‹ Sources des idées médicalesChapitre 8 sur 12 · L'ALLAITEMENT MATERNEL · texte numérisé non relu

L'ALLAITEMENT MATERNEL

Rousseau pense que : ;

Le devoir des mères n’est point douteux : mais on dispute si dans le mépris qu'elles en font, il est égal aux enfants d'être nourris de leur lait ou d'un autre. D'autres femmes, d’autres bêtes même pourront lui (à l'enfant) donner le lait qu'elle (la mère) lui refuse... Mais que les mères daignent nourrir leurs enfants, les mœurs vont se réformer, les sentiments de la nature se réveiller dans tous les

cœurs ; l'État va se repeupler ; ce premier point, ce point seul va tout réussir. aujourd’hui que l’usage contraire est établi, chacun aurait à combattre l'opposition de toutes celles qui l'approchent, liguées contre un exemple que les unes n’ont pas donné, et que les autres ne veulent pas suivre. Il se trouve pourtant quelquefois encore de jeunes personnes d'un bon naturel qui, sur ce point, osant braver l'empire de la mode et les clameurs de leur siècle remplissant, avec une vertueuse intrépidité, ce devoir si doux que la nature leur impose. Puisse leur nombre augmenter par l'attrait des biens destinés à celles qui s’y livrent! Fondé sur des conséquences que donne le plus simple raisonnement et sur des observations que je n’ai jamais vues démenties, j'ose promettre à ces dignes mères... d'heureuses couches sans accidents et sans suites, une santé ferme et vigoureuse. Point de mère, point d’enfant…

Avant de résumer l’article de son livre où Des- Essartz traite de l’allaitement maternel, citons un peu de texte :

Si nous entreprenons de combattre ces préjugés (de ne pas allaiter) ce n’est pas que nous nous flattions de faire un grand nombre de prosélytes. Nous n'’ignorions pas qu’une femme qui allaïte son enfant est, pour notre siècle, un phénomène, qu'on ne rougit pas de taxer de folie,et que la crainte du ridicule étouffe tous les jours la voix de lanatureet dela probité

Mais voyons dans notre analyse pourquoi Des- Essartz préconise l’allaitement maternel,

Il est dans l’ordre de la nature que les femmes allaitent leurs enfants. Mais, dans la société frivole du temps la femme ne veut pas être incommodée, fatiguée par l’allaitement de son enfant : une femme

qui allaite son enfant est un phénomène. Mais si la femme de quelque condition, de quelque sang qu’elle soit, sait s'arranger, elle pourra être libre tout en allaitant son enfant. Elle aura une santé durable et conservera ses fils forts et robustes. La femme qui n’allaite pas court de gros risques: cancers, éruptions, vapeurs, convulsions, apoplexie. L'enfant nourri par sa mère retire de grands avantages par lPanalogie qui existe entre le lait de la mère et ses humeurs et parce que le lait est celui qu'il lui faut à ce moment. Le lait devient plus substantiel à mesure | que l’enfant grandit. Le premier lait ou colostrum prépare l'estomac à recevoir un lait plus nourrissant. Quand lenfant est malade, la mère seule et non la . nourrice sait s’abstreindre à un régime convenant à la nature de la maladie. Si les femmes délicates, de par leur éducation passée, voulaient nourrir, le régime qu’elles s’imposeraient seraientavantageux pour elles et pour leur enfant.

De ce fond de bonne pratique, Rousseau n’a su tirer que des idées générales. Pour lui l'allaitement maternel est plutôt une question morale dont Des- Essartz ici ne se désintéresse pas. Les deux veulent persuader, encourager avec force et ils voudraient

réussir.

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