‹ Sous l'horizonChapitre 6 sur 17 · LE MIRACLE DE KONTCHANSKOÏE · texte numérisé non relu

LE MIRACLE DE KONTCHANSKOÏE

récemment édifiée par le comité Souvarof, en mémoire de l'illustre capitaine. Le Père prononça un émouvant panégyrique du héros orthodoxe, comparé à son patron saint Alexandre Nevsky. La solennité fut très imposante : 10 000 personnes, accourues de toute la contrée, y prenaient part. Après la cérémonie d'inauguration, le comité Souvarof invita son hôte à un déjeuner, servi dans une salle de la nouvelle école de Kontchanskoïè.

Ici, je traduis scrupuleusement le texte. Dans ce document et dans celui que je citerai plus has, chaque mot a sa valeur pour les esprits qui s'intéressent aux études d'histoire religieuse.

« Malgré la police nombreuse qui gardait l'entrée de l'école, la foule fit irruption dans la salle avant la fin du repas. On réussit à la repousser. Il ne resta que deux paysans et deux femmes qui portaient sur les bras, à eux quatre, une créature privée de vie, semblait-il. Cette femme, atteinte de paralysie depuis sept ans, ne pouvait remuer les extrémités des membres; ses yeux étaient clos; la malade ressemblait à peine à un être vivant. On l'apporta au Père Jean.

« Il demanda d'abord comment elle se nommait.

Il se leva devant elle, la regarda fixement et lui commanda d'une voix forte d'ouvrir les yeux. Après quelques répétitions de ce commandement, Avdotia — c'est le nom de la paral3iique — ouvrit les yeux.

« — Regarde-moi droit dans les yeux, dit le Père Jean. Maintenant, signe-toi. »

« Et, lentement, avec un grand effort, la malade essaya de faire le signe de la croix.

« — Signe-toi encore, encore une fois! »

« Et la malade se signa d'un geste déjà plus assuré.

« — Lève-toi », dit le Père Jean; et elle se leva.

« Ensuite, le Père retourna à sa place et enjoignit à la malade d'approcher.

« — Maintenant, embrasse-moi », dit le Père Jean.

« La femme, qui gisait tout à l'heure comme un cadavre, s'approcha et se laissa aller sur l'épaule du Père Jean.

« — A a et prie, Avdotia », dit le Père en la bénissant.

« Après avoir reçu sa bénédiction, la femme sortit sans le secours de personne. Ceci s'est

Page 1