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LA PRINCESSE BELGIOJOSO

« Une belle vie de conspiration et de pensée... » Dans le livre qu'il vient de publier à Milan sous ce titre : La Principessa Belgiojoso^ i suoi amici e nemici^ il suo tempo, M. Raffaello Barbiera résume ainsi l'existence mouvementée de cette héroïne. La princesse Belgiojoso ! Dira-t-il encore quelque chose à nos jeunes hommes, dans le Paris d'aujourd'hui, ce nom retentissant qui sonna ses fanfares dans le Paris de nos pères, qui fit battre tant de cœurs sous le spencer des lions de 1840? Il s'enfonce déjà dans les brumes du silence, comme s'évanouissent, après le bal, les accords d'une de ces valses de Chopin qu'inspira peut-être la patricienne milanaise : Chopin, un de ceux qu'elle émut, et avec lui la plupart des

hommes qui furent célèbres à l'heure où elle était belle, musiciens, poètes, politiques d'avant et d'après 1848. Tous l'admirèrent, beaucoup la courtisèrent, plusieurs « firent chanter leur rêve au vide de son cœur ».

Il y a une cruelle injustice dans l'oubli qui se fait sur ces grandes semeuses d'émotions, alors que demeurent les noms des artistes, simples machines à transformer l'émotion. Ils puisèrent pourtant la substance de leurs vers, de leurs tableaux, de leur musique dans les vibrations communiquées par la magicienne. M. Barbiera a voulu réparer cette injustice. L'intention est louable; le livre est indigeste, ingénu, excessif dans l'apothéose, encombré de redites et d'historiettes de seconde main sur la société française.

Née à Milan en 1808, Christine Trivulzio sortait de cette fière race oii le sang fut toujours véhément pour l'action. C'était l'heure de la conquête napoléonienne : l'Italie n'acceptait de ses nouveaux maîtres que les idées révolutionnaires qui l'éveillaient au sentiment de la liberté. Un même frémissement d'espérance secouait toutes les âmes : dans l'heureuse confusion de l'aube libérale, le

vieux patrieiat et la future démocratie conspiraient d'un même cœur l'émancipation de la patrie. Agitatrice révolutionnaire, Christine n'abdiqua jamais l'orgueil de son illustre origine; elle pensait comme une sienne tante qui répliquait à son curé, alors que le bon prêtre rappelait à l'humilité chrétienne les vers de terre que nous sommes tous : « Je ne suis qu'un ver, c'est vrai, mais un ver Trivulce. » A seize ans, elle épousa le jeune prince Belgiojoso, de haute lignée comme elle, et comme elle séduisant, riche, patriote. Elle lui apportait un esprit fort ouvert, si l'on en juge par la réponse qu'elle fit à sa belle-mère, au lendemain de ses noces. La vieille dame l'engageait à lire Candide : « Merci, dit tranquillement la nouvelle mariée, je l'ai déjà lu. »

Quel désaccord intime sépara ce couple si bien assorti? C'est un point d'histoire sentimentale sur lequel M. Barbiera glisse discrètement. Toujours est-il qu'après très peu de temps, les jeunes époux tirèrent chacun de son côté. Ils se déprirent du lien conjugal, sans éclat, sans amertume; ils continuèrent d'échanger des lettres amicales, pleines de la seule passion qu'ils eussent en commun : la

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passion de l'indépendance italienne. Le prince et la princesse s'étaient jetés à cœur perdu dans le mouvement révolutionnaire qui soulevait contre les Tedeschi. toutes les classes de la société lombarde. Affiliée à Vlialia giovine, — c'était le nom sous lequel se réorganisaient les ventes de l'ancienne charbonnerie, — Christine y prit place parmi les jardinières, ainsi que s'appelaient les directrices de l'action. Elle correspondait avec Mazzini et sacrifiait le plus clair de ses gros revenus aux préparatifs qu'il faisait pour un coup de main.

Heureux temps, où l'on complotait entre grands seigneurs et jolies femmes, entre lettrés et poètes, dans les bals, dans les fêtes galantes, sous le masque des veglioni de la Scala! Quelques-uns de ces masques cachaient les visages des espions autrichiens, d'un certain marquis Doria, entre autres : vrai traître de mélodrame, attaché aux pas de la princesse, et qu'elle retrouvait comme son ombre dans ses courses mystérieuses en Suisse. M. Barbiera a compulsé les archives secrètes de Milan, il en a tiré la partie la plus neuve de son livre, celle où l'on voit fonctionner

