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MARIE, SES GLOIRES, SA PROTECTION

Isaïe, le plus sublime des prophètes, a chaulé dans son extase : Elle fleurira comme le lis, la gloire du Liban lui est donnée avec la beauté du Carmel et la fécondité du Saron ; les hommes verront la gloire du Seigneur ; les hommes verront la gloire du Seigneur et la beauté de notre Dieu : FJorehît quasi UUum... gïon'a Lihani data est ei : décor Carmeli et Savon ; ipsividehimt gloriaui Domini, et decorem Del nostri (1). Les moiilagnes font la gloire et la beauté de noire globe et elles le rendent sublime. Parmi toutes les monlagnes, le Liban, le Carmel et le Saron sont éminentes, et le Liban est la tèle de ces trois. Le Liban, avec ses cèdres, c'est le phénomène tcrreslre de noire monde. Or, il est une femme qui lui est comparée; elle partage sa gloire qui est rehaussée en

{{) Isaïc, x.Nxv, 2.

elle par la beauté du Carmel et la fécondité du Saron ; elle fleurira comme le lis et portera un illustre fruit.

L'idéal divin de la création était en Dieu de toute éternité, et il devait recevoir sa réalisation. L'élévation de la créature intelligente de l'homme à la déification était résolue, et pour cela l'humanisation d'un Dieu était comme nécessaire. Une femme devenait l'instrument de cette incarnation; sur elle de toute éternité était la pensée divinCj qui, pour le grand dessein, l'avait choisie, embellie, sanctifiée.

Réjouissez-vous, cieux! terre! Elle naîtra bientôt, celle pour laquelle vous êtes faits et qui sera votre reine. Entrez en allégresse , Joachim et Anne, qui l'enfanterez ; les siècles ne contempleront pas une pareille gloire. Et toi, postérité d'Adam, chante tes allégresses, voici ta rédemptrice, ton salut, ta vie. Elle va venir, la modératrice des siècles, la gloire de l'humanité, la Vierge bénie par Dieu et les hommes, conservée par les anges, annoncée par les Pères, promise par les prophètes.

Et l'univers jaillit du néant, et les mondes suspendus sur nos têtes et les astres brillants : la terre et ses richesses (1), l'homme fait par Dieu

(^) Genèse, i.

et la femme tirée de l'homme. Ceux-ci sont mis à répreuve et ils ne la subissent pas à leur honneur (1). Ils commettent une faute qui doit souiller toutes les générations futures. Dieu les frappe, mais il ne les laisse pas sans espoir. Une femme écrasera ta tête (2), est-il dit au serpent infernal, et c'est d'elle que naîtra le grand libérateur.

La première phrase de la Bible qui annonce un Sauveur nous présente aussi Marie. Gomme Eve a été la première dans l'attaque où l'homme succombe, Marie sera en tête du nouveau combat où l'enfer sera vaincu. Cet oracle recueilli avec joie par nos infortunés pareiiîs se transmet d'âge en âge, et pendant quarante siècles est attendue la Vierge-Mère qui portera dans son sein le salut du monde. Les fils de Jacob soupirent après cette étoile qui doit se lever sur eux ; ils la contemplent de loin et la saluent avec les joies de l'espérance : A longé aspicientes et salutantes (3).

Conception. — Si je la contemple dans sa conception, elle fut créée sans la souillure originelle, et Dieu qui trouve des taches dans la blancheur de ses anges, n'en découvre point dans^on cœur immaculé. Vous êtes toute belle, ô ma bien-aimée, et il n'y a point de tache en vous (A).

(1) Genèse, m, 6. — (2) Ibid., 15, — (3) Aux Héb., u, 43. — (4) Canliq. , iv, 7.

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Quand le Saint-Esprit formait ses membres dans le sein de sa mère, ah ! s'écrie un Père, si le démon eût osé aborder, que de coups de foudre il eût reçus sur sa tête pour l'écraser! Mais il n'a osé et a abandonné, par une glorieuse exception pour elle, sa conception à l'esprit de Dieu. Dans Tordre des grâces, grand Dieu ! quelle grâce ! s'écrie saint Bernard : In ordine gratiarum, quanta gratia !

