DISPOSITION : EN ESPRIT DE FOI
On peut lire la Bible en curieux, en savant et en saint. Les curieux peuvent y trouver des beautés du premier ordre, mais sans esprit d'amélioration. Inquisition humaine ! Les savants, philo-
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sophes, littérateurs, théologiens même, qui ne la lisent que comme savants, y trouveront de la science qui n'influera pas sur leur vie. Il n'y a que les saints et les petits à qui Dieu se révèle : ceux-ci comprendront, verront, goûteront, aimeront et se perfectionneront : Abscondtsti hœc à sapientibus et prudentibus, et revelâsti ea parvulis{]),
Abominatio Domim est omnis illusor et cum simpUcibus sermocinatio ejus (2).
Si vous lisez la Bible en esprit de foi et simplement, pour voir Dieu et pour l'entendre, je vous en explique le secret et je vous en révèle le mystère : écoutez.
Quand Dieu veut instruire une âme, son seul moyen, c'est de se montrer lui-même. Semblable au soleil, il se lève dans Tintelligence, il apparaît dans sa douce splendeur, et sa lumière se justifie par elle-même.
Dieu ne dispute point, il se replierait devant une discussion insolente. Jésus ne disputa point, il enseigna. Les apôtres ne disputèrent point, ils enseignèrent : c'est notre coutume, dit saint Paul. L'Église ne dispute point, elle enseigne aussi. La mère ne dispute point avec l'enfant qui l'écoute, ni le maître avec son disciple fidèle et
(1) Mallh., XI, 2B.— (2) Prov., ni, 32.
262 TROISIÈME PARTJE
docile. Ne cherchons donc point la lumière dans ' les discussions humaines.
Aimons cette lumière de la foi^ désirons-la vivement, écoutons-la comme ses enfants soumis, et nous la verrons se reposer sur nous. Alors allant de clarté en clarté, nous connaîtrons toute la vérité; nous monterons, dégagés du poids terrestre et du mensonge, au royaume de l'unité et du bien, où notre âme se dilatera dans les éter- ^ nelles jouissances.
Voilà les résultats de la Bible lue saintement, méditée constamment et expliquée lumineusement par Dieu lui-même. C'est le ciel. Prenez donc le ciel, montez au ciel en étudiant les Écritures et en les méditante
Oui, dit saint Augustin, tout ce qui est, croyezmoi, tout ce qui est dans les saintes Ecritures est élevé et divin; c'est là que l'on trouve la vérité tout entière et une doctrine très-propre à nourrir et à restaurer les âmes^ et tellement modifiée ^ que tout le monde peut puiser ce qui lui convient, pourvu qu'il s'approche de cette source sacrée avec foi, piété, comme le demande la vraie religion : Quidquid est, mihi crede^ in scripturis illis, altum et divinum est: inest omninb veritas, et refitiendis instar uandis que animis accomodatissima disciplina : et plané ità modi/icata ut nemo indè haurire non possit quod sibi satïs est, si mode ad
hatiriendum devotè ac piè^ ut vera religio poscit, accédât (I).
Mais retenez bien ceci par-dessus tout. Ne vous troublez pas, si vous ne comprenez pas encore Jes saintes Ecritures; comme aussi ne vous enflez pas si vous les comprenez ; différez avec respect et avec lenteur de foi et délai divin sur ce que vous ne comprenez pas et retenez avec amour ce que vous comprenez : lUiid antè omnia retinete ut scripturis sanctis nondiim intellectis non perturbe^ mini, intelîigentes autem non inflemini : sed et qiiod non inteUigitis cum honore differatis, et quod intelli' gitis cum caritate teneatis (2).
L'Écriture parle de telle sorte, qu'elle se joue des superbes par sa hauteur, qu'elle terrifie les attentifs par sa profondeur, qu'elle repaît les grands esprits de sa vérité et nourrit les petits de ses saintes affabilités : Scriptnra sic loquitur nt altitudine superbos irrideatj profimditate attentos terreat, veritate magnos pascati affabilitate parviilos nutriat (3).