rinquisition tatillonne et puérile des agents de ^[etternich. Nous sourions aujourd'hui de cet immense effort d'une police qui s'évertuait à surprendre dans chaque propos, dans chaque lettre interceptée, des intentions criminelles dont tous les Italiens faisaient ouvertement profession. Mais ce jeu fut cruel pour beaucoup : les délations niaises d'un sbire conduisirent au Spielberg plus d'un innocent, outre les nobles martyrs qui n'étaient coupables que d'aimer trop leur patrie. Notre héroïne, il faut bien le reconnaître, conspirait à meilleur compte; elle ne courut jamais ces risques redoutables. Lorsque arri^^ait à Vienne un rapport où quelque subalterne zélé demandait la mise en jugement des Belgiojoso, leur incarcération et la confiscation de leurs biens, l'empereur François rayait d'un trait déplume débonnaire ces grands noms aristocratiques : on- n'aimait pas frapper si haut, on classait l'affaire. Un jour vint cependant où Christine Belgiojoso crut prudent d'aller chercher un asile à l'étranger. Et quel autre asile pouvait lui convenir mieux que le Paris de 1830, déjà tout grouillant de ses amis, les proscrits italiens?

Elle y arriva en modeste équipage, inconnue, fort dépourvue : elle venait de vendre ses derniers joyaux pour subventionner Texpédition de Savoie. Peut-être estimait-elle aussi qu'une habile mise en scène de son indigence passagère la rendrait intéressante et jetterait de l'odieux sur le gouvernement autrichien. La réfugiée se logea dans un taudis des quartiers populaires; on lisait sur sa porte cette indication : la Princesse malheureuse. — Le premier soupirant qui s'enflamma pour la belle étrangère, si bien auréolée par toutes les poésies du patriotisme et du malheur, fut Adolphe Thiers. Assidu dans la pauvre maison où la princesse peignait des éventails, le petit homme d'Etat trottait à la cuisine, faisait cuire les œufs d'un déjeuner Spartiate. Les informateurs de Metternich dénoncent à cette époque les discours « subversifs » que l'orateur prononce en faveur de l'Italie dans les réunions publiques. Ce beau zèle ne fut pas récompensé : il ne semble pas que Thiers ait poussé ses avantages plus loin que la cuisine. D'autres députés vinrent visiter avec lui la « vie-

UNE HÉROÏNE UOMANTIQL'E 2 1 i>

time des tyrans » ; La Fayette lui-même apporta sa bénédiction. Un jour, Christine suivit ses amis à la Chambre, elle improvisa dans la salle des Pas perdus une harangue éloquente, demandant aide pour l'Italie. L'effet d'attendrissement fut prodigieux, et très efficace pour la création de la légende parisienne qui se faisait autour de cette femme extraordinaire.

Bientôt lasse de son décor de misère, renflouée par ses hommes d'affaires milanais ou par les subsides de son bon camarade de mari, la princesse alla s'installer rue d'Anjou : elle y ouvrit un salon où tout encadrait savamment sa beauté spectrale. Le peintre Lehmann en a rendu l'étrangeté, dans le portrait que l'on voit à Milan, au palais Visconti. Maigre et funéraire sous ses voiles blancs, sous les lourds bandeaux noirs qui opprimaient l'ovale délicat du visage, Christine ne semblait vivre que par les grands yeux fiévreux qui dévoraient ce visage de cire, pâle d'une pâleur de morte. Une étoffe de velours noir semée d'étoiles d'argent tapissait le salon où elle se produisait; dans la chambre tendue de soie blanche, un grand lit d'argent... « Une vraie série de catafalques »,

disait en parlant de ces pièces Théophile Gautier. La princesse portait à l'ordinaire l'hahit des Sœurs grises. Elle se rendait sous ce costume à l'Opéra italien : pâmée sous l'excès de l'émotion musicale, et réellement sujette à des attaques nerveuses, elle s'affaissait à la fm delà représentation. Un compatriote, le comte Fausto Sanseverino, emportait à bout de bras la Sœur grise dans l'escalier, à travers une foule impressionnée.

Il n'en fallait pas tant pour amener tout Paris dans la chapelle ardente de la rue d'Anjou. Les exilés d'Italie s'y réunissaient, les uns obscurs, les autres illustres, comme Gioberti et Rossi ; on y vit le jeune Camille de Cavour. Les plus fidèles étaient les deux enchanteurs qui avaient emporté avec eux l'âme mélodieuse de la patrie absente, Rossini et Bellini; ils l'évoquaient sur le piano. Les gloires parisiennes affluèrent : Chopin, Meyerbeer, Delacroix, Henri Heine, Auguste Barbier, Alexandre Dumas, Gautier, Quinet, Berryer, les députés en vue, les hommes à la mode, tous les chercheurs de sensations rares, tous les gobemouches émerveillés qui vont où l'on va. Fêtée d'abord dans les salons rivaux, à tous les étages,