Naissance. — Elle naît, quel jour ! jour de bonheur, jour de libération ! Sa naissance est le commencement d'une joie universelle : Nativitas tua gaudium annuntiamt universo miindo. Elle grandit à l'ombre du sanctuaire, elle voue son âme à l'amour le plus vif, le plus impétueux qui se soit jamais allumé dans un cœur : Fluminis impctns lœtipcat civitatem Bel (1). Les croix, les sacrifices obscurs, les vertus douces et cachées, sont l'aliment quotidien de sa ferveur. Jeune vierge naïve et pure, quoi de plus ravissant que Marie !

0 vierge éclatante de beauté (2)! Belle devant Dieu, par votre humilité ; belle devant les hommes, par votre charité; belle dans votre virginité, belle dans votre fécondité; belle dans vos vertus, dans vos œuvres; belle sur la terre par la louange des hommes; resplendissante au ciel

(4) Ps. XLT, 5. — (i) Un patriarche de Constantinople.

par les acclamations des an^es. Belle et immaculée dans le sein de sa mère ; belle et ravissante à sa naissance, belle chez ses parents, belle pardessus tout en l'ambassade de Fange ; belle portant dans son sein le Sauveur du monde ; belle l'enfantant dans l'étable de Bethléem ; belle l'allaitant et conversant avec lui 5 belle dans ses miracles, y prenant part ; belle et sublime au pied de la croix offrant le sacrifice expiatoire.

Annonciation. — Tout à coup une heure sonne au ciel ; c'est quand le monde est fort malade et qu'il va périr à défaut de vérités et de vertus: rheure de la rédemption a sonné dans l'éternité. Dieu appelle un prince de sa cour, Gabriel, et lui intime son message; celui-ci part des hauteurs des cieux, traverse les espaces immenses qui nous en séparent et vient dans une pauvre ceK Iule de Nazareth; il se présente devant une humble Vierge qui tremble à son aspect. Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes... Vous concevrez dans votre sein et vous enfanterez un fils à qui vous donnerez le nom de Jésus. 11 sera grand; il sera appelé le Fils du Tiés-Haut (1). Chose admirable! Un ambassadeur du Tout- Puissant vient traiter avec une humble fille du

{{) S. t.uc, 1, 2G.

ffrand mvsière de l'incarna lion. Et il faut le con- .lentement de cette \ierge; elle le donne : Fiat ! C'esfle ïameux fiai qui a sauvé le monde, comme le premier l'avait créé.

Visitation. — Comme l'ange lui avait annoncé que sa cousine Elisabeth était dans le sixième mois de sa grossesse, grossesse merveilleuse à un âge très-avancé, Marie voulut aller lui rendre visite. Dans ces jours mêmes elle partit pour les montagnes : Exurgens autem Maria in diebûs illiSf abiitinmontana cum festinatione (1). Elle voit revivre pour elle la première nature, elle est digne de la nature adamique; puisqu'elle n'a pas eu le péché originel, alors les herbes fleurissent à son passage, les roses s'épanouissent, le nature entière rit sous ses pas; les bois et les forêts s'inclinent devant elle , les bêtes farouches s'apprivoisent ou se retirent dans les profondeurs de leurs antres. Elle reste trois jours en chemin et arrive dans une ville de Juda que Ton croit être llékron, in civitate Juda ; là, elle entre dans la maison de Zacharie et salue Elisabeth; elle l'embrasse et à l'instant Elisabeth est pleine de l'Esprit-Saint; son enfant tressaille dans ses entrailles; il est délivré de la tache originelle. Alors les deux femmes, se livrant cà leurs transports, se

(1) S. Luc, I, 39.

disent les secrets du temps et de l'éternité, les mystères de Dieu et de l'humanité. Sa visite de charitéj de religion et de sincère amitié dure ^ près de trois mois, puis elle s'en revient à Nazareth : Mansit auteni Maria cuni illâ quasi mensibus tribus : et reversa est in domum stiam (i).

