CE MARCASSIN SERA TUÉ
Quand Souris sort de la crémerie où elle déjeune pour dix sous, elle musarde si le temps est doux aux alentours du Louvre, avenue de TOpéra et rue Croix des Petits Champs, puis elle passe et repasse devant Tétalage de la librairie des Arts d'où Pigonneau lui
fait des signes discrets, mais passionnés.
Aujourd’hui le ciel est clément. Il y a du soleil dans les rues et, comme il a plu toute la semaine, Souris s’en va joyeuse dans la clarté tiède. Elle s’arrête tout-à-coup devant la façade d’un restaurant à prix-fixe. Le patron — un homme habile entendu à la réclame — a disposé à la porte de son établissement une grande caisse recouverte d’un épais treillis en fil de fer.
Souris s’approche.
Dans la caisse il y a un animal étrange. Cet animal a le groin d’un porc, les poils du dos hérissés et l’air sauvage, terriblement sauvage. Il se
SOURIS l’arpète
tient tête baissée, souffle dans sa litière, gratte le fond de sa cage et pa* rait s’ennuyer beaucoup. Au-dessus de la caisse, sur la vitre du restaurant, une affiche a été collée. On lit :