Saint Augustin dit ailleurs qu'il y a des obscurités et des profondeurs dans la Bible, de crainte que les Ecritures ne deviennent viles, pour exercer les esprits et pour les nourrir de la parole dé
({) Tome VIH, col. 54, n° 13. •- (2) S. August., tome V, col. 302. — (3) Ibid., tome III, col. 184, premier alinéa.
Dieu quand ils font des découvertes. Et ces découvertes se font par l'esprit de foi. Il avance que l'Ecriture est un flambeau, une nuée, un miroir, le chirographe ou le seing de Dieu, un spectacle divin, une potion, le grand médicament des âmes, la source des conceptions salutaires et de la vie sainte, le cœur du Christ, les cieux. Voyez les beaux noms. Or, pour être éclairé de ce flambeau, il faut l'esprit de foi : pour recevoir de cette nuée, il faut l'esprit de foi : l'on ne peut se voir dans ce miroir sans l'esprit de foi; l'on ne peut reconnaître et lire cette signature de Dieu sans la foi. Ce grand spectacle est muet et cette potion reste sans effet jce médicament ne guérit pas, cette source de bonnes pensées et de belle vie ne coule pas; ce cœur du Christ ne dit rien, ces cieux sont invisibles et muets, sans l'esprit de foi.
Je vais entendre Dien; je vais lire Dieu; je y Siis voir Dieu. Voilà la disposition d'esprit de foi que vous devez apporter pour lire et étudier les saintes Écritures.
V DISPOSITION ; l'humilité.
L'humilité est la conséquence de Tesprit de foi. C'est la qualité la plus indispensable pour
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connaître la vérité ; or la connaissance de la vérité est une grande grâce que Dieu n'accorde qu'aux humbles. Aussi les orgueilleux, les superbes, ne comprennent rien aux Ecritures sacrées; aucun sens n'est clair pour les esprits gonflés d'amour-propre, tandis que les simples y découvrent les merveilles de Dieu, les secrets de son cœur, les conseils profonds de sa providence, le gouvernement des âmes.
Mon frère, vous n'aimez pas et vous ne cornprenez pas les saintes Écritures, la parole de Dieu qui n'est que là ? Ah ! c'est que vous n'êtes pas encore assez pur, assez humble, assez homme de foi. L'ange de Dieu ne vous a pas encore pris et porté sur la montagne pour y voir de prés la patrie.
Je vous exhorte, dit saint Augustin à Volusien, je vous exhorte de toutes mes forces à vous livrer avec diligence à l'étude des saintes Écritures, car c'est une occupation pure et solide ; les oracles sacrés ne vont pas à l'àme par un langage fardé et ne font point retentir à ses oreilles le clinquant du vide et du doute. L'Écriture impressionne beaucoup celui qui est avide des choses et non pas des mots, et elle épouvante celui qui néglige son devoir : Hortor, ut valeo, ut litterarum verè certèque sanctarum studio te cumin non pigeât intendere, Sincera enim et solida res est, riec fucatis
eloquiis ambit ad an imam, nec ullo linguœ tectorio inane aliquid ac jjendalum crépitât. M ait km movet, non verbonim, sed rerum avidum et midtiim terret factura securum (l). Lisez-la donc beaucoup, et elle Yous émouvra beaucoup , vous touchera beaucoup, vous instruira beaucoup et vous convertira, si vous le désirez réellement.
Ce n'est pas une science fastueuse, propre à nourrir l'orgueil et la vanité, que le Seigneur a voulu nous donner dans les saintes Ecritures ; rhomme n'a pas besoin qu'on exalte son amourpropre; ce dont il a surtout besoin, c'est de devenir humble et docile. Ainsi voulez-vous être admis à Técole de l'Esprit-Saint et comprendre sa parole renfermée dans la Bible, n'apportez point un esprit curieux et superbe; vous seriez repoussé par le Maître céleste. Arrivez comme un petit enfant prêt à croire, sans hésiter ni discuter. C'est alors que les pages saintes s'animeront pour vous et se couvriront d'une douce lumière; que la parole sacrée vous sera le flambeau qui éclaire et le miel qui rassasie la faim et adoucit la vie ; c'est alors que, dans le secret de la méditation et de la prière^ vous boirez à longs traits au fleuve des Ecritures.