Mais voici, dit saint Paul, le grand mystère de religion, manifesté dans la chair, justifié par l'Esprit qui a apparu aux anges, qui a été prêché aux nations, qui a été cru dans le monde et qui a été élevé en gloire : Et manifesté magmim est pietatis sacramentum quod manifestatum est in carne, jiistificatiim est in Spiritu, apparuit angelis, creditum est in mundo, assumptum est in gloriâ (2). Dans ce vaste plan, Jésus et Marie à jamais inséparables ont toute part : et il ne faut jamais considérer Marie que dans le plan divin. Ainsi ce grand mystère est manifesté dans la chair par qui?

Par Marie, du sang de laquelle est formé Jésus- Christ. Qu'est-ce que les anges ont vu? Ils ont vu Jésus et Marie et ont servi Jésus et Marie. Qu'est-ce qui a été prêché aux nations ? Et qui est devenu la foi du monde ? Marie avec Jésus et comme Jésus. Qui a été élevé en gloire ? Tous deux : l'un dans son ascension^ l'autre dans son assomption.

(1) S. Luc, I, 56. — (2) I Tira.-, lii, IH.

Naissance DE JÉSUS. — Peuples, montez sur la montagne ; \ous serez témoins du plus grand spectacle que puisse voir le monde. Postérité d'Adam, tressaille d'allégresse, tu es morte, tu vas revivre; tu es étendue dans la boue^ tu vas être relevée; tu as brisé avec le ciel, tu vas renouer. Un Dieu va naître et naître dans une étable, dans un lieu obscur et ignoré. Gardant la gloire de sa virginité, Marie verse sur le monde la lumière éternelle : Lumen œternum mundo effudit, Jésus traverse le sein de sa mère comme le rayon du soleil traverse le cristal : Ejus uterum sine ullâ lœsione penetravitj sicul radius solis crtsiallum pénétrât (1) ; il est né. Sa douce mère l'enveloppe de langes et le couche dans la crèche. Les anges viennent chanter sur son berceau la restauration du monde; les bergers viennent l'adorer et plus tard les rois.

« Vaisseau de virginité sans tache, s'écrie le savant Proclus, évêque de Cyzique; paradis animé du second Adam, lieu où la nature divine s'est unie à la nature humaine; buisson ardent que le feu du divin enfantement n'a pas brûlé; nuée véritablement légère qui a porté dans son àme celui qui est au-dessus des chérubins, Marie, mère et servante du Seigneur;

(1) Catech, adordinandoSj pars I», page 61.

Vierge devenue un ciel animé, le seul sentier par où Dieu vient aux hommes! Qui a jamais rien vu de semblable? Dieu, tout immense qu'il est, a été renfermé dans le sein d'une Vierge, et ce sein virginal a pu contenir celui que le ciel ne contient pas. Ce n'est ni Dieu seul, ni l'homme seul qui est né de celle heureuse femme, c'est Dieu et l'homme tout ensemble. »

0 sein virginal, où a été conçu le traité de notre liberté ! Le Verbe s'est fait chair, et, si le Verbe ne se fût pas incarné dans le sein d'une vierge, la chair n'aurait pas été élevée sur le trône de la Divinité. Gloire, honneur à Marie !

Maternité. — Le plus beau titre de Marie, c'est d'être la mère de Dieu. Quand on voit Marie prendre une si grande part à la rédemption du monde^ on serait tenté de la regarder avec certains docteurs, comme le complément de la Trinité sainte (1) ; et, si une grandeur créée pouvait ne pas avoir de limites, la grandeur de Marie serait infinie comme celle de Dieu môme. C'est pourquoi TAnge de l'école (2) avance : Marie est une créature sans doute, mais elle touche les limites de la divinité. Dans l'ordre naturel, c'est de la mère que descend la grandeur du fils; ici tout change, sans doute, et c'est du fils que

(1)S. Cyrille.— (â) S. Thomas.

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naît la grandeur de la mère ; mais, si Jésus souffre pour la rédemption du monde, c'est Marie qui lui a donné un corps pour souffrir; s'il donne son sang pour le salut du monde, c'est le sang de Ma^rie; et, lorsque la Victime-Dieu poussa le dernier soupir sur le Calvaire, Marie était là aussi sur la montagne, comme nous l'avons remarqué, offrant le double sacrifice de sa vie et de la vie de son Fils.