depuis M™^ Récamier jusqu'à M"'^ Louise Collet, la nouvelle reine ligua bientôt contre son succès les jalousies féminines, M'"'' Ancelot et M""^ de Girar. din, la comtesse Merlin et la comtesse d'Agoult. Le pieux biographe s'indigne des petites perfidies qu'il dévoile ; si l'on osait anticiper sur le vocabulaire du temps, il faudrait bien accorder à M. Barbiera que toutes ces déesses étaient un peu rosses. Nul n'ignore que Musset se brûla les ailes à cette flamme éthérée. Notre auteur complète sur l'anecdote les aimables Souvenirs de M""'' Jaubert. Durant un séjour qu'il fit avec la princesse à Versailles, le poète devint un soir très pressant dans les bosquets du parc. Il n'y gagna qu'une entorse. M""^ Belgiojoso entoura de soins maternels son amoureux déconfit; elle en fut payée par les vers fameux où Musset exhala sa rancune :

Elle était belle, si la Nuit Qui dort dans la sombre chapelle Où Michel-Ange a fait son lit, Immobile, peut être belle.

Elle est morte, et n'a point vécu Elle faisait semblant de vivre.

De ses mains est tombé le livre Dans lequel elle n'a rien lu.

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Profondément blessée, la princesse soutint l'assaut public en digne fille des Trivulce. Une bonne amie lui décochait ce trait bien aiguisé :

— « Aa^cz-vous lu les vers d'Alfred de Musset : Sur une m or le"^ Cette morte doit être jM"'' Hachel, puisqu'elle a dit à Buloz, en plein foyer : « Vous avez publié dans la Revue des vers de Musset dédiés à la princesse de Belgiojoso... »

Christine répondit, en souriant dédaigneusement :

— (( Cette Rachel ! elle voudrait nous faire croire qu'elle est vivante en jouant les morts. Ce n'est qu'une ombre qui passe... »

Henri Heine, aussi maltraité que Musset, se vengeait avec d'autres armes, les mots au vitriol dont il était toujours approvisionné. Déjà cloué sur son lit de paralytique, il disait à un ami qui le questionnait sur sa santé : « Oh! je ne suis plus qu'un ossement funèbre : comme la princesse Belgiojoso ! »

Il semblerait que l'insinuant Mignet, — le doux seigneur, comme l'appelle M. Barbiera, — ait seul réussi à mettre en confiance la princesse. Elle lui marqua longtemps une faveur particulière.

L'inséparable satellite de M. Thiers croquait les œufs qu'avait cuisinés son illustre ami.

Cette mourante infatigable dépensait en occupations multjples les forces de plusieurs Hercules. Elle signait des articles à la Revue, des livres de politique; elle publiait, — elle avait peut-être même écrit en partie, — un Essai de quatre gros volumes Sin^ la formation du dogme catholique. Un jeune prédicateur en vogue, l'abbé Cœur, passait pour être le collaborateur de la princesse. Ce fut la période mystique : Ozanam et Lamennais fréquentaient alors chez elle. Mais l'ardente patriote ramenait toutes ces fantaisies à la passion maîtresse qui fit l'unité de sa vie, au service de la cause italienne.

Elle avait transporté sa cour dans l'hôtel du boulevard Montparnasse; le prince Belgiojoso y revint occuper discrètement une pièce du rez-dechaussée. Il possédait une belle voix; accompagné par Bellini, il chantait cet hymne vibrant que nous avons entendu, dans notre enfance, sur les lèvres enflammées des patriciennes lombardes : Sono Italiano...

Les événements de 18o9 et des années suivantes.

l'irrésistible poussée d'opinion qui précipita Napoléon III dans le sens de ses propres désirs, toute cette explosion du sentimentalisme français ne se laisse bien comprendre que si l'on se reporte à son ancienne et lente préparation, sur les sommets du Paris intellectuel et politique, par Féloquence, la musique et l'amour. A Paris, comme jadis à Milan, les jeunes hommes qui devaient conduire la France furent gagnés à la cause de l'émancipation italienne par d'éloquentes séductrices, dans les fêtes élégantes, entre deux romances ou deux tours de valse ; ils la respirèrent avec cette atmosphère d'enthousiasme et de volupté. Toute l'Italie, avec ses arts, ses mers, son ciel, ses fièvres et sa langiddezza, passait dans les beaux yeux qui imploraient pour elle, sous les mains caressantes qui la faisaient pleurer ou rugir au piano, dans les supplications passionnées d'une princesse Belgiojoso et de ses nobles amies. Une fois déplus, les barbares de France subissaient la griserie que Michelet décrit avec tant de force, quand il nous montre nos aïeux éblouis et fascinés, dès leurs premiers pas dans la Péninsule, par l'ensorcellement de leur amollissante conquête.