Mais souvenez- vous que vainement les paroles
(1) Tome il, coî. 39B, ii
frappent nos oreilles si l'Esprit d'en haut ne nous les explique au fond de notre cœur. Apprenez donc à apprécier et à désirer cette lumière intérieure sans laquelle notre àme ne peut voir et ne peut entendre.
' Qu'est-ce que la raison seule comprend ? presque rien. Mais la foi embrasse l'infini, et il est donné à l'humilité de tout comprendre, parce que, ne se croyant rien, elle comprend tout par Dieu. Celui qui croit est donc bien au-dessus de celui qui raisonne, et la simplicité du cœur est bien préférable à la science qui nourrit l'orgueil. C'est le désir de savoir qui perdit le premier homme; il cherchait la science, il trouva la mort. Dieu, qui nous parle dans l'Écriture, n'a pas voulu satisfaire notre curiosité, mais nous éclairer sur nos devoirs, exercer notre foi, et nourrir notre âme par Tamour des vrais biens qui sont tous renfermés en lui.
L'humilité d'esprit est donc la disposition la plus nécessaire pour lire avec fruit les livres saints, et c'est avoir déjà profité beaucoup que de comprendre combien ils sont au-dessus de notre raison faible et bornée.
5" DISPOSITION : PDRETÉ d'iNTENTION.
Intention simple et droite de connaître la vérité, de se corriger de ses défauts, de croître en vertus et de se sauver -.voilà pour soi; et, pour les autres, d'y trouver les lumières divines pour les éclairer, les remèdes pour les guérir, le moyen de les sauver. C'est pourquoi saint Chrysostome appelle la lecture de l'Écrilure, médicinale et corrosive. Médicinale^ qui guérit, grand remède aux maladies de l'àme. Corrosive, qui détruit les vices et les mauvaises habitudes. L'homme craignant Dieu, dit saint Augustin, cherche avec soin sa volonté dans les saintes Ecritures : Homo timens Deum^ voluntatem ejus in scripturis sanctis diligenier inquirit (1). Si le prêtre, si le prédicateur, si le religieux la cherche av.ec tant de sincérité et de pureté, il la trouvera; et alors les saintes Ecritures seront pour lui mille fois plus délicieuses que toutes les joies du monde. Si l'âme ne désire pas de toutes ses forces parvenir àla vérité, elle ne pourra jamais la trouver; mais, si elle la cherche dignement, la vérité ne peut se soustraire ni se cacher à ses amis ; alors elle la trouvera : l'ayant trouvée, elle Tembrassera,
(I) Tome III, première partie, col. 43, f»
elle la goûtera, la savourera, et cette suprême vérité deviendra pour elle, dit saint Chrysostome, une tour contre le péché, un incitament à la vertu, un instrument de perfection, la porte du
ciel.
Lire, étudier, selivrer,prendredu goût, aimer, ruminer, méditer profondément; plus elle estobscure, plusl'on scrute et c'est délice; ensuitese corriger insensiblement, s'améliorer, se moraliser, se sanctifier, devenir l'ami et l'homme de Dieu; voilà les degrés diversde la bonneintention et l'échelle que l'on monte par elle, selon saint Bernard.
Voltaire n'avait guère celte pureté d'intention ni ce désir violent de connaître la vérité, lui qui a lu cinq fois la Bible en son entier pour la critiquer et y trouver du ridicule. Ainsi il s'est moqué de cet arbre planté dans le paradis terrestre... de ce serpent qui grimpe après un arbre, qui parle, qui séduit... de ces habits qui, pendant quarante ans, ne se sont pas usés dans le désert... de cette fiente de bœuf dont parle le prophète Ézéchiel, chapitre iv, verset 15... du Cantique des cantiques, en en tirant d'infâmes inductions... Quel monstre! ce n'est pas trop dire.