Vie. — Marie, perpétuellement associée à Jésus dans ses grandeurs, dans ses souffrances et dans ses gloires, est éminente. Sa vie est belle, son caractère est charmant, ses vertui Lont surhumaines. En la contemplant, dit un Père (I), vous avez devant les yeux toute discipline dévie et toute perfection. Suivez-la dajis l'éducation de ^on divin Fils, dans la vie privée de Jésus, dans ses souffrances, sa mort^ sa croix, sa résurrection, son ascension, et soyez ravi !

Marie, pendant sa vie, a reçu plus de grâces et a acquis plus de mérites que tous les anges et les saints ensemble 5 elle seule l'emporte donc sur tous les anges et tous les saints, et c'est pour elle véritablement comme pour son Fils que le monde a été fait ; c'est la proposition d'un saint l'ère (2) : Proplcr Man'am mundusfacliis est.

(1)5. A:ii])ruise. — ('2) S. Jean de Dama?.

Marie cependant n'est pas Dieu ; sa volonté n'est absolue ni dans le vouloir même ni dans l'exécution. Mais sa volonté dont on connaît toute la droiture est recherchée par la Divinité et toujours exécutée. Ainsi l'ange lui demande sa volonté el son consentement pour l'incarnation. Elle demande à Cana le premier miracle du Sauveur. Si elle souffre, elle le veut bien. Si elle meurt, elle le veut aussi pour ressembler à son Fils ; car, exempte du péché primitif, elle ne-devait pas mourir. Et maintenant dans le ciel, comme tout marche à sa volonté ! Comme tout s'émeut à son moindre désir! Toujours sous les voûtes retentit une voix qui crie : Demandez, ma Mère : Pete^ mater mea , et tout ce que vous demanderez vous sera accordé : Omne quod petieris à me impelrahis (1). Sa volonté est divine, sa volonté l'a grandie, sa volonté l'a faite telle que nous la vénérons.

Mort. — Enfin, éloignée sur la terre de son Fils bien-aimé, son pèlerinage lui devenait pénible (2). C'est un fruit mûr pour le ciel. Désoletoi, terre, as- tu compris tes illustrations par Marie ? Tu vas les perdre. Et vous, ô cieux, réjouissez-vous et faites retentir de vos acclamations vos voûtes azurées. Pour nous, dit saint

(t) II Rois, XIX, 38. — (2) l's. cxix, 5.

Bernard, pleurons plutôt son absence, mais pour un moment, car elle va nous préparer une demeure au ciel. Après plus de soixante ans d'existence, et selon d'autres soixanle-douze ans, elle va terminer sa carrière. Plongée dans de célestes douceurs et toute ravie au ciel sans ressentir aucune douleur, elle succombe à un efï'ort extraordinaire d'amour de Dieu.

Les apôtres miraculeusement se. trouvent tous à sa mort; ils déposent son corps dans le tombeau, mais il n'en partage pas les horreurs. Le corps de la Mère de Dieu ne peut subir le sort des autres corps, entrer en dissolution et devenir la pâture des vers. 11 y en a une autre raison qu'il faut manifester, c'est que le corps a été exempt de la tache originelle.

Assomption. — Marie ne peut rester la proie de la mort : trois jours après son divin Fils la fait sortir du tombeau. Son triomphe se prépare au ciel. Le signal de son arrivée y est donné; ce n'est plus qu'un cri d'allégresse parmi les habitants des cieux ; tous les bienheureux se réjouissent et les anges se livrent à leurs transports. Les uns lui préparent sa demeure ; les autres descendent pour former son cortège. Jésus luimême vient à la rencontre de sa mère : alors une musique enchanteresse retentit au loin; les acclamations et les cantiques, dit saint Bernard,

