BUT DU TRAITÉ DE DES-ESSARTZ
Mais revenons un peu au Traité de l’édncation corporelle des enfants en bas âge qui valut à Des- Essartz le nom de « médecin des enfants ».
Dès le commencement du xvri® siècle, on découvre un vif intérêt pour l’enfance et le livre de Des-Essartz comme l’Émile indiquent bien la tendance au renouvellement et en particulier, au renouvellement de l’éducation de l'enfant. Comme médecin, Des-Essartz ne s’occupe que du bon développement du corps, laissant aux pédagogues le soin d'appliquer au développement des facultés intellectuelles les méthodes qu’ils croient les meilleures. Dans la dédicace de son livre intéressant qu'il fait à S. A. S. Mgr le duc d'Orléans, premier prince du sang, il dit : « Pour assurer le succès des projets de réforme que j'ose proposer, il s’agit, Monseigneur, d’entretenir s’il est possible dans les pères et les mères une tendresse naturelle pour leurs enfants... »
Son ouvrage s’adressera donc surtout aux pères et aux mères. Il aura « pour objet la conservation d’un grand nombre d’enfants que la routine pernicieuse adoptée et suivie dans leur éducation corporelle
enlève dès le berceau ou afflige d’infirmités qui abrègent leur vie et en rendent la courte durée triste et languissante ». Il faut conserver des héritiers aux parents des citoyens à la patrie. IL faut combattre la dépopulation. Si l'espèce humaine dépérit, il faut en voir la cause dans les vices de nos mœurs et dans notre inconduite « si les hommes n’eussent jamais écouté que la voix de la nature, ils auraient été aussi simples et aussi zélés dans leurs soins qu'ils prennent de leurs enfants que les animaux le-sont par rapport à leurs petits ». La nature est donc bonne.
Il recommandera aux mères de ne pas abandonner l’enfant à la première nourrice venue. Il s’insurgera contre la vie irrégulière et de plaisirs des dames et demoiselles de condition. Il craint déjà les reproches quand il donnera des conseils sur le régime, l’habillement, les exercices des demoiselles et sur la conduite des femmes enceintes.
Il a puisé ses exemples dans les écrits des meilleurs médecins. Il s’est appliqué à voir tout, tant à la ville qu’à la campagne, « persuadé que rien n’est indifférent » dans les soins que l’on doit prendre des enfants en bas âge. |
Comme ses préceptes doivent s'adresser à tous les états, il n’emploiera pas de mots savants et ne donnera d’autres explications que celles déduites de principes simples et évidents. La raison seule et non l'autorité doit éclairer l'homme afin de le persuader.
Il demande de ne pas se buter contre les réformes
qu’il propose, car elles sont simples et pas en opposition formelle contre la mêthode adoptée qu'il faut simplifier, perfectionner, purger des abus pour conserver et accroître la santé des enfants.