La coulée de lave de 1848 vint propager des feux si bien attisés. Christine Belgiojoso se devait de jouer dans la tragédie un rôle à sa taille. Elle courut à Aaples, leva à ses frais un bataillon de volontaires; elle les embarqua pour Gênes et marcha à leur tête sur Milan. J'imagine que Disraeli s'est souvenu de la princesse, lorsqu'il à dessiné dans son roman de Lothair la figure de Marianne, Fhéroïne prestigieuse qui suscite et fanatise l'armée de l'indépendance italienne. Chassée du Milanais par les Autrichiens, Christine dut fuir avec tant de hâte qu'elle oublia dans sa villa de Locale un singulier colis. Les gendarmes de Radetzky, chargés de fouiller cette villa, y découvrirent dans une armoire le cadavre embaumé d'un jeune homme vêtu de noir; un certain Stelzi, qu'on avait vu très assidu chez la princesse. Il s'était laissé mourir, elle n'avait pu se résoudre à la séparation. Les gendarmes exhumèrent le cercueil où Stelzi avait été officiellement enterré : il ne contenait qu'un tronc d'arbre.

On revit la princesse Belgiojoso à Paris, dansant

dans un bal costumé avec Armand Marrast, faisant vis-à-vis à la princesse Gzartoryska, — Italie et Pologne. L'année d'après, elle était à Rome, entre Mazzini et Garibaldi, organisant les hôpitaux de la république romaine, soignant les blessés de la Porta-Pia. Sa mission fut interrompue par ce qu'elle appelait la trahison de ses amis français. Vaincue et désespérée sous ce dernier coup du sort, elle s'embarqua pour l'Orient. Durant quatre années, elle parcourut la Turquie, l'Asie-Mineure, la Syrie. Ce fut un de ces voyages d'Orient, de mise en scène fastueuse, un peu théâtrale, dont Lamartine avait donné le modèle, et où il fallait ne pas se laisser éclipser par la reine des Bédouins, l'excentrique lady Esther Stanhope. Les aventures n'y manquèrent pas : poignardée par un de ses serviteurs, Christine garda longtemps les traces de sept coups de couteau.

Lorsqu'elle revint à Paris, en 1833, le grain semé par ses belles mains germait. Elle retrouvait sur le trône un prince qu'elle avait connu dix ans auparavant, pauvre fugitif du fort de Ham, et avec qui elle avait échangé des pensées, des espérances communes. Il admettait dans son intimité

le comte xVrese, ami de la Belgiojoso, porte-paroles de leur anii Cavour. Elle se remit à l'œuvre, elle réchauffa la bonne volonté de ses anciens adorateurs. Fort besogneuse à cette époque, elle prodiguait ses articles à la Revue ; la sirène avait ensor. celé Buloz lui-même ! 3Iais ce mobile Paris s'engouait d'autres idoles. Le pouvoir de Christine y déclinait avec sa beauté. Les triomphes commençaient pour ses idées au moment où ils cessaient pour sa personne.

Il lui fut donné d'assister à l'accomplissement de tous ses souhaits, depuis Yillafranca jusqu'à la consécration de l'unité italienne. La princesse Belgiojoso mourut à Milan, en 1871, pacifiée, oubliée, sujette du royaume uni d'Italie. Elle avait eu la joie de voir son idéal réalisé tout entier. — Faut-il dire la joie? On se figure volontier un vieux carbonaro remerciant le Destin avec quelque mélancolie, quelque regret du temps où il luttait joyeusement pour la victoire qui l'a replongé dans l'ombre et dans l'inaction. Si douce que soit la réalisation du rêve, Christine n'a-t-elle jamais regretté les jours héroïques où sa jeunesse le rêvait, — « la belle vie de conspiration

et de pensée » ? La A'ieille femme ne s'est-elle jamais surprise à fredonner toute seule les airs qui avaient transporté les cœurs et créé l'Italie, qui ne disaient plus rien aux jeunes gens épris de leur tudesque Wagner? A-t-elle enfin reconnu quelque vérité dans les vers du poète qui l'avait immortalisée en la blessant? Plus sûrement que toutes les biographies, ils feront vivre sa mémoire.

Elle aurait aimé, si l'orgueil, Pareil à la lampe inutile Qu'on allume près d'un cercueil N'eût veillé sur son cœur stérile...

Non, Musset n'avait pas dit vrai. Le cœur de Christine Belgiojoso ne fut pas stérile. Par-dessus tous les caprices, toutes les excentricités, tout le clinquant romantique de sa vie, une passion sincère éleva et soutint cette femme. Nulle Italienne n'a plus contribué à la résurrection de l'Italie : nulle n"a servi sa foi avec plus de zèle persuasif et plus de ténacité. La pâle morte pouvait se rendre bon témoignage : dans la longue bataille patriotique, elle avait fait les derniers grands gestes de cette belle race épique des Trivulce.

Octobre 1902.

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