sortent de toutes les bouches de ces célestes légions. Marie, vêtue d'une robe de fin lin, symbole de l'innocence, emblème de la pureté, couronnée de guirlandes de fleurs qui pendent en longs festons du haut du firmament jusque sur les mortels habitants de la terre, Marie s'élève à travers les airs , laissant après elle une longue colonne de lumière, foulant aux pieds la lune, plus brillante que le soleil, plus élevée que les astres du firmament^ terrible par son cortège comme une armée rangée en bataille (1). Jésus lui tend la main, elle s'appuie sur lui. Le Père, attentif au triomphe, dit à son Fils : Venez, Seigneur, vous et votre mère (2)... Venez, ma fille bien-aimée^ vous serez couronnée (3). Les habitants du ciel, surpris d'y voir monter une créature en corps et en àme , s'écrient : Quelle est donc celle qui s'élève du désert, plongée dans les délices , appuyée sur son bien-aimé (4) ? Leur étonnement cesse dès qu'ils savent que c'est Marie, mère de Jésus. La mélodie des concerts mêlée aux cris de joie est ravissante; les voûtes du firmament semblent se fendre et reculer ; Marie approche , elle arrive. Alors le ciel s'ouvre et se replie à de grandes distances plu-

(l) Cant., VI, 9. — (2) I\\ cxxxi, 8. — (3) Gant., iv, 8. — (4) Ibid., MU, [i.

sieurs fois sur lui-même, Marie est introduite.

Le Père la reconnaît pour sa fille ; le Fils la chérit comme sa mère; le Saint-Esprit l'aime comme son épouse. Toute la cour céleste la révère. Après avoir reçu les félicitations des anges et des saints, elle est conduite à son trône par Jésus- Christ lui-même, qui lui impose le diadème de gloire. Une voix retentit d'un bout du ciel à l'autre : Règne. Elle régne et régnera, c'est la reine du ciel.

Tous les astres passeront devant elle pendant réternilé et s'inclineront en la saluant : tous les siècles passeront et l'appelleront leur directrice ; tous les hommes passeront et diront : Règne sur nous. Un arc de triomphe touchant les voûtes du ciel a été dressé. Marie passe en chantant : Fecit mihi magna qui potens est, beatam me dicent omnes gcncralioncs^ et le sublime orchestre angélique répète : Beatam me dicent omnes gênera^ iiones, et ce cri retentira à sa gloire pendant les éternités.

Protection. — Marie est notre mère 5 sa protection nous est acquise. Elle nous conduit par la main. Point de mal qu'elle ne sache guérir, soulager du moins, au fond duquel elle ne parvienne à déposer une espérance. Quand la tempête amoncelle les nuages et les chasse, et les

mêle, et les déchire en vastes lambeaux, quelquefois un rayon de soleil, traversant ce chaos, rassérène le ciel sombre. Marie est ce rayon consolateur et doux, quand la tempête aussi agite l'homme et le tourmente.

Une divine commisération ; une sympathie que j'ose dire surnaturelle et irrésistible, Tattire vers ce qui souffre. Toutes les misères inséparables de la condition humaine ou qu'engendrent les vices de la société semblent avoir été commises à ses soins. MaHe est vraiment la providence de l'infirme, le bâton de l'estropié, le pain du pauvre, le refuge de l'innombrable tribu des abandonnés. 11 y a chez elle secours pour tout besoin, baume pour toute plaie, parole enchanteresse pour toute douleur : lumière dans les ténèbres, évidence dans les doutes, sûreté dans les décisions, félicité dans les traverses. Accourez, sollicitez, et vous recevrez : Accessum ad Deum habemus per Mariam. Marie est le canal de toutes les grâces. Maria aquœductus est, dit saint Bernard.

Comme témoignages bibliques à Tappui, lisez les deux premiers chapitres de saint Luc où vous trouverez le Magnificat, ÏAve, etc., et le Cantique des cantiques, dont les plus beaux passages sont appliqués à Marie par les plus savants commentateurs.

Marie, MÈRE de Dieu. Erat mater Jesii ibi (1).

De Marié natHs est Jésus (2).

Et tmdè hoç mihi ut ventât mater Domini mei ad me (3).

Accipe puerum et matrem ejiis (4).

Stabat juxtà cruceni Jesii mater ejus (5).

Excepté les circonstances positives où Marie joue un rôle avec Jésus, comme par exemple, aux noces de Cana ou dans la Passion, tous les autres passages des saintes Ecritures ne sont pas directs, mais seulement ainsi commentés, interprétés même par l'Eglise, pour Marie.

Tout l'éloge que je viens de faire de la sainte Vierge est fondé et sur TEcriture et sur les Pères. Seulement je n'ai pas donné le texte latin, pour ne pas allonger»

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