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LE SEVRAGE ET LA BOULLIE

Pour Des-Essartz comme pour Rousseau :

Le temps où l’on doit sevrer les enfants est indiqué par

l’éruption des dents.

— 33 — à Voici ce que dit Rousseau de la bouillie :

Il a été reconnu que la bouillie n’est pas une nourriture fort saine. Le lait cuit et la farine crue font beaucoup de sabure et conviennent mal à notre estomac. Dans la bouillie, la farine est moins cuite que dans le pain, et de plus, elle n’a pas fermenté ; la panade, la crème de riz me paraissent préférables. Si l’on veut absolument de la bouillie, il convient de

griller un peu de farine auparavant. On fait, dans mon pays, de la farine ainsi torifiée une soupe fort agréable et fort saine.

Des-Essartz montre les dangers qu’il y a à donner de la bouillie comme on la prépare habituellement et indique la façon d'en faire une qui soit bien tolérée par l’estomac de l'enfant. Nous la décrirons, quand nous aurons cité un peu de texte se rapprochant de celui de Rousseau :

Une autre précaution à prendre dans le choixde cette nourriture (la bouillie), c’est que... elle ne soit pas portée de sa nature à fermenter et à se boursouffler dans l'estomac. les farineux cruds contiennent certainement une grande quantité d'air... la viscosité que renferment aisément les farineux cruds est encore une raison qui doit les exclure... en faisant bouillir le lait on le prive de ses parties fluides, la partie caséeuse reste seule... La farine de malt possède ces qualités, la torréfaction a déjà beaucoup diminué la viscosité des parties de l’orge... mais comme cette farine est peu commune et qu'il ne serait pas facile aux nourrices des campagnes de s’en pourvoir, nous leur conseillons de se servir de la mie de pain... Il soupera avec sa bouillie ou avec une panalde ou du riz bien cuit.

Pour Des-Essartz comme pour Rousseau, le bouillon de viande ne convient pas aux enfants.

Voyons maintenant comment il faut faire la bouillie selon Des-Essartz : ‘

Ïl faut donc faire cette bouillie d’une autre manière, avec de la farine de mait ou de la mie de pain. Cette mie écrasée dans un linge blanc est mêlée et delayée avec du lait cru jusqu’à faire disparaître les gruméaux. On fait ensuite chauffer à feu très doux. On

peut aussi dissoudre la mie avec de l'eau chaude et ajouter du lait ensuite. Celte bouillie serait plus légère et plus facile à digérer par l'estomac de l’enfant.

Les pleurs de l'enfant. — Le berceau et le hochet. — Les banis, la marche, l'exercice. — Les vêtements.

Rousseau et Des-Essartz affirment que, lorsque l'enfant pleure ou crie, c’est qu’il souffre ou qu’il est incommodé et que son irritation provient du grand développement de son système nerveux.

Rousseau pense qu'il n’est jamais nécessaire de bercer les enfants et que cet usage leur est souvent peraicieux. Des-Essariz, de son côté, est persuadé que cet usage est toujours dangereux, Pour le hochet, ils ne sont pas du même avis.

Des-Essartz et Rousseau conviennent qu'il faut laver souvent les enfants, mais ils ne comprennent pas de la même manière l’usage et les avantages du bain froid.

Pour Des-Essartz, les lisières et les chariots sont

ban

dangereux pour apprendre à marcher aux enfants : ils peuvent rester suspendus aux unes et les autres leur soulèvent les épaules d’une façon irrégulière. Aussi Rousseau dit qu’ :

Emile n'aura ni bourrelets, ni paniers roulants, ni charriots. ni lisières.

Rousseau vante tous les exercices de gymnastique, le cheval, la nage. Des-Essartz constate les bons effets de l'exercice et les mauvais effets de l’oisiveté sur notre organisme.

S'ils veulent que l’enfant ne soit pas serré, ils ne sont pas d'accord sur le genre de vêtement.

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