J'ai trouvé un jeune homme qui riait de la Bible et qui traitait sa doctrine de platitude et d'absurdité... Impiété... mauvaise éducation... ignorance ou corruption...
270 TROISIÈME PARTIF,
Pour nous, nous disons avec saint Augustin (1) : « 0 mon Dieu, vous n'avez pas permis que Ton écrivît en vain tant de belles pages de vos saintes volontés. Seigneur, sanctifiez-moi et révélez-moi la vérité. Votre voix, c'est ma joie; votre voix m'est plus douce que toute l'affluence des plaisirs. Donnez-moi ce que j'aime, car j'aime. Et vous me l'avez donné ; alors n'abandonnez pas vos dons, je vous rendrai mes actions de grâces pour la vérité que je trouverai dans vos livres; que j'entende retentir des voix de louanges ! que je vous boive, ô mon Dieu, avec vos eaux salutaires! Que je médite vos merveilles, depuis le principe où vous avez créé le ciel et la terre jusqu'à ce que je règne avec vous éternellement dans votre sainte cité. Je vous confesse mon ignorance; car à qui pourrais-je mieux la confesser qu'à celui à qui mon ardeur enflammée pour l'Écriture ne déplaît pas ? Encore un coup, donnez-moi ce que j'aime, puisque c'est vous qui m'avez donné cet amour. Je vous le demande par Jésus-Christ, au nom du Saint des saints, et que personne ne me trouble dans cette recherche. » ' Voici un bel encomium de la Bible par l'auteur de VImitatio7i.
Anîe omnes artes, disce sacram scripturam légère,
(l)Tome I", col. 196, n^ 3.
LA BIBLE K:^T LE MEILLiam DES LIVRES 271
et rectè intelUgens pr miter credere, henè ac juste vivere, ut ad vitam œternam possis^ Christo favente, féliciter pervenire. Nam igmrantia divinœ legis mater est erroriSj, etjanua mortisjprivatio honoris, virtutis et salntis, Verbum autem Dei et doctrina Christi, lumen vitœ, salus mundi, porta cœli, cibus animœ, jucunditas cordis Deum super oninia ainantis, Dicit poeta devotîis, monachus factus: Hoc est nescire, sine Christo plurima scire. Si Christum benè sais, satis est: si cœtera nescis, noxia nempè tibi.
Nil ergo sacrai scripturœ prœponendnm , nihil Christo superponendum, nililli cocequandiim , qui dicit : Ego sum ostium ovium, per me si quis introielit, salvabitur. Et iteriim : Ego sum via, veritas et vita. Nemo venit ad Patrem, nisiper me, Nemo venit ad cœluni, nisi per me. Nemo liberabitur ab inferno, nisi per me (1).
Ecoutez l'admirable et profond Vincent de Lerins.
« 0 prêtre ! ô prédicateur ! ô docteur ! Si Dieu Yous a donné plus d'esprit, plus de lumière, plus de doctrine qu'à tous les autres, soyez le Béséleel du tabernacle spirituel de son église. Taillez artislementles pierres précieuses de sa divine parole; employez-les avec le plus de soin et d'or-
(1) Manuale juvenum, cap. i, 2i2, tome IIL 3« édit. de Cologne, i7o9.
nement qu'il vous sera possible. S'il se peut, ajoutez-y de l'agrément, de l'éclat, de la beauté; faites briller le soleil et resplendir les étoiles.
« Et pour parler sans figure, exposez si bien les doctrines, que ce qui était obscur devienne clair; que la postérité vous soit reconnaissante de concevoir parfaitement ce que l'antiquité adorait sans l'entendre.
