‹ Sous la jupeChapitre 3 sur 6 · CHARNELLES · texte numérisé non relu

CHARNELLES

(EXTRAITS

Eliane, comprenant où je veux en venir, s'est raidie sous l'attente. Et sa langue, dans ma bouche, mène une folle sarabande...

Enfin, sous mes doigts, je sens le léger duvet qui ombre les bords du sexe. Ma caresse se fait frôleuse, presque imperceptible. Elle glisse sur la toison bouclée, jusqu'en son milieu où elle s'appuie davantage. J'ai maintenant le sexe d'Eliane sous ma paume, et

je le sens palpiter comme un oiseau prisonnier...

Mais ma femme, effarouchée, resserre brusquement les cuisses, emprisonnant ma main au creux chaud de son intimité. Sans le vouloir, elle n'a fait que rapprocher, par ce mouvement, le contact de ma main et de son sexe.

Durant quelques secondes, elle demeure ainsi, haletante, les cuisses crispées, immobilisant ma caresse...

Mais soudain, ô miracle, les cuisses se desserrent doucement...

Est-ce le fruit des réflexions d'Eliane, ou bien une décision subite de me laisser agir? Toujours est-il qu'elle écarte les jambes, comme pour m'inviter à poursuivre le cours de mon inti-

me exploration. C'est le moment d'affirmer ma conquête : libérée, ma main reprend son active besogne. Elle s'appuie davantage sur le sexe offert, et mes doigts, écartant la toison emmêlée, cherchent au fond du nid, la féminité brûlante...

Ivresse de la révélation... sous le frôlement de sa chair intime, Eliane pousse un gémissement profond. Sa tête roule sur mes genoux, et ses yeux, dans l'ombre, expriment un délicieux étonnement.

Toute sa chair est happée par un frisson. Elle cherche alors ma bouche, comme pour implorer dans la caresse de ma langue, un dérivatif à mon émotion...

Le silence est opaque, seule-

ment troublé de temps à autre par un soupir léger, par un halètement de plaisir. La lune baigne le corps cambré d'Eliane, de sa lueur laiteuse et complice, et le rayon blanc joint son baiser à mes caresses.

Enhardi, je précise mes attouchements. J'ai maintenant, sous mes doigts, le repli charnu et velouté du fruit de chair. Ma main erre un instant sur les bords, folâtrant dans ce jardin d'amour avant de franchir le seuil de la porte secrète. Peu à peu, ma caresse se fait plus pénétrante. Elle se fraye un chemin à travers la brousse soyeuse, écarte le duvet protecteur. Me voilà de nouveau revenu devant la mignonne ouverture du plaisir.

Enfin, mes doigts s'y insinuent, violant d'une caresse précise le repli du sexe... Ils plongent alors avec précaution dans l'antre humide du plaisir. Un rythme naît, instinctif, qui communique à la chair d'Eliane les battements effrénés de mes tempes...

Orage précurseur du plaisir...

La volupté, qui gronde en elle s'enfle bientôt sous les caresses rythmées. Ses soupirs se font plus profonds et de ses lèvres jaillissent des balbutiements éperdus... J'ai pourtant la volonté de me limiter ce soir, à cette caresse tactile, mais il me faut faire appel à toute mon énergie pour ne pas substituer à mes doigts, le brûlant épieu de ma virilité....

Eliane, maintenant, ne se possède plus. Les jambes écartées, la tète rejetée en arrière, elle suit d'un mouvement de son ventre, le mouvement de mes doigts qui la fouillent. Au bord de sa chair intime, perle une fluidité nouvelle. Et sous le rayon de lune, elle exhale enfin, les yeux révulsés, le grand cri plaintif de sa jouissance...

Ces quelques pages prises au hasard de ce magnifique ouvrage, malgré leur superbe audace sont loin d'égaler le reste d'ETRElNTES CHARNELLES, le livre le plus extraordinairement voluptueux paru cette année. De nombreuses photographies des plus réalistes complètent d'une façon très suggestive le texte.

Prix 60 francs

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