in corde maris, et flumen circumdedit me:omnes gurgites tut, etfluctustui super me transierunt.,, circumdederunt me aquœ usque ad animam : abyssus vaîlavit me, pelagus operuit ca put meum... ad extrema montium descendi; terrœ vectes concluserunt me in œternum..,Et diceitDominuspisci, et evomuit Jonam in aridam.

Ruine de Ninive.

Ninive, la grande ville... Vingt-cinq lieues de circuit et plus de quinze lieues de large. Les mursy cent pieds de haut; larges : trois chars de

(1) Jonas, n.

front; flanqués de quinze cents tours hautes chacune de deux cents pieds : population 2^,000,000 d'habitants. L'an 3408 du monde , Nabolassar, roi de Babylone, et Gyaxare, roi des Médes, unirent leurs armées, mirent le siège devant Ninive, la détruisirent entièrement et transportèrent l'empire aux Babyloniens.

Voici la description de sa ruine par le pro~ phéte Nahum ; il n'y a que deux versets,

« Le bruit des fouets, les roues qui se précipitent avec impétuosité 5 les chevaux qui battent des pieds et les chariots qui volent (1).

« Je vois des épées brillantes et des lances étincelantes et une multitude tuée et une grande ruine ; les cadavres qui jonchent le sol n'ont point de fin et les monceaux de corps tombent les uns sur les autres (2) . »

Le prophète voit de loin, en esprit, tomber la superbe Ninive, sous les efforts d'une armée innombrable. On croit voir celte armée; on croit entendre le bruit des armes et des chariots; tout est dépeint d'une manière vive qui saisit l'imagination.

Le prophète donne les raisons de sa ruine. Fce, civitas sangiiinum... de sang, de boucherie humaine, de chair hachée^., pleine de mensonges,

(1) Nahum, m, 2. — (2) Ibid., 3.

de brigandages 5 de rapines... de fornications, des prostituées, etc. Lisez le reste dans le prophète; c'est d'une force, d'une énergie surhumaine.

Jamais Homère, dit Fénelon, ni aucun autre poëte n'a égalé Isaïe peignant la majesté de Dieu, aux yeux duquel les royaumes ne sont qu'un grain de poussière; l'univers qu'une tente qu'on dresse aujourd'hui et qu'on enlève demain. Lisez tout le chapitre xl ; et tous serez vraiment ébloui devant la beauté de ces diverses peintures.

Description du cheval.

(( Est-ce vous qui avez donné le courage au cheval et qui environnez son cou du hennissement (1)?

« Le ferez-vous bondir comme la sauterelle, lui qui, par le souffle si fier de ses narines, inspire la terreur (2) .

« Il creuse du pied la terre, il est plein de confiaoce en sa force et va au-devânt des hommes armés (3).

« Il se rit de la peur et ne cède pas au glaive (4) .

«Sur lui sonne le carquois, brille la lance et le bouclier (5).

{{) Job, xxxix, 19. ~ (2) Ibid., 20. — (3) Ibid., 21. — (4) Ibid., 22. - (o) Ibid., 23.

104 DEUXIÈME PARTJE

« Il s'agite, il écume, frappe la terre et ne peut se tenir quand il entend le son des trompettes (1 ) .

«Dés qu'il entend sonner la charge, il dit : Ah! marchons ; il flaire les troupes, entend la voix des capitaines et le bruit confus de l'armée (2). »

Mais, de grâce, reprenez donc cette description mot après mot, et voyez. 0 ravissante beauté! vous êtes la nature même... Dieu même, dans la formation de l'animal le plus noble et dans la suprême richesse de sa force, de sa fierté et de toutes ses qualités. Silence! admiration!

Mais remarquons ici que, pour comprendre les beautés et la vérité de cette description biblique du cheval, il faut l'avoir vu à l'armée. Quiconque ne Ta pas vu ne peut comprendre ; qu'il se contente donc d'admirer !

Page 1