« Mais, dans tous ces éclaircissements, nedites que ce que vous avez appris, et, quand vous enseignerez d'une manière nouvelle, ne dites rien de nouveau : Eadem tamen quœ didicisti doce, ut ciim dicas novè, non dicas nova (1). »
Voilà ce que le prédicateur doit faire aujourd'hui : Non nova, sed novè. Mais que la bouche du prédicateur reste toujours la bouche de Dieu et qu'elle ne donne que des oracles divins. Quiconque, dit Clément XIV, ne trouve pas dans l'Écriture sainte et dans les ouvrages des Pères de quoi émouvoir ses auditeurs, n'est pas digne de prêcher. Il faut, ajoute-t-il, brûleries vieux sermonnaires pour former le goût des jeunes prédicateurs sur la Bible. II faut, je le dis moi, que les prédicateurs aujourd'hui soient tout bibliques, tout 'parole de Dieu, tout éloquence divine ,
{{) Chap. xxu, ù Ja fin, page 3oO. Édition de Baluze, en
tout Dieu même, sans quoi le monde chrétien ne marchera pas à la régénération. »
Je voudrais pouvoir citer saint Cyprien, Lactance, saint Augustin, saint Chrysostome, saint Grégoire de Nazianze, saint Éphrem, saint Bernard : cette phalange sacrée donnerait le solennel confirmatiir à cette doctrine.
Mais enfin terminons.
Évêque, docteur, prêtre, pasteur, regarde ce livre qui vole par les airs et qui a vingt coudées de long, dix coudées de large ! Et vidi, et ecce volumen volans : longitudo ejus tiginti cubitorum, et latitudo ejus decem cubitoriim (1). Livre de bénédiction ou de malédiction, livre de vie ou livre de mort selon les dispositions et l'usage. Le beau livre! Quelqu'un est-il digne de l'ouvrir et de le lire? Il faut être saint pour le lire, pour converser avec le Verbe divin : Quis est digniis aperire îîbrum(2)1 Pleurerai-je avec saint Jean, parce que personne n'est digne de l'ouvrir et de le lire? Et ego flebam multiim quoniam nemo digmis inventus est aperire librum et videre eum (3). Ne pleurez pas, vous le verrez. 11 y a ici un lion qui peut ouvrir et lire le Hvre ; lion qui a vaincu, qui a brisé ses ennemis et qui les a dévorés. Voyez-vous! il
(i) Zacharie, v, 2. — (2) Apoc, v, 2. — (3) Ibid., 4.
274 TBOISIEME PARTIE
faut être lion et lion vainqueur et triomphateur de ses passions, de sa volupté, de sa cupidité, de ses ennemis, pour voir et lire ce livre. Alors je vous dis, évoque, docteur, prêtre, pasteur, religieux, accipe librum, dévora illum (1). Accipe, accipe! Prenez-le souvent, le jour, la nuit, à la maison, à la campagne, à l'église, à l'étude; méditez-le jour et nuit : dévora illum; dévorez, usez, mettez en pièces, mangez-le tant vous Taimerez ; faites-en vos délices ; vous y trouverez la loi du Seigneur, les commandements etlesconseils, la lumière éclatante de Dieu, la ligne sûre du devoir, l'institution divine de tous les rapports sacrés que vous devez entretenir avec Dieu, avec les peuples, avec la société entière. Dévora illum, dévorez ce livre, grands du monde, princes et rois, vous y trouverez la règle de votre domination, et vous, sujets dociles, les lois de votre obéissance et de votre soumission. Prenez-le, lisez-le, prêtre du Seigneur, son ministre.., pasteur des âmes... vous y verrez ce qu'elles ont coûté à Jésus-Christ, et vous les soignerez de manière à les sauver. Point d'autre élude, point d'autre lecture, point d'autre occupation ; lisez la Bible : Accipe libnim, dévora illum; lisez-la en la méditant et sans commentaire d'abord; l'Es-
{{) Apoc, X, 9.
prit-Saint, que vous invoquerez toujours avant cette lecture, sera votre commentateur. Allez VOUS perdre dans les profondeurs de Dieu, dans les abîmes de l'éternité; revenez ici, ouvrez les yeux, voyez le monde, et sachez l'estimer h sa valeur. Marchez^ marchez aux rayons de ce resplendissant soleil ; voyez l'horizon comme il s'étend... dévora, dévora... dévorez, mangez : c'est un fortifiant viatique pour arrivera